img_0946.jpg

Julien Pauliac relaxé !

Publié le 5 novembre 2018

Poursuivi par la société APRR pour une action syndicale au péage de Gerzat en juillet 2017, Julien Pauliac, secrétaire de l’union départementale CGT du Puy-de-Dôme, a été relaxé aujourd’hui par le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand.
 

Relaxé ! La nouvelle a été accueillie par les ovations des 200 à 300 militants rassemblés devant le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand, cet après-midi, pour soutenir Julien Pauliac. Le secrétaire de l’union départementale CGT était visé par une plainte de la société d’autoroute APRR, pour une distribution de tracts au péage de Gerzat le 8 juillet 2017. L’entreprise reprochait au syndicaliste d’avoir levé les barrières du péage, laissant passer gratuitement près de 4.400 véhicules pour un manque à gagner estimé à plus de 40.000 euros. Le militant était également poursuivi pour avoir organisé, à cette occasion, une manifestation interdite.

Des accusations que Julien Pauliac réfute lors de l’audience. Pour lui, si les barrières étaient bien levées lors de l’action, ce n’est pas du fait des manifestants. À l’issue de la réunion de préparation de l’action, l’intersyndicale a bien appelé à une distribution de tracts, et non à une opération « péage gratuit ». Les barrières ont été placées en « mode manifestation » par une opératrice, afin d’éviter tout risque de casse. Ce qui est corroboré par le fait qu’aucune dégradation n’a été constatée suite au rassemblement du 8 juillet. Aucun représentant d’APRR n’ayant fait le déplacement jusqu’à la salle d’audience, personne ne conteste cette vision des faits.

Le syndicaliste se défend également de toute manifestation illégale : la préfecture et la gendarmerie étaient toute deux informées de la tenue de cette action, et aucun arrêté d’interdiction n’a été émis. Si la déclaration a été faite par mail et non en suivant la procédure ad hoc, c’est par habitude. Une pratique que le syndicat ne s’est jamais vue reprocher par les autorités compétentes en la matière, alors qu’elle est appliquée depuis au moins une dizaine d’années. Et quand bien-même : pourquoi un seul prévenu, alors que l’action a été décidée et exécutée par une large intersyndicale ?

Finalement, le procureur prononce son réquisitoire. Son énoncé laisse peu de place au doute : le dossier ne permet pas de condamner Julien Pauliac. « Il n’y a même plus de victime à cette audience ! » constate-t-il, puisque la société d’autoroute ne s’est pas constituée partie civile. Le soulagement s’empare de la salle lorsqu’il demande la relaxe. Suit le plaidoyer de Maître Duplessis, plus virulent envers APRR. Pour lui, la plainte a été déposée par intérêt fiscal : l’entreprise veut un dédommagement de la part de l’État, une somme sur laquelle elle ne paiera pas d’impôts. Il formule de son côté une demande indemnitaire pour son client, qui a dû subir une procédure judiciaire qui n’est pas justifiée.

Après une demi-heure de suspension de séance, le verdict que chacun commençait à pressentir tombe : Julien Pauliac est « renvoyé des fins de la poursuite ». Il peut sortir du tribunal sous les acclamations de ses camarades, certains venus de loin pour le soutenir. « C’est une affaire qui n’a pas duré et on en est contents, car on a bien d’autres choses à faire que de se retrouver devant la justice » conclut-t-il, déjà prêt à repartir au combat. « Dès demain on est au boulot, au contact des salariés sur les revendications sociales ! »

Davy Delfour

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *