Éducation : la coupe est pleine !

Aujourd’hui, plus de 200 enseignants et personnels de l’éducation nationale se sont réunis devant le rectorat de Clermont-Ferrand pour dénoncer la répression et lutter contre les réformes successives imposées par le gouvernement Macron. Fait inédit, le personnel du rectorat s’est joint à l’action et a débrayé pendant le rassemblement.

Réformes des retraites, des lycées, du bac, de « l’école de la confiance » ; baisse des dotations, fermetures de classes, ; LPPR, parcoursup ; répression judiciaire et administrative… Pour les enseignants et personnels de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur, la coupe est pleine. Ils se sont donc rassemblés cet après-midi, jeudi 30 janvier, devant le comité technique académique (CTA) du rectorat ; au cœur des revendications d’aujourd’hui, le retrait des plaintes contre les participants aux actions de blocage des épreuves du bac (E3C). Les représentants de FO et de la FSU ont donc communément décidé de ne pas assister au CTA, le quittant après avoir lu une déclaration rappelant leurs revendications. « Il est inenvisageable pour nous de siéger dans ces conditions, sous la pression de menaces de la part du recteur ! », a notamment condamné la représentante Force ouvrière.

Alors que le rassemblement à l’extérieur battait son plein, les grévistes ont eu la surprise de voir débrayer le personnel administratif du rectorat ; durant toute la durée de l’action, les slogans trouvaient leur écho de chaque côté des grilles. Une mobilisation inédite de mémoire de militant, « historique » même pour certains d’entre eux.

Après plus d’une heure, la délégation intersyndicale est revenue « avec des réponses dans le même état d’esprit que celles qu’on reçoit depuis des années : du formalisme stupide, le renvoi aux calendes grecques, la promesse de groupes de travail qui ne débouchent que sur d’autres groupes de travail… » raconte le délégué FSU. « Il a été dit que le vrai problème n’était pas le manque de dotation mais l’efficacité des collègues ; voilà l’hostilité que nous renvoient nos dirigeants, et nous y répondront par la mobilisation, le regard droit ! ». Son collègue de Force ouvrière abonde, dénonçant des mesures remettant en cause l’exercice du droit syndical : « Ces gens-là n’appliquent même pas leurs propres lois, et nous donnent des leçons de morale ! », dénonce-t-il en référence à des arrêtés non-respectés sur le nombre d’élèves par classe. « Alors ils font tout pour liquider les délégués syndicaux, c’est la guerre qu’ils nous déclarent ! » À leur tour, des représentants d’établissements victimes de baisses de dotations ont pris la parole ; particulièrement touché, le lycée Monet Mermoz a Aurillac entre en grève contre l’amputation de 150 heures de cours. Et il est loin d’être le seul : de nombreux établissements ruraux étaient présents, partageant le même combat contre des baisses de dotations et des fermetures de classes. Mais l’espoir de victoire est tout de même permis : les enseignants du lycée professionnel Camille Claudel ont appris ce matin que la totalité de leur dotation allait être maintenue suite à la grève quasi-unanime du début de semaine.

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