Grève du personnel hospitalier : les Gilets jaunes en renfort

Alors que le mouvement de grève se poursuit dans les hôpitaux français, en particulier parmi les urgentistes, les Gilets jaunes clermontois ont décidé de prêter main forte aux soignants dans leur lutte.

Des gilets jaunes, des chasubles CGT et des drapeaux SUD : devant l’hôpital Gabriel Montpied, une soixantaine de personnes se rassemblent pour le second mardi de suite, ce 13 août. Voilà des mois que, partout en France, les urgentistes se mobilisent pour leurs conditions de travail et la prise en charge de leurs patients, et dans la capitale auvergnate, les Gilets jaunes n’ont pas oublié les blouses blanches avec qui ils ont déjà manifesté à plusieurs reprises.

« C’est tout le système de solidarité qu’ils veulent nous enlever »

Car dans les hôpitaux, la situation n’est pas nouvelle : « Tous les services sont débordés, on manque de lits et de personnel partout », indique une militante CGT. « Macron ne fait que continuer ce qu’ont fait ses prédécesseurs avec les lois Touraine et Bachelot, à savoir casser la santé, et diminuer les dépenses remboursables. Ce n’est pas surprenant, puisque tous les gouvernements n’ont eu de cesse d’attaquer la sécurité sociale, qui est une caisse sur laquelle ni les banquiers, ni l’État, ne sont sensés avoir de pouvoir ». « C’est tout le système de solidarité qu’ils veulent nous enlever », estime-t-elle, rappelant la suppression d’une partie des cotisations sociales par le gouvernement. Des attaques qui ne touchent pas que les urgentistes : outre le Samu, le service de réanimation médicale et celui des maladies infectieuses sont également mobilisés depuis janvier, entre autres pour l’augmentation du nombre de lits et de soignants. « C’est valable aussi pour les infirmières, qui sont envoyées en remplacement dans des services qu’elles ne connaissent pas sans formation adéquate. Avec ce genre de logiques, on met les gens en danger ! »

« C’est un problème de santé publique », abonde Valérie, syndicaliste SUD, qui dénonce également une marchandisation de la santé. Elle n’a pas peur de le dire : « aujourd’hui, on tue des gens. » Épuisé à la tâche, le personnel soignant vit le burnout et les tentatives de suicide ; quant aux patients, combien subissent les erreurs médicales imputables à ces conditions de travail déplorables ? Seule réponse du gouvernement, d’après la syndicaliste : la précarisation du personnel pour étouffer la contestation. « On se retrouve avec un copié/collé de la loi El Khomri. Tout le monde a besoin de manger, alors on sait que si on nous fait des contrats de trois mois, on n’osera rien dire. Sans parler de la destruction du statut de fonctionnaire, qui garantissait notre indépendance… »

Ces réformes vont-elles suffire à museler les soignants ? Pas si sûr, puisque les ambulances qui arpentent la capitale auvergnate continuent d’arborer fièrement leurs banderoles « en grève », et que la mobilisation semble même en extension sur tout le territoire national. Pour leur donner la force de tenir et leur témoigner de leur soutien, les Gilets jaunes clermontois appellent à se rassembler devant le CHU chaque mardi à 13h30 dès le 3 septembre. Une union entre soignants et soignés qui pourrait bien donner quelques sueurs froides à nos gouvernants.

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