Après trois semaines de grève, le conflit à l’AIA s’envenime

Le ton monte entre les salariés de GCA, sous-traitant de l’AIA, et leur direction. Après trois semaines de conflits, les grévistes dénoncent le mépris du directeur du groupe, venu les rencontrer pour la première fois aujourd’hui. Celui-ci a été empêché de quitter le site, et les salariés espèrent une reprise des négociations dans la soirée. Un rassemblement de soutien est appelé demain, vendredi 5 juillet, à 14 heures.

« C’est normal que ça dure, ils essaient de nous décourager », souffle un salarié. « Mais on n’a pas joué toutes nos cartes. Il faut être patient, ils vont finir par lâcher ! » La tension et la chaleur épaississent l’air, sur la parking de l’atelier industriel aéronautique (AIA), alors que les grévistes attendent leur camarades qui doivent ressortir de la salle de négociations d’un instant à l’autre. Enfin, la direction du groupe Charles-André (GCA) a fait le déplacement pour trouver un compromis avec les grévistes, qui ont passé la semaine de canicule sur le parking goudronné. Mais sous les barnums, les nouvelles de l’intérieur circulent : « Apparemment, ça reculerait… »

La confirmation vient vite. À 11 h 30, les représentants du personnel ressortent sans crier victoire. Les quelques minutes qu’ils prennent pour s’hydrater avant de prendre la parole suffisent à créer un moment de confusion sur l’état des négociations, mais le calme revient vite. Comme prévu, les annonces ne sont pas bonnes. En particulier, la proposition de remplacer une prime de productivité fixe de 35 € par une « prime de qualité » variable de 45 €, conditionnée entre autres à une limite d’accidents du travail, attise la colère des salariés. « Ils croient vraiment qu’on va accepter une prime qu’ils vont se débrouiller pour faire sauter, ou qui va servir à nous empêcher de déclarer nos accidents ? » s’insurge un gréviste. Il ne faut pas attendre longtemps avant que la décision soit prise : les propositions de la direction sont refusées, et tout le monde se remet au travail pour formuler une contre-offre.

Mais le deuxième round tourne court. « On n’a eu droit qu’à du mépris ! On y est retourné pour présenter nos revendications, qu’il [le directeur de GCA] a refusées en bloc. Et là, il s’est levé de sa chaise et a dit “allez travailler ailleurs, les enfants.” » témoigne David Cislaghi, représentant de proximité présent lors des négociations. Le directeur de GCA aurait alors quitté la salle sous les huées d’environ 200 salariés de l’AIA, venus soutenir leurs collègues du sous-traitant. « On l’a empêché de partir. On ne l’a pas menacé, on est restés courtois, mais on veut qu’il reste pour poursuivre les négociations », continue le représentant syndical. Pour l’heure, le directeur de GCA serait reclus dans la gendarmerie de l’AIA et aurait fait appel à la police, refusant de renégocier. Le directeur de l’AIA, lui, a indiqué faire appel à un médiateur pour reprendre les discussions avec les grévistes. Les salariés espèrent une reprise des négociations dans la soirée ; mais plusieurs véhicules de police ont été aperçus près du site.

Mise à jour à 19 heures : Le directeur de GCA doit rencontrer la préfecture ce soir, et une réunion de médiation avec les syndicalistes, la préfète et la direction aura également lieu demain matin.

1 réflexion sur “Après trois semaines de grève, le conflit à l’AIA s’envenime”

  1. Martinez Grégorio

    Félicitations pour cet article et solidarité avec les travailleurs de GCA. Interdit par la gendarmerie de mettre un pied sur le site de l’AIA pour raison inconnue et classée secrète, je profite de MEDIACOOP pour justement leur émoigner ma solidarité.
    Un citoyen et syndicalîste visiblement pestiféré.

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