Dernière sommation, le livre de David Dufresne

Bon, forcément, il écrit à des convaincus. Nous qui avons dénoncé la répression policière avec ardeur, lors des rassemblements de Gilets Jaunes mais aussi depuis bien longtemps, par exemple, lors de notre couverture de l’affaire Wissam. De roman, le livre n’a que le nom, tout y est tellement vrai….retour sur un récit poignant.

David Dufresne, on l’avait eu par mail, en 2011, après la sortie de son livre sur Tarnac. On avait eu affaire aussi aux gaillards taxés d’anarcho-terroristes. Et comme on n’était pas loin, ( Originaire de Haute-Corrèze, et directrice d’une radio sur le plateau) et qu’on connaît la région depuis bien longtemps, bien avant l’installation du Magasin général, David Dufresne nous avait écrit pour quelques renseignements. Il vivait au Canada à cette époque, et nous désespérions déjà de l’état de la police française.

Ce roman nous rappelle les événements des derniers mois. Le travail de Dusfrene, journaliste engagé, considéré comme lanceur d’alerte…Se pose alors la question de la position de notre métier : Un journaliste n’a-t-il pas justement le rôle de lanceur d’alerte ? Etre en amont des faits et des dérapages ? En prévention au monde qui s’écroule ? Un avertisseur, un radar ? Le roman, c’est l’histoire du journalisme à l’époque contemporaine, à ses prises de positions, ses prises de risque…Mais pas seulement, car le roman se positionne dans la tête d’un chef de police, d’une mutilée et de ce journaliste.

Les trois ont leurs destins intimement liés. Les trois souffrent, et enragent chacun à leur manière. Chacun porte son fardeau. Leur intime diffère, l’un est amoureux, l’autre divorcé, la troisième n’arrive pas à résoudre sa mère à la comprendre.

Ce roman pourrait être un essai, celui qui questionne sur la violence et la répression, sur la société française et ses dérives, sur le bien et le mal, la culpabilité. Sur l’espoir et les convictions. Des convictions des personnages si différentes qu’elles se percutent. Mais finalement, personne ne gagne. Personne ne sourit, l’une crie, hurle, l’autre a peur et s’interroge, quand le dernier finit par lâcher, contraint et forcé.

Ce roman est une biographie de l’actualité. On reconnaît le destin des personnages, ce gosse qui passait par là et se prend un LBD en pleine mâchoire. Les références aux émeutes de 2005, aux manifestations des mutilés, aux discours du gouvernement et des plateaux télé sur BFM. Tout y est vrai.

Ce roman est une histoire fantastique, de destins entremêlés, de monstres et de feu. Une histoire fanatique du pouvoir qu’on ne veut pas lâcher, de la reconnaissance après laquelle on court, et de cette main que l’on perd.

C’est finalement une ode à la survie. Survivre à ses membres arrachés, survivre à une carrière brisée, survivre à ses doutes. Survivre à ses convictions. Survivre aux armes que l’on pointe sur nous. Survivre à une monde qui ne correspond en rien et à personne.

Trois âmes qui se cognent sans le savoir. Qui se protègent à coups d’amour, et de fierté. Ne pas lâcher le premier. Pas de gagnant. Juste le constat, un peu las, des trahisons et faux semblants. D’intérêt peu commun. D’une lutte sans fin. Il n y a dans ce roman que des victimes. Les victoires seront pour un autre soir…

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