ARA : déjà un an d’action contre l’homophobie

La toute jeune Association résolument autre (ARA) fêtera dans un mois sa première année d’existence. Une bonne occasion pour tirer le portrait d’un groupe LGBT qui se taille peu à peu sa place dans le paysage militant clermontois.

ARA : ce nom ne parle pas encore à tout le monde, et pourtant l’association LGBT fondée en novembre dernier creuse tranquillement son trou dans le paysage militant auvergnat. « L’acronyme veut dire Association résolument autre », expliquent Joseph et Isaac, respectivement co-président et trésorier de l’association. « Ça avait surtout un sens pour les personnes qui l’ont fondée, à l’origine pour bénéficier de plus de liberté d’initiative que dans leur ancienne association. Et un ara est aussi un oiseau plein de couleurs, à l’image du drapeau LGBT. » Le volatile multicolore comme emblème, la vingtaine de bénévoles peut déjà se féliciter du chemin parcouru, à l’approche du premier anniversaire du groupe. « Ça a commencé avec cinq ou six personnes qui se réunissaient pour rédiger des statuts, réfléchir à ce qu’on allait faire, aux moyens de le mettre en place… Aujourd’hui, on est une vingtaine, on intervient régulièrement en public, et depuis cet été on tient des permanences toutes les deux semaines dans les locaux d’AIDES. » Et ce malgré des débuts marqués par les sempiternelles erreurs de l’administration française, qui attribue à ARA le numéro SIREN d’une association déjà existante. « Il a fallu quatre mois pour débloquer la situation. On a fini par réussir à ouvrir un compte en banque et à prendre une assurance en février, et on a tenu notre premier débat mouvant à LieU’topie le 5 mars, sur l’invisibilisation des personnes LGBT. »

Depuis, l’association multiplie les actions et les projets, redéfinis autour de trois axes par l’assemblée générale qui s’est tenue récemment. L’accueil et l’écoute, tout en haut de la liste, se concrétisent par la tenue de permanences tous les deux samedis. « La deuxième point, c’est la lutte contre l’isolement », poursuit Isaac. « On s’est rendus compte qu’il n’y avait pas de véritable espace pour se rencontrer, créer du lien social dans un moment plus convivial qu’une permanence ou un rassemblement revendicatif. Ça correspond au projet ARArtiste, à savoir des ateliers culturels réguliers. On aimerait également organiser des pique-nique associatifs quand le temps nous le permet. » En troisième lieu, bien sûr, la lutte active pour la cause LGBT mobilise les bénévoles, avec la participation aux journées internationales et l’animation régulière de débats et d’ateliers. « On s’organise beaucoup avec AIDES et SOS Homophobie », précise Joseph. « C’est important d’être unis dans la lutte si on veut être efficaces. » Une convergence qui va de paire avec le soutien à d’autres formes de lutte : pour les bénévoles, il est important qu’ARA soit présente pour soutenir les batailles féministes et antiracistes. « Le lien avec la cause féministe est important, car le système patriarcal est l’origine commune de l’oppression des femmes et de l’oppression des LGBT. Quant au racisme, on ne peut pas appeler à la solidarité avec les LGBT de tous les pays et ne pas être présents aux côtés des racisés et des demandeurs d’asiles, dont font partie certains de nos adhérents. »

Pour poursuivre et intensifier ces combats, l’association continue de développer ses actions, et de s’intégrer au milieu des associations déjà établies. « On aimerait trouver des locaux qui nous permettent de tenir les ateliers ARArtistes les plus salissants, comme les journées peinture, en attendant d’avoir notre propre salle. Et on invite tout le monde à venir nous voir au forum des associations, ce samedi à Jaude, à passer nous voir pendant les permanences ou nous contacter par notre page facebook ! »

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