Débrayage historique à la fac de droit

À l’appel de leurs enseignants, plusieurs centaines d’étudiants ont quitté la fac de droit pour battre le pavé ce matin, jeudi 6 février. Une mobilisation inédite pour des filières historiquement peu combatives, qui pourrait marquer un tournant dans la bataille contre les retraites.

Après leur assemblée, les étudiants se sont retrouvés devant Gergovia Droit pour le départ en manifestation

Un amphithéâtre plein à craquer et une vingtaine d’enseignants-chercheurs sur l’estrade, appelant à descendre dans la rue : une scène banale dans certaines universités, mais complètement historique pour la faculté de droit de Clermont-Ferrand. Mobilisés depuis deux semaines contre la réforme des retraites et la loi de programmation de la recherche (LPPR), les professeurs des filières Administration économique et sociale (AES) et sociologie ont sorti les grands moyens en déclarant une journée « université morte » et en appelant tous leurs étudiants à se réunir en assemblée générale, ce jeudi 6 février à 9 heures. L’un des amphithéâtres les plus spacieux de la Rotonde n’aura pas suffi à contenir tout le monde.

Après une heure d’interventions sur les raisons de la grève, ce sont près de 400 étudiants qui quittent leurs sièges et viennent former le plus gros cortège jeune vu à Clermont-Ferrand depuis la bataille contre la loi ORE. Sur son trajet, la manifestation embarque avec elle des lycéens lors de son passage devant Blaise Pascal et Sidoine Apollinaire, sans doute grâce à la présence rassurante de ce cortège universitaire massif.

Transformer l’essai

Venu de la fac de droit, le mouvement étudiant pourrait faire boule de neige à Clermont-Ferrand, et entraîner derrière lui des milliers de jeunes maintenant que la période des examens est officiellement terminée. Rien n’est encore joué cependant : rejoindre un appel enseignant n’est pas la même chose que d’organiser sa propre mobilisation. Pour perdurer, le mouvement étudiant va devoir se constituer lui-même en tenant ses propres assemblées générales et en définissant sa propre direction. Plusieurs assemblées de ce type ont déjà abouti à la création d’un comité de mobilisation étudiant contre la réforme des retraites. Face aux difficultés, il faudra sans doute allier un soutien fort de la part du mouvement enseignant et une prise d’autonomie réelle de la jeunesse pour aboutir à une mobilisation étudiante capable de renverser véritablement la vapeur et redynamiser le mouvement social.

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