… et Pepy ne parut pas

Près de 80 syndicalistes, cheminots et usagers du rail se sont rassemblés ce matin, 6 septembre, pour interpeller le président de la SNCF sur la situation du service public auvergnat. Si Guillaume Pepy ne s’est jamais montré, les militants ont tout de même délivré leur message sur la dégradation du maillage territorial du service ferroviaire.

Malgré un changement d’horaire à la dernière minute, les chasubles CGT et les pancartes d’associations d’usagers sont nombreux, ce matin à 8 h 30, devant le parvis de la préfecture de Clermont-Ferrand. « Il devait arriver par le train à midi, pour constater lui-même comment fonctionne la ligne Clermont-Paris », soupire un cheminot. « À la place, il est arrivé hier en avion et repartira en avion aussi ; ce n’est pas le genre de symbole qu’on espérait de la part du président de la SNCF. » Une première déception pour les syndicalistes et les usagers qui ont parfois fait le chemin depuis l’Allier ou le Cantal pour délivrer leur message à Guillaume Pepy, qui ne sortira pas pour les rencontrer.

Car si le haut-fonctionnaire est venu pour parler des derniers dysfonctionnements de la ligne Paris-Clermont, ce n’est pas de cela que veulent discuter les salariés. « Tout le monde en parle déjà, ça fait la une des journaux, alors qu’il y a bien d’autres problèmes » confie Arnaud Emorine, cheminot et syndicaliste CGT. « On veut d’abord profiter que le patron soit là pour lui parler des différents problèmes par métier, du matériel non renouvelé, des rames qui datent des années 70… » Pour autant, difficile de ne pas faire le lien avec la politique plus générale de l’entreprise semi-publique. Et en particulier de la fermeture de certains services dans de plus en plus de zones rurales. « Il y a une casse au niveau des guichets, des contrôleurs, des agents d’accueil… Les guichets ont fermé à Chamalières, au Cendre, à Issoire, ont réduit leurs horaires d’ouverture à Clermont et Brioude… » Des gares rurales ont vu le passage des trains se réduire progressivement, et certaines gares ont même fermé leurs portes.L’externalisation d’une partie des travaux sur les voies, qui a d’ailleurs récemment valu une condamnation à la SNCF par le tribunal de Bobigny, pose aussi problème. « La ligne du Mont Dore a été laissée dans un état désastreux par le sous-traitant. Et plutôt que de mettre de l’argent pour réparer tout ça, ils ont préféré la fermer, alors qu’elle était empruntée par des touristes et des étudiants… D’une manière générale, on préfère dépenser énormément pour des lignes à grande vitesse plutôt que d’assurer le bon fonctionnement du réseau existant. » Des constats qui sont partagés par le Comité de développement du service public ferroviaire 63, créé au printemps dernier. « Pour un village de campagne, c’est catastrophique : une gare qui ferme, c’est souvent la poste qui suit, puis les commerces, le médecin… », estime le secrétaire de l’association. « On est en train de condamner le service voyageur : la loi de 2018 a entraîné de nombreuses fermetures de lignes et de guichets. On ne peut pas en même temps faire de grands discours sur l’écologie et continuer à mettre des bus et des camions à la place des trains. »

Si Guillaume Pepy ne s’est pas montré, le représentant fédéral de la CGT qui a porté les revendications des cheminots auprès de lui, au cours d’une réunion à la préfecture, rapporte n’avoir pas pu lui faire entendre raison. Il a appelé les professionnels et les usagers à défendre le service public du rail par la mobilisation. « Nous travaillons pour les voyageurs », a-t-il rappelé. « Ce sont les cheminots, avec les usagers, qui changeront la donne. »

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