Le DAL et RESF dénoncent une « violation des droits » au centre Anatole France

Une mère de famille réfugiée a été blessée dans un hébergement d’urgence du centre Anatole France, ce jeudi 25 avril. L’association Droit au logement (DAL 63) et le Réseau éducation sans frontières (RESF) mettent en cause un responsable de service de CéCler, l’association en charge de l’hébergement, et dénoncent le comportement de la police.

Y a-t-il eu maltraitance envers des réfugiés au centre Anatole France, jeudi dernier ? « Il y a encore des éléments un peu flous, mais la mère de famille a été blessée », raconte Simon Lamure, du Réseau éducation sans frontières. L’altercation survient alors qu’un chef de service de CéCler, qui gère cet hébergement d’urgence, tente de remettre une lettre d’expulsion à une famille de réfugiés. Problème : le père s’est absenté momentanément, et la mère parle peu le français. Elle refuse le papier qu’on lui tend, et demande au chef de service et aux travailleurs sociaux qui l’accompagnent de revenir plus tard, lorsque son mari sera présent pour déchiffrer la lettre.

Mais quelques minutes après, le responsable de service serait revenu, seul, pour tenter à nouveau de remettre l’avis d’expulsion à la mère. « C’est difficile de savoir exactement ce qu’il a dit, mais quand il a frappé à la porte, la mère a compris que c’était la police », évoque Simon. « Quand elle a vu que c’était à nouveau le chef du service qui venait avec le papier, elle a voulu refermer la porte, puisque son mari n’était toujours pas là et qu’elle ne voulait pas prendre une lettre qu’elle ne peut pas lire. Le mec aurait forcé l’ouverture, ce qui l’a projetée violemment contre le mur. » « Je reçois un appel de ma fille vers 18 h 10, qui me dit “maman s’est fait frapper” », raconte le père de famille. « J’appelle immédiatement la police et le Samu et je prends un bus. J’arrive en même temps que l’ambulance, et on trouve ma femme à terre, avec du sang sur le visage. » La police arrive dans la foulée, et la victime est emmenée aux urgences, où elle passe la nuit. Elle y retourne le lendemain, constatant que les douleurs persistent.

La famille se rend au commissariat le samedi matin pour déposer plainte. Mais les policiers refusent d’enregistrer la plainte, au prétexte que la famille doit être expulsée du centre Anatole France, et que les agents qui se sont rendus sur place n’ont pas constaté officiellement les actes pratiqués par les pompiers. « C’est aussi ce comportement qu’on dénonce, ce n’est pas aux policiers de décider si la famille doit porter plainte ou non », estime Simon Lamure. « D’abord la plainte doit être enregistrée, et ensuite l’enquête décidera s’il y a eu agression ou non. En attendant, il y a eu clairement une violation de domicile, et la mère est tuméfiée. » Soutenue par plusieurs associations, dont le DAL 63, la famille a finalement pu déposer sa plainte auprès du procureur de la république, et compte bien faire valoir ses droits.

Mais suite à l’avis d’expulsion, le centre Anatole France a désactivé les badges d’accès à leur logement. Un nouveau coup dur pour la famille, qui bénéficiait de cet hébergement en raison des lourds problèmes de santé des enfants. Si l’expulsion était confirmée, la famille devrait retourner vivre à l’ancien lycée Monanges, dont l’insalubrité est régulièrement dénoncée par les associations et les résidents.

Photo d’archives (janvier 2019)

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