La résistance anti-pub prend de l’ampleur

Plus d’une trentaine de militants de diverses organisations écologistes ont recouvert les panneaux publicitaires du centre-ville de Clermont-Ferrand, ce matin samedi 9 novembre. Une action de désobéissance particulièrement large et soutenue par les passants.

Objectif de la matinée : recouvrir 80 panneaux publicitaires

Il est dix heures du matin lorsque nous rejoignons le dernier des cinq groupes à quitter la maison des associations, rouleaux de peinture et affichettes à la main. Des têtes connues nous accueillent avec le sourire : il y a là des militants des diverses associations et collectifs qui font la vie du mouvement écologiste clermontois. ANV-COP21, Alternatiba, Attac 63, Greenpeace, les Gilets jaunes et encore quelques autres ont répondu à l’appel, formant un très large collectif d’action contre l’affichage publicitaire en ville. En tout, plus d’une trentaine d’écologistes quadrillent le centre-ville, recouvrant les panneaux commerciaux de blanc-de-Meudon. « Ça s’enlève facilement », indique Paul Tixerant, « on ne peut pas nous accuser de dégradations. » Mais ça couvre bien : en quelques coups de rouleau, une table à 1,200 euros disparaît derrière une couche de pâte blanchâtre, agrémentée d’un slogan dessiné au doigt et d’une affichette revendicative.

« Il s’agit de lutter contre la colonisation de l’espace public à des fins de profit privé », explique Paul. « Le matraquage publicitaire incite à la surconsommation, qui est largement incompatible avec l’urgence climatique. Cette urgence a été reconnue par la municipalité, mais ça ne sert à rien s’il n’y a pas d’action derrière. » C’est donc l’interdiction de ce type d’affichage que revendique le collectif, à l’image de ce qui se pratique déjà à Grenoble. Et le moment est tout trouvé pour faire pression sur les élus : en 2020 auront lieu à la fois les élections municipales et la renégociation du contrat entre la ville et JC Decaux, qui possède les panneaux d’affichage. « On nous sortira certainement l’argument budgétaire, puisque ce contrat pèse beaucoup d’argent. Mais si on a les moyens de faire des cadeaux à Michelin, on peut bien faire un effort pour retirer la pub ! » D’autant que cet espace, selon le collectif, pourrait être plus utile aux citoyens, par exemple en remplaçant l’affichage commercial par de la communication associative. Comme un aperçu de la ville qu’ils souhaitent construire, les militants laissent tranquilles les événements culturels et les affiches des commerces locaux, et redoublent de vigueur pour faire disparaître les publicités sexistes.

Près de la place de Jaude, une automobiliste s’arrête pour témoigner son soutien.

Et l’action rencontre un écho particulièrement favorable : les passants s’arrêtent, une voiture se gare sur le côté de la route, et les curieux viennent se renseigner et témoigner leur soutien. Quelques-uns laissent leurs contacts pour participer aux futures actions ; même le contrôle de police se conclut par un « bon courage » ! Après un peu moins de deux heures de travail, les militants écologistes reprennent le chemin de la maison des associations, satisfaits. Il est temps de débriefer et de préparer les prochaines actions : dans quelques semaines aura lieu le Black friday, symbole de la surconsommation. Le collectif promet une intensification des actions du genre jusqu’à la fin de l’année.

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