La mobilisation pour le climat reprend des couleurs

La dernière marche du printemps climatique a rassemblé environ 600 personnes à Clermont-Ferrand, samedi 25 mai. Malgré ce chiffre décevant, la mobilisation passe à la vitesse supérieure, et la pétition pour la végétalisation de Clermont-Ferrand dépasse déjà les 20.000 signataires.

« Eh beh, il n’y a pas grand monde ! » Le constat est entendu plusieurs fois tout au long de la manifestation du printemps climatique, ce samedi 25 mai. Et il est indéniable : à peine 600 personnes sont présentes, dont une bonne moitié de Gilets jaunes. « C’est déjà bien », pourra-t-on dire. Mais c’est surtout largement en dessous des milliers de manifestants de la Marche du siècle, qui avait inondé les rues de Clermont-Ferrand le 16 mars dernier. Moins encore que la grève scolaire de la veille, à laquelle plus d’un millier de lycéens et collégiens clermontois ont participé.

Une faible mobilisation d’autant plus étonnante que le mouvement ne cessait de s’amplifier depuis l’année dernière. Bêtement, c’est certainement la météo qui a éclairci le plus les rangs des manifestants, puisqu’il pleuvait encore des cordes quelques minutes avant le départ de la marche. Mais on peut aussi estimer que la proximité des élections européennes n’y est pas pour rien : toute l’attention (y compris médiatique) étant focalisée sur le scrutin, les mobilisations pour le climat sont un peu passées à la trappe. Ce n’est sans doute pas un hasard si les plus jeunes, qui n’ont pas accès au droit de vote comme moyen d’action, se sont plus mobilisés la veille.

Un arbre pour la végétalisation de Clermont-Ferrand

Malgré la faible participation, le cortège était particulièrement animé, composé quasiment pour moitié de Gilets jaunes. Les slogans désormais bien connus ont raisonné dans les rues de Clermont-Ferrand jusqu’au point d’orgue de la manifestation : l’installation, sur la place de Jaude, d’un arbre symbolisant la lutte écologiste : un tilleul, choisi pour sa robustesse pour représenter l’inébranlable volonté des militants à poursuivre le combat.

Sur la place de Jaude, le tilleul devient le symbole de la lutte écologique.

Mais surtout, l’arbre symbolise une revendication nouvelle : la mise en place, d’ici un an, d’un plan de végétalisation de Clermont-Ferrand. Avec cette demande, et l’installation du tilleul sans autorisation préalable comme « acte de désobéissance civile », les militants entendent passer à la vitesse supérieure, et exercer une pression plus forte sur les décideurs politiques et économiques. Une stratégie qui pourrait payer, puisqu’Olivier Bianchi s’est déjà engagé dans un tweet à maintenir l’arbre à son emplacement, et à le planter à même la place de Jaude comme l’exigent les manifestants.

Reste à savoir quels seront les débouchés concrets apportés à cette mobilisation. Les élections européennes passées, toutes les formations politiques sont dans les startings blocks pour se lancer dans la course aux municipales. Après le score étonnamment haut d’Europe-écologie-les-verts ce dimanche, tous les candidats ont particulièrement intérêt à mettre en avant le volet écologique de leur programme. Mais moins d’un an avant les élections municipales, le risque est de voir l’environnement à nouveau cantonnée à une thématique de campagne, la majorité actuelle pouvant difficilement mettre en œuvre des projets à grande échelle avant le scrutin. Elle a pourtant tout intérêt à reverdir son image, après un mandat marqué par les débats sur l’Hôtel-Dieu et l’extension du stade Gabriel Montpied, et les augmentations récentes du prix du ticket de bus malgré des déclarations en faveur de la gratuité.

En attendant, la mobilisation pour le climat promet de s’amplifier. La faible participation à la manifestation de samedi est déjà enterrée sous le succès de la pétition en ligne pour un plan de végétalisation de la ville, qui a déjà recueilli plus de 20,000 signatures.

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