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La cinquième édition clermontoise de Migrant’Scène se prépare

Les bénévoles de La Cimade sont mobilisés à l’approche du festival Migrant’Scène, qui se tiendra pour la cinquième fois en terre auvergnate. Alors que leur crowdfunding enregistre un très bon démarrage, Pierre Saint-Amans, président de la section locale, revient avec nous sur le but de cet événement.

Inauguré à Toulouse en 1999 puis généralisé dans tout l’héxagone, le festival Migrant’Scène revient pour une cinquième édition à Clermont-Ferrand, du 15 novembre au 20 décembre. À l’organisation, l’association La Cimade veut profiter de ce moment festif pour sensibiliser un maximum de personnes aux problématiques rencontrées par les réfugiés.

« Notre coeur de métier, c’est l’aide juridique », explique Pierre Saint-Amans, président de la section locale. « Mais avec ce gouvernement et les précédents, toutes les lois vont dans le sens de la restriction des libertés. Alors il faut mener le combat des idées. Si on touche suffisamment les électeurs, ceux qui veulent se faire élire devront prendre en compte leur avis. » Pour cela, l’association fixe trois objectifs à son festival.

D’abord, faire contre-poids au discours dominant sur les migrations. « On nous présente les migrants comme un danger, ou un problème à régler. Nous, on veut le présenter comme des personnes, qui ont aussi des choses à nous apprendre. » Ensuite, décrypter le contenu des politiques migratoires. « Ce sont des politiques inhumaines, qui conduisent des personnes à la mort en rendant les routes dangereuses », dénonce le bénévole. « Elles ont prouvé leur inefficacité à tous les niveaux. On estime le coût d’une expulsion à environ 20,000 euros. Et les personnes reviennent, car elles n’ont pas le choix ! » Enfin, les militants veulent mettre l’hospitalité au cœur des discours.

Pour atteindre ces buts, le festival multiplie les lieux et les formats pendant plus d’un mois. Des maisons de quartier à la faculté de droit, l’association tient conférences, expositions, concerts, débats… Le tout à prix libre. « On arrive à toucher des publics différents », se réjouit Pierre Saint-Amans. « Il y a bien sûr des militants, qui sont là tous les soirs, mais aussi beaucoup de gens qui viennent juste voir un groupe qu’ils aiment sans connaître La Cimade, et avec qui sont touchés par notre discours. » Et le succès est au rendez-vous : l’édition précédente a enregistré plus de 800 entrées, « environ une centaine de plus que l’année d’avant » selon le bénévole.

L’association profite également de ce pic de visibilité pour mettre en avant ses autres actions. « On a décidé d’intégrer au programme les cercles de silence, qui se tiennent tous les troisième jeudi du mois sur la place de Jaude. À Clermont-Ferrand, ça va faire 10 ans en décembre que les citoyens et les associations dénoncent les politiques migratoires de cette manière, tous les mois. » Mais si cette période a vu se durcir les lois anti-migrants, la résistance se fait également de plus en plus farouche. « Ces dernières années, on voit de plus en plus de gens qui s’engagent, simplement en tant que bénévoles sur des camps comme celui de 1er mai ou en adhérant aux associations. C’est encourageant pour l’avenir, et ça nous permet de continuer le combat. »

L’événement commence dès le 5 novembre, avec le vernissage de l’exposition Attention travail d’Arabe à la maison de quartier Fontaine du Bac à 18 h 30. La soirée d’ouverture a lieu le samedi 17 novembre à l’hôtel de ville, à 18 heures. Le programme complet est disponible sur le site du festival. Pour assurer la gratuité de tous les événements (à l’exception d’une projection au cinéma Le Rio), les bénévoles ont lancé un financement participatif.

 

Davy Delfour

Photo fournie par La Cimade

 

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