“Greenpeace France” interpelle l’opinion publique sur la question du stockage des déchets nucléaires

Samedi 8 juin, militantes et militants de “Greenpeace France” se sont mobilisés à travers l’hexagone pour dénoncer les risques représentés par le stockage des déchets nucléaires. Mettant en exergue le danger constitué par l’accumulation d’une matière hautement radioactive, cette journée a été l’occasion d’informer le public concernant les limites d’une telle pratique. 

 

Les bidons jaunes estampillés du symbole nucléaire n’ont pas manqué d’interpeller les passants de la Place de Jaude, à Clermont-Ferrand, ce samedi. Organisée dans 33 villes de France par “Greenpeace France”, cette campagne d’information vise à sensibiliser la population à la problématique des déchets nucléaires.

 

 

Mobilisée lors de cette opération nationale, l’antenne clermontoise de cette ONGI (Organisation non gouvernementale internationale) de protection de l’environnement ont à cœur d’alerter un maximum d’individus quant-à l’urgence de la situation.  « L’État et EDF ne parlent jamais, ce n’est pas dans leurs intérêts de prévenir le grand public. Très peu de gens sont au courant de ce qu’il se passe sous leurs yeux » signale avec lucidité Simon, membre de “Greenpeace France”.

 

« 1,6 million de mètres cubes de déchets radioactifs sont répartis sur l’ensemble du territoire »

 

Sur les tables, exposées au vent, la carte des déchets nucléaires dépliée résiste tant bien que mal face aux rafales qui se succèdent, malgré un après-midi ensoleillé. Publié le 28 mai dernier par “Greenpeace France”, ce plan cartographique répertorie les lieux de stockage ou de passage de déchets radioactifs “près de chez vous”. « 1,6 million de mètres cubes de déchets radioactifs sont répartis sur l’ensemble du territoire » d’après Simon. L’Auvergne n’est pas épargnée puisque l’ancienne région administrative ne compte pas moins de trois sites de déchets nucléaires sur son territoire (Saint-Pierre-du Cantal ; Les Bois noirs ; Limouzat).

 

Simon souligne également le danger représenté par les convois routiers chargés de transporter une matière hautement radioactive issue du retraitement destiné à la fabrication du MOX (mélange de plutonium et d’uranium). Dans le Puy-de-Dôme, les camions traversent plusieurs fois par an villages et villes pour atteindre leur destination finale, le site nucléaire de Marcoule (Gard) créé en 1956. « Lorsque ces convois traversent le territoire, nous ne sommes pas à l’abri d’actes malveillants ou d’accidents. Ce qui serait dramatique sur le plan sanitaire si jamais cela arrivait un jour. En termes de sécurité, c’est un peu limite. Les convois inutiles doivent être supprimés » fulmine Simon.

 

« La géologie des sols bouge. Ils vont forcément subir une forte pollution »

 

Toxiques, les déchets nucléaires présentent un véritable risque de contamination pour la santé mais également pour les sols, l’air ou la mer en cas de fuite. « Par exemple, à Bure (Laboratoire de recherche souterrain de Meuse/Haute-Marne), le projet est de creuser à 500 mètres de profondeur et de stocker des déchets hautement radioactifs à l’intérieur des galeries souterraines forées dans le cadre d’expérimentations scientifiques » . Le but étant d’évaluer la faisabilité du stockage géologique en vue de la réalisation du projet français d’enfouissement des déchets nucléaires, “Cigéo” . Le coût du projet, dont l’estimation est encore incertaine, varie entre 15 et 36 milliards d’euros.

Face à cette initiative, Simon se montre plus que perplexe : « La géologie des sols bouge. Ils vont forcément subir une forte pollution ». Si une partie de la matière radioactive est retraitée, cela est infime par rapport à la quantité de déchets nucléaire inutilisable. Simon pense qu’il est temps de tirer la sonnette d’alarme pour prévenir l’opinion public du danger face auquel plusieurs générations devront faire face. « On veut que le chantier de Bure soit stoppé ; Le gouvernement doit absolument fixer un calendrier de sortie de l’atome ; Et surtout, il faut que l’on condamne les sites de stockage. Ils doivent être sécurisés et irréversibles afin que les générations futures ne puissent pas y accéder. De simples panneaux ne suffisent pas » prévient Simon.

 

« Notre rôle en tant que groupe local, c’est d’inviter les gens à réagir sur cette question »

 

Alors qu’un débat public, portant sur la gestion des déchets radioactifs, se tient jusqu’au 25 septembre, Simon estime que chaque citoyen doit être en mesure de faire entendre sa voix. « Notre rôle en tant que groupe local, c’est d’inviter les gens à réagir sur cette question ». Récemment, un site internet a été ouvert afin de sensibiliser la population à cet enjeu de société. Toutes les informations nécessaires à la bonne compréhension du problème y sont répertoriées. En outre, chaque personne pourra également donner son avis ou interpeller les pouvoirs publics sur des questions précises.

Dans les prochains jours, plusieurs rencontres publiques se dérouleront à travers la France. A cette occasion, les citoyens sont conviés à s’exprimer de vive voix sur un sujet qui les concerne plus que jamais.

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