AXA ”réduit” discrètement ses investissements dans les sociétés d’armement et les sociétés bancaires israéliennes

Le 17 avril 2019, une première victoire a été remportée par le mouvement BDS et la Coalition Stop Axa. Suite à une année de pression citoyenne, l’assureur français a pris la décision de se retirer – en partie – du capital d’ Elbit Systems. En mars 2018, cette entreprise israélienne de la défense avait acquis pour 523 millions de dollars une société fournissant des armes légères à l’armée d’Israël. Le 13 avril, dans le cadre de cette campagne lancée contre AXA depuis plusieurs mois, 14 militants clermontois[1]se sont rassemblés devant l’agence de l’assureur français, sur la Place de Jaude. Lors de cette action locale, plusieurs passants ont eu la surprise de découvrir l’investissement d’Axa dans les sociétés d’armement et bancaires israéliennes. 

 

La fin de l’année 2018 semble avoir marqué un nouveau tournant pour les investissements des entreprises bancaires et financières françaises dans l’industrie militaire israélienne. La multinationale AXA en est un bon exemple puisque, sous pression, cette dernière a été contrainte de prendre le chemin du désinvestissement vis-à-vis d’une entreprise israélienne de la défense, Elbit Systems. Créée en 1967, cette société est surtout connue pour avoir fourni des armes à sous-munitions et des obus au phosphore blanc, « tous deux utilisés contre les populations civiles palestiniennes » durant la guerre de Gaza (2008-2009)… Un usage proscrit par le droit international.

Face au mur de la contestation citoyenne, AXA Investment Managers (une filiale appartenant totalement à AXA) a dû vendre toutes les parts qu’elle possède dans le fabricant d’armes le 31 décembre 2018 et a récemment affirmé « ne pas investir dans des producteurs d’armes à sous-munitions ». Si la décision d’AXA a été saluée, cette première étape est considérée comme étant insuffisante « vers la fin de la complicité d’AXA, aussi bien directe qu’indirecte, dans de graves violations du droit international et des droits humains » a exprimé Leyla Larbi, chargée de campagnes de SumOfUs[2]. Aujourd’hui, de nombreux militants attendent d’AXA qu’elle aille jusqu’au bout de sa logique de désinvestissement « afin de se mettre en totale conformité avec la législation internationale ».

Cependant AXA reste encore liée à Elbit Systems via sa filiale Alliance Bernstein (AB) puisque celle-ci est récemment passée de 65.6% à 31.7% de parts dans la société israélienne. Par ailleurs, les investissements directs détenus par AXA IM dans quatre des cinq banques israéliennes continuent à être dénoncés par l’ONG internationale, SumOfus. Continuant d’agir comme un contre-pouvoir, cette dernière a lancé une pétition internationale en avril 2018. Jusqu’à présent, 140 000 signatures ont pu être réunies en soutien à la mobilisation « Stop Assistance to Israeli Apartheid ».

Dans un tract annonçant l’action twitter prévue dans le cadre de la journée internationale de solidarité avec les prisonniers palestiniens [3] (17 avril 2019), plusieurs associations et syndicats ont souligné le paradoxe entre la mission principale de l’assureur français et sa tendance à investir des fonds dans une entreprise dont l’une des productions est destinée à tuer : « AXA fournit au monde des contrats d’assurance-vie, donc protège et soutient les gens dans des situations difficiles, alors qu’elle prend part à l’apartheid israélien. Les Palestiniens devraient avoir des droits égaux, et c’est pourquoi AXA ne peut pas tenir ce paradoxe : assurer et en même temps contribuer à l’oppression des Palestiniens ».

Si depuis le début de l’année 2019, AXA commence à ”réduire” discrétement ses investissements plus que contestés, la campagne contre les investissements “problématiques” de l’assureur français ne semble pas prête de faiblir !

 

[1] (AFPS, Attac, BDSF, CGT, LDH, Solidaires du 63, UJFP, BDS)

[2] SumOfUs est une communauté internationale de travailleurs, consommateurs et investisseurs forçant les grandes entreprises et les gouvernements qui sont sous leurs influences à rendre des comptes. Pour cela, cette communauté internationale organise des campagnes portant sur des enjeux divers (changement climatique, droit du travail, protection de l’environnement, discriminations, droits humains, droits des animaux, corruption, etc.). L’organisation exerce actuellement ses activités dans trois langues et regrouperait dix millions de membres dans plus de 130 pays.

[3] Depuis 1975, les Palestiniens célèbrent la journée du prisonnier, qui correspond au 17 avril de chaque année, à travers des manifestations en Palestine, ainsi qu’à l’extérieur, en solidarité avec tous les prisonniers palestiniens qui ont choisi de résister contre toutes les formes de l’occupation israélienne.

Tract Stop AXA-Coalition 63-13 avril 2019

 

 

 

 

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