Grève scolaire pour le climat : les jeunes clermontois se lancent dans la bataille

À l’initiative de la jeune suédoise Greta Thunberg, les grèves scolaires pour le climat se multiplient partout en Europe. En France, un appel est lancé pour une première journée d’action lycéenne et étudiante le 15 mars. Une centaine de jeunes clermontois se sont réunis en assemblée générale hier, mercredi 6 mars, pour préparer la mobilisation.

Ils sont une centaine. Des étudiants en droit, en psychologie, en histoire, en architecture. Des lycéens en première ou en terminale. Quelques militants associatifs, syndicalistes, partisans. Tous sont jeunes ; tous sont préoccupés par leur avenir. Et tous sont déterminés à lutter contre le réchauffement climatique. À la tribune, Héloïse (UNL), Lilou (UNEF) et Thomas (Youth for climate) regardent l’amphithéâtre se remplir doucement, puis annoncent la couleur. « On est ici pour s’organiser, pour forcer nos dirigeants à prendre en charge l’urgence climatique. »

« Nous ne pouvons plus nous contenter d’actions symboliques, c’est l’avenir de tous qui est en jeu ! »

Les débats commencent sur les chapeaux de roues. Tout le monde est convaincu de la nécessité d’agir ; chacun passe à la tribune pour proposer des actions à mener, des initiatives à soutenir, des revendications à porter. Des étudiantes en architecture présentent les ateliers qu’elles organisent dans leur école sur ce thème, et proposent leur aide pour préparer les banderoles. Une militante d’Alternatiba appelle à rejoindre la marche pour le climat du 16 mars. « Nous ne pouvons plus nous contenter d’actions symboliques », insiste-t-elle. « C’est l’avenir de tous qui est en jeu ! » Et les jeunes ne sont pas dupes : les interventions qui prônent la mise sous pression des institutions sont clairement soutenues par l’assemblée. « Je ne pense pas qu’on gagnera quoi que ce soit si on se contente de planter des graines sur la place de Jaude ! », soutient une étudiante. Les échanges sont riches, et les jeunes élaborent leurs revendications et leurs modes d’action en veillant à ne pas mettre en difficulté les plus défavorisés. On propose d’éteindre l’éclairage public la nuit ; face au risque d’augmentation du harcèlement de rue, c’est finalement l’extinction des l’éclairage publicitaire qui est retenu. Dans l’assemblée, une poignée de tenants de l’écologie libérale sont mis en minorité : la création d’une amende ou d’une taxe sur les déchets non triés est rejetée. À l’inverse, la gratuité des transports en commun, la remise en cause des accords de libre-échange au profit d’une production en circuits courts, la fin de l’austérité à l’université pour permettre une rénovation écoresponsable des bâtiments, sont intégrés aux revendications. Charge en revient au comité de mobilisation d’organiser les actions qui ont été votées, notamment la manifestation du 15 mars, à 10 heures (détails à venir).

L’amphithéâtre finit par se vider après plus de deux heures de discussions intenses. Les jeunes rentrent chez eux, en se promettant de revenir pour mener le combat qu’ils ont engagé aujourd’hui. Beaucoup ne connaissent pas le mot, mais c’est bien un monde écosocialiste qui se dessine dans leurs revendications. Demain, ils seront en première ligne pour en faire une réalité.

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