À l’AIA, la grève pour les salaires s’amplifie

Les salariés du groupe Charles André (GCA) de l’Atelier industriel aéronautique (AIA) sont en lutte pour leurs salaires depuis le 12 juin. Malgré des négociations qui patinent, le renforcement du piquet de grève laisse espérer à la CGT une victoire rapide.

« On fera tout pour qu’à la fin, on rentre groupés et victorieux ! » Le soleil frappe fort sur le parking de l’AIA, ce mardi 18 juin après-midi, et les salariés en lutte sont réfugiés sous les barnums pour tenir leur assemblée. Malgré la chaleur écrasante, le moral semble bon, tandis que les représentants de différents secteurs de la CGT se succèdent au micro pour assurer de leur soutien et ajouter leur contribution à la caisse de grève. « Le seul ennemi, c’est le capital, c’est le patron qui rayonne sur toute la planète et qui s’en met plein les poches alors que c’est vous qui transpirez au boulot ! » enchaîne Julien Paulhiac, secrétaire de l’union départementale CGT du Puy-de-dôme. « Rappelez-vous que votre lutte est légitime. On ne demande que la redistribution d’une petite partie de leurs bénéfices colossaux. » La reconduction de la grève est votée à l’unanimité.

L’enjeu de la lutte : les salaires. « On a entamé la grève après les négociations annuelles obligatoires (NAO), le 12 juin, et on est 86 % de grévistes depuis le départ », raconte Kévin Trémouille, responsable CGT de l’AIA. La direction proposait alors entre 0,4 et 0,8 % d’augmentation de salaires, répartis sur trois tranches. Après de nouvelles négociations, GCA réévalue sa proposition à trois tranches de 1,2, 1,5 et 2 % d’augmentation, bien en-dessous des revendications des salariés. « Ça correspondrait à une augmentation de maximum 25 euros, alors que le SMIC augmente de 28 euros. Ce qui veut dire qu’on se ferait progressivement rattraper par le SMIC, alors que la production a augmenté de 20 % », dénonce le syndicaliste, qui revendique une augmentation de 100 euros bruts pour l’ensemble des salariés du sous-traitant sur le site. « Les négociations n’avancent pas. Pour l’instant, on a gagné une flexibilité de 4 minutes sur l’horaire de travail et le remplacement des chaussures de sécurité, qui est de toutes façons obligatoire. Mais la direction ne veut pas entendre parler de nos autres revendications. » Les grévistes sont d’autant plus irrités qu’une équipe de salariés du groupe, habituellement détachés pour faire face aux surcharges de production, a commencé à travailler sur le site. « Ce qui nous dérange surtout, c’est qu’ils pensent faire leur travail habituel, ils n’ont jamais été mis au courant qu’ils remplaçaient des grévistes », regrette le syndicaliste.

En attendant les prochaines négociations, le piquet de grève s’organise. Sur le parking, les salariés en lutte et les syndicalistes venus les soutenir discutent approvisionnement, nourriture, banderoles géantes et occupation de l’espace visuel sur l’avenue du Brézet. « C’est toujours mieux si on gagne rapidement, mais il faut se préparer à tenir autant que nécessaire. » Un rassemblement de soutien est appelé jeudi matin, sur le parking de l’AIA.

Les revendications complètes sont disponibles sur le site de la CGT. Il est possible d’envoyer un soutien financier à la caisse de grève au syndicat de site CGT, 161 avenue du Brézet, 63028 CEDEX 2.

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