Focus sur le café-repaire clermontois de l’émission “Là-bas si j’y suis” qui fête ses 10 années d’existence

Mercredi 12 juin, le repaire clermontois de l’émission “Là-Bas si j’y suis” fêtait ces 10 années d’existence. L’occasion pour Médiacoop de rendre visite à ses membres afin de faire un petit focus sur leurs rendez-vous mensuels où la liberté d’expression est mise à l’honneur… Une denrée rare qui est aujourd’hui en voie de disparition.

 

C’est en septembre 2005 que l’idée des café-repaires a été lancée par Daniel Mermet, au micro de France Inter, dans son émission “Là-bas si j’y suis” : « Dans votre village, dans votre quartier, il y a sans doute d’autres auditeurs, alors pourquoi ne pas se retrouver autour d’un verre pour refaire le monde ? ». A l’antenne depuis 1989, l’émission phare des ondes hertziennes était, depuis quelques temps, menacée de disparaître.

Et, pourtant, c’est dans climat d’incertitude que de nombreux auditeurs ont répondu favorablement à l’appel lancé par l’animateur fétiche de “Là-bas si j’y suis”. Très vite, plusieurs café-repaires ont émergé à travers l’hexagone, comme un acte de résistance pacifique. Ce soutien populaire a, sans nul doute, permis à l’émission de survivre encore quelques années supplémentaires puisque cette dernière a disparu des ondes en 2014 (avant de renaître de ses cendres un an plus tard sur internet). Aujourd’hui,  environ 80 cafés repaires sont dispersés ça et là, en France mais aussi à l’étranger.

 

« Le but était de soutenir “Là-bas si j’y suis” en nous réunissant dans un bar »

 

A Clermont-Ferrand, le café-repaire a vu le jour en 2009. Alain, fidèle auditeur s’en souvient très bien : « Nous l’avons créé lorsque l’émission de Daniel Mermet était en difficulté. Le but était de soutenir “Là-bas si j’y suis” en nous réunissant dans un bar. C’est toujours le cas aujourd’hui car même si l’émission a survécu, son équilibre économique demeure fragile ». Ce rendez-vous citoyen permet à chaque participant de prendre la parole librement, d’écouter et de se faire une opinion sur des thèmes variés.

Cela fait 10 ans que le café repaire clermontois s’occupe de décortiquer soigneusement l’actu’, qu’elle soit locale, nationale ou internationale. Dans un souci d’exigence permanent, les infos sont passées au crible chaque deuxième mercredi du mois, au “Chapelier Toqué”, Place du Marché Saint-Pierre. « La spécificité de ce café-repaire, c’est que l’on ne fait pas des conférences. Des gens se charge d’un thème, ils préparent leur intervention mais ce ne sont pas des experts. D’ailleurs, il arrive que des associations viennent nous épauler à l’occasion » explique Alain, une cigarette à la main. « Habituellement, on travaille par thèmes. L’année dernière par exemple, nous avons traité de plusieurs sujets tels que la situation en Palestine ou l’accueil des migrants » précise-t-il.

 

« Macron a réussi à dynamiter la gauche, il va faire la même chose avec la droite »

 

Le jour de notre venue, huit personnes sont réunies en terrasse (3 femmes et 5 hommes) pour commenter l’actu’ du moment dans un esprit “philosophiquement de gauche”. Alain est l’animateur de la soirée. Feuilles en main, il leur a concocté une petite liste de sujets brûlants sur lesquels chacun pourra à son tour livrer son analyse personnelle. Les Élections Européennes sont au cœur des débats et les échanges se multiplient autour des résultats, articles de presse à l’appui. « Macron a réussi à dynamiter la gauche, il va faire la même chose avec la droite » s’exclament-ils.

L’actu’ défile et chacun est amené à réagir sur des thèmes divers et variés : La démission de Theresa May ; Les ventes d’armes au Yémen ; L’arrêt de la désobéissance civile au Soudan ; La manifestation contre la loi d’extradition vers la Chine ; La grève aux urgences , etc. Auditeurs et auditrices viennent enrichir le débat grâce à leurs connaissances personnelles. A chaque prise de parole, les oreilles se tendent et l’écoute est attentive car ce repaire est aussi une manière de s’informer différemment en confrontant directement son opinion à celle d’autrui.

 

« C’est aussi l’occasion de sociabiliser autour d’un verre »

 

Bien que les sujets abordés soient sérieux, l’ambiance demeure, quant-à elle, bon enfant. Le plaisir de se retrouver tous ensemble est évident car c’est aussi l’occasion de sociabiliser autour d’un verre, à l’heure où règne sur le net un individualisme exacerbé. Au grand dam d’Alain, les digressions ne manquent pas et participent au charme de ces rassemblements mensuels qui prennent la forme d’un réseau social à l’ancienne.

Finalement le café-repaire de Clermont-Ferrand est un lieu de libre discussion où chacun peut apporter son témoignage brut dans un cadre qui sort du contexte familial, syndical, ou associatif, etc. Au fil des années, ces “lieux de sociabilité” se sont finalement affirmés comme des espaces de résistances où règne un esprit farouchement anti-libéral, si caractéristique de l’émission “Là-bas si j’y suis” animée par Daniel Mermet.

 

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