Congrès de la CGT de l’AIA

Alors que le président de la république venait fêter les 100 ans de La Montagne à Clermont-Ferrand, les représentants syndicaux de l’AIA se réunissaient pour leur 14 ème congrès à Cournon. L’occasion pour Mediacoop d’en savoir un peu plus sur cet établissement de l’armée et son devenir.

L’accueil est plus que chaleureux, croissant et café. Bien mérités quand on sait les détours que l’on a dû faire pour arriver jusqu’à Cournon. La visite du président dans la capitale auvergnate a valu des fermetures de routes, une quarantaine de camions de CRS à la file indienne et une difficulté de circulation rarement vue…

Dans la salle, on entend que ça discute. Une centaine de salariés de l’AIA ou de leurs sous-traitants sont réunis pour leur congrès. On y parle condition de travail, salariés, plan de charge, embauche et commandes. On y débat aussi de l’orientation du syndicat.

l’AIA est un établissement de l’armée. 1200 salariés sur le site auvergnat, avec une branche à Toul en Lorraine regroupant 200 employés. le but de l’entreprise est de maintenir en conditions opérationnelles les aéronefs des 3 armées, en réparant et assurant le suivi. L’établissement a plus de 80 ans et les embauches ont été gelées pendant longtemps, ce qui provoque un trou générationnel. Beaucoup des salariés ont plus de 50 ans ou moins de 30 ans.

L’AIA a un fonctionnement particulier. Chaque année, un budget est alloué à la structure qui a donc son propre compte de commerce tout en bénéficiant d’un statut public. Statut qui a été remis en question par le ministère des armées pour finalement être maintenu. Mais sans garantie dans le temps. Bastien, secrétaire général adjoint et membre national de l’union des fonctionnaires de l’armée, explique d’autres mutations qui les alertent. ” Nous avons de plus en plus de missions externalisées, par exemple pour les produits chimiques. Ce sont des boîtes privées qui font désormais certains travaux que nous savons faire. Ils créent des sous-emplois, car les sous-traitants n’ont pas le statut de fonctionnaires ou d’ouvriers d’Etat, alors que nous avons les compétences pour les missions effectuées. Compétences que nous allons finir par perdre car la transmission est compliquée à gérer avec le trou générationnel. “

Dans la salle, les représentants des salariés de l’AIA mais aussi des retraités, de la logistique, de la peinture, de la cantine, du ménage et des sous-traitants. 12 invités venus de toute la France viennent compléter les débats. car il y a plusieurs AIA en dehors de celui de Clermont-Ferrand. (Bordeaux, Cuers, Ambérieu, Bretagne). En tout, 4700 personnes y travaillent.

Pourtant, de nombreuses personnes démissionnent pour un meilleur salaire et de meilleurs conditions de travail. La boite est vieillissante et moins alléchante que Airbus, par exemple, à la point de la technologie. ” Nous manquons de personnels ” Poursuit Bastien, fonctionnaire d’état. ” Nous avons de plus en plus de contractuels. Nous avons davantage d’embauches de contractuels que d’ouvriers d’Etat. On précarise donc notre milieu. la loi sur la fonction publique n’arrangera rien. ”

Dernière problématique, le marché s’est ouvert aux entreprises privées beaucoup plus agressives. “ Ces entreprises ont un meilleur rendement car font bosser leurs salariés 60 h/ semaine en Grande-Bretagne…

Lors du congrès, les militants ont rappelé l’importance de leur solidarité avec les autres entreprises comme CGA (section du syndicat)ou Luxfer ,en Auvergne. en sortant de la salle, de nombreuses personnes ont affirmé que “ ces réunions sont essentielles, on en a besoin car nous nous inquiétons pour notre avenir, notre statut, nos collègues sous-traitants, la contractualisation…mais dans ce genre de réunion, on a moins peur, car nous savons que nous sommes nombreux à lutter dans le même sens…

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