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“Ceux qui luttent, ne sont pas sûrs de gagner, mais ceux qui ne luttent pas ont déjà perdu”

Publié le 22 mars,

Ce matin, place du premier mai une foule de drapeaux multicolores flottent. Une mobilisation nationale interprofessionnelle et intergénérationnelle pour manifester d’un mécontentement général face aux réformes menées par le gouvernement Macron est à deux doigts de se mettre en marche. Petit tour des présents et des absents.

Vers 10h15 une foule à perte de vue démarre. La CGT mène la marche et ordonne le cortège. « Les cheminots peuvent maintenant passer devant » Plus de 300 sont montés à Paris pour rejoindre la manifestation centralisée mais certains sont restés à Clermont-Ferrand. Arrivés devant la gare, ils prennent la parole « Notre train, on y tient ». Mais ils ne sont que la partie flottante de l’iceberg, et ils le disent, « Ce sont tous les services publics qui sont attaqués »

 

« La crise ça sert à faire des bonnes affaires

La crise ça sert à geler les salaires

La crise ça sert à casser les emplois

Et la classe ouvrière se battra pour ses droits »

 

La marche repart et dans le foule Cyril Cineux, 11éme adjoint au maire de la ville résume. « La volonté du gouvernement est de privilégier les plus riches au détriment du plus grand nombre. Il y a une vague de mécontentements qui monte et qui s’exprime, une prise de conscience que nous avons besoin d’une société qui répartit différemment les richesses. La colère et la souffrance qui s’exprimaient par l’abstentionnisme, est en train de prendre une nouvelle forme. »

Un peu plus loin, rencontre avec Alparslan Coskun, sur ses deux béquilles, ce conseiller municipal pour le groupe des Insoumis ne mâche pas ses mots « On ne pose pas les bonnes questions. Si la SCNF est endettée, ça n’est pas à cause d’elle mais à cause de choix politique » A côté de lui l’activiste Scott Marlin prête sa voix au groupe et chante en distribuant des tracts. « Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère, les salariés précaires, on n’en veut pas, de cette société là ! »

 

Deux aides-soignantes à l’hôpital d’Estaing, Béatrice et Alice, « J’adore ce que je fais ! » Elles sont là car elles observent une dégradation de leur condition de travail. Des horaires toujours plus flexibles, sans stabilité, des nouveaux entrants moins bien formés et à qui on ne laisse pas le temps de prendre ses marques, et des départs en retraite qui ne sont pas remplacés. « Ce manque de personnel a un impact sur la qualité du service rendu ! C’est des patients, pas des machines. Ils parlent de chiffres mais ça ne veut rien dire pour nous. »

 

Bruno Lassalle, représentant de l’UNSA au CHU de Clermont-Ferrand est là pour trop de raisons. « On nous a remis le jour de carence, il y a le gel des salaires pour toute la fonction publique, le manque de personnel, … On sent qu’il y a un gros malaise dans la santé, c’est plus qu’un mécontentement, c’est un épuisement professionnel et tous les secteurs de l’hôpital sont touchés ! La logistique, l’administratif, les cuistots… tout le monde ! »

 

 

Claudine et Alain sont retraités. Cette année, ils ont perdu 750 euros de pension et ne comprennent pas pourquoi. « On n’est pas contre qu’on prenne sur nos retraites si on sait où ça va… mais ici, on observe que l’ISF a été supprimé et nos retraites ont diminué… » Pour eux, les deux choses sont liées, il y a un « effet de vases communiquants »

 

Juste devant, la nouvelle Génération-s de Benoît Hamon chante. https://www.youtube.com/watch?v=2aRakmBRukQ

 

 

Le sergent-chef Naël Stéphane et ses hommes sont également présents. Les sapeurs-pompiers ont des difficultés propres à leur service, mais ils ne veulent pas s’étaler sur leurs problèmes spécifiques. S’ils sont là aujourd’hui c’est pour une chose « Défendre le service public en général, la qualité du service qui est rendu à la population »

 

Arrivée place Jaude, la foule se dissipe un peu. C’est en bas de la préfecture que le dernier noyau dure s’arrête pour conclure la marche.

 

Les syndicats prennent la parole les uns après les autres et cite Berthold Brecht « Ceux qui luttent, ne sont pas sûrs de gagner, mais ceux qui ne luttent pas ont déjà perdu.” La CGT, Force Ouvrière, la FSU, Solidaire, la CFTC, tous dénoncent avec leurs mots la dégradation des services publics et défendent le statut de l’institution.

La force de la mobilisation est soulignée « Aujourd’hui, nous sommes en grève bien au-delà du service public » En effet, certains acteurs privés aussi se sont aussi mobilisés comme Michelin, l’A.C.C., l’Afpa, Constellium, Cempra, ect.  Et, la CGT insiste, ça n’est que le début, « Nous voulons mobiliser encore ces prochaines semaines. Macron cherche à nous diviser, nous on essaie de fédérer les gens »

Dans ce grand rassemblement, une figure de la société manque. Lucas de l’UNEF est déçu « Dans le cortège jeune, il n’y avait que 150 personnes, j’espérais plus » Comment expliquer cette maigre mobilisation alors que des réformes comme celles du Bac ou de l’université touche directement les plus jeunes ?

Dimitri Abdola, explique comment s’est passée la mobilisation dans son lycée.  Régulièrement, les lycéens bloquent l’une des deux entrées de l’établissement avec des poubelles. « Le proviseur nous avait donné son accord pour qu’on se positionne à l’une des deux entrées du lycée pour mobiliser. Mais ce matin, alors que nous étions 8 jeunes, 12 policiers sont intervenus pour nous faire partir. Au centre, il y avait le flic le plus costaud avec sa matraque ». Des mesures assez intimidantes qui selon un professeur présent, influe le comportement des jeunes « On comprend mieux pourquoi il n’y a pas beaucoup de lycéens… »

Gwendoline Rovai

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