Hommage à Laurent Gatier : « C’est bien son travail qui l’a tué »

Ce matin, près de 400 personnes ont marché en la mémoire de Laurent Gatier, professeur au lycée de Chamalières qui s’est donné la mort le mois dernier. Son fils réclame la justice et demande « des mesures fortes » de la part du rectorat pour éviter d’autres drames.

Pancartes et fleurs blanches ont été déposées devant les grilles du Rectorat

Sous un ciel aussi lourd que leur cœur, quatre cents personnes ont marché, ce matin, pour rendre hommage à Laurent Gatier. Quatre-cents amis, quatre-cents collègues, quatre cents élèves de ce professeur du lycée de Chamalières, abasourdis par sa disparition, révoltés par les causes qu’il a dénoncées dans une ultime lettre : conditions de travail, pressions, harcèlement… « Plus jamais ça ! », hurlaient les pancartes, tandis que le cortège s’avançait vers le rectorat sous un silence de plomb seulement brisé par le grondement de l’orage, et les paroles de réconfort des lycéens entre eux. À sa tête, la famille endeuillée, puis une banderole : « Éducation nationale : 338 suicides depuis 2018 ». Triste rappel qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé, que les problèmes sont largement répandus. Et qu’il y a urgence à trouver et mettre en place des solutions.

« On est ici pour rendre hommage à mon père, mais aussi pour demander justice », rappelle Sébastien Gatier. « À travers son histoire, j’ai pris conscience du mal-être de certains professeurs dans leur travail, car c’est bien son travail qui l’a tué. Il est insupportable de penser que son départ soit vain. » Le jeune homme appelle à « des actions fortes » de la part du rectorat, rappelant que la lettre de suicide de son père mentionnait explicitement les noms de certains responsables de son acte. En plus de leur sanction, il réclame la mise en place d’un travail de prévention pour éviter que l’histoire ne se répète… Difficile, en effet, de penser que le drame se limite à un seul établissement, après le suicide de Christine Renon, directrice d’école à Pantin, une poignée de jours après celui du professeur de Chamalières.

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