Le conservatoire de Clermont-Ferrand en lutte contre la réforme de l’enseignement artistique

À leur tour, les conservatoires sont la cible de mesures réformant en profondeur l’enseignement artistique. Devant la crainte de fortes inégalités territoriales, les enseignants des conservatoires de Clermont et Cournon descendent dans la rue.

Il est 10 heures, ce mardi 18 février 2020 ; les banderoles se déploient devant le conservatoire de Clermont-Ferrand. Descendus dans la rue, une cinquantaine d’enseignants et d’élèves des établissements de Clermont et Cournon, accompagnés par l’interprofessionnelle CGT et l’UNEF, protestent contre une réforme passée quasiment inaperçue : celle qui redéfinit les conditions de l’enseignement artistique. Une mesure dans la droite ligne de celles qui touchent les autres secteurs de la fonction publique et de l’enseignement : les diplômes en trois cycles sont remplacés par des parcours individualisés, la gestion des conservatoires est transférée au niveau régional, et la nécessité d’une seconde spécialité pour obtenir le label « conservatoire ».

Les conséquences de ces changements : la création de fortes inégalités territoriales. D’après Lionnel Froidefond, représentant CGT du conservatoire, le transfert des compétences vers le conseil régional se fait sans plan de financement. Ce sera donc aux collectivités de trouver et d’attribuer un budget ; le traitement de l’enseignement artistique risque de subir un sévère rabot dans certains territoires. D’autant que les plus petits établissements n’ayant pas les moyens d’assurer une seconde spécialité n’auront plus accès au label, pénalisant les élèves les plus éloignés des grandes métropoles. Pour les autres, ce sera donc un « parcours personnalisé », dont la valeur sera beaucoup moins assurée que celle d’un diplôme national, dont les enseignants réclament le maintien. Autre source d’inquiétude pour Lionnel Froidefond et ses collègues, la réforme de la fonction publique qui ouvre la porte à l’embauche « de personnel non-diplômé, de contractuels sans statuts corvéables à merci », tirant vers le bas à la fois les conditions de travail et la qualité de l’enseignement artistique.

Regrettant également un manque de concertation, les enseignants dénoncent une consultation qui n’a été menée que dans une vingtaine d’établissements sur les 500 concernés par la réforme. Ils ont d’ailleurs trouvé porte close à la direction régionale des affaires culturelles (DRAC), où se terminait leur manifestation. Une rencontre est prévue le mercredi 4 mars prochain avec son directeur régional.

Reportage réalisé avec la participation de Ana Martinez, en stage d’observation chez Mediacoop.

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Publié le 19 février 2020
Écrit par Davy DELFOUR

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