3.000 manifestants à Clermont-Ferrand, l’amplification de la grève se profile

Salariés du public ou du privé, 3.000 grévistes ont manifesté ce matin, mardi 19 mars, à Clermont-Ferrand. Aux mots d’ordres anti-libéraux se sont ajoutés les revendications écologistes, le soutien au peuple algérien, et les déclarations d’unité avec les Gilets jaunes. Les appels à reconduire la grève se multiplient.

« La violence, c’est celle des vies broyées par le libéralisme, pendant que les images de vitres brisées tournent en boucle sur toutes les chaînes ! » clame une syndicaliste en tête de cortège. « Nous sommes la justice sociale ! » lance-t-elle à la foule compacte des 3.000 grévistes qui crient leurs revendications dans les rues de Clermont-Ferrand. Les banderoles qu’ils brandissent témoignent de la diversité des secteurs représentés. Nombreux sont les fonctionnaires et contractuels de la fonction publique à s’être mobilisés. Les enseignants sont au premier rang, l’éducation nationale étant l’enjeu de plusieurs réformes annoncées par le gouvernement. Avec eux, les assistants d’éducation, les cheminots, les travailleurs de la santé, de l’énergie, de la petite enfance, de la sécurité sociale sont là. Le privé n’est pas en reste : engagés dans une lutte emblématique contre la fermeture de leur site, les Luxfer sont de la partie, suivis de près par les salariés de Michelin et de Volvic. Au milieu des chasubles rouges, des Gilets jaunes portent fièrement leur veston fluorescent, et quelques étudiants sont visibles dans le cortège.

Sur les pancartes et dans les slogans, on dénonce la politique macronienne. L’idéologie libérale est mise en cause, les privatisations votées récemment d’Aéroport de Paris et de la Française des jeux sont vivement critiquées. Les violences policières en prennent aussi pour leur grade. À l’inverse, l’évocation du soulèvement algérien en cours déclenche les ovations, de même que les grèves scolaires pour le climat et la lutte des Gilets jaunes. Les slogans appellent dans l’unité à une « justice sociale, fiscale et environnementale ». Une version anti-Macron de Bella Ciao est improvisée au mégaphone.

Aux alentours de 12 h 30, le cortège arrive sur la place de Jaude, et les différents syndicats prennent la parole pour exprimer leurs revendications. « Ils sacrifient la vie des gens pour des profits, on ne les laissera pas faire ! », harangue Frédéric Campguilhem, militant CGT, après avoir salué la lutte des ouvriers de Luxfer. À sa suite, Frédéric Bochard (Force ouvrière) dénonce les gouvernement « d’une poignée de capitalistes » et qualifie le grand débat de « one man show médiatique », appelant au « combat frontal » contre Emmanuel Macron. « Nos luttes, nos engagements, nos revendications, doivent faire grossir une mobilisation dans laquelle nous pourrons construire un avenir commun », abonde la représentante de l’union syndicale Solidaires. La FSU fustige une « remise en cause sans précédent de la notion de service public, au service des usagers et indépendant du pouvoir politique ». Mobilisée contre l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiants étrangers l’UNEF dénonce « une mesure raciste et précarisante », ainsi qu’une dérive autoritaire d’un gouvernement « qui répond par la matraque » aux mouvements sociaux. À son tour, le Réseau éducation sans frontière réitère son opposition à des « logiques xénophobes et meurtrières » dans la politique migratoire française, et demande la régularisation des réfugiés, à l’heure où 53 mineurs isolés sont encore à la rue à Clermont-Ferrand.

La mobilisation s’amplifie. Un rassemblement est appelé le 27 mars à 16 h devant la préfecture contre la réforme de la fonction publique. Une manifestation nationale décentralisée aura lieu le 30 mars contre la loi Blanquer et la réforme du lycée. Cet après-midi, une assemblée générale d’enseignants a voté la reconduction de la grève du 27 au 29 mars, la tenue de réunions publiques dans tout le Puy-de-Dôme, un rassemblement devant le rectorat le 28 mars à 11 heures, une assemblée générale le 29 mars, et un rassemblement le 30 mars (plus d’informations à venir). Une mobilisation pour la régularisation des réfugiés aura lieu le 1er avril. Les assistants d’éducation du collège Gérard Philippe appellent leurs collègues des établissements clermontois à se coordonner via le groupe facebook AED 63 pour décider d’une journée de grève de leur profession (article à venir).

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