Les animateurs de Clermont-Ferrand obtiennent de premiers engagements

Après une action massive vendredi dernier, les animateurs de Clermont-Ferrand se tiennent près à reconduire la grève. Ils ont rencontré Olivier Bianchi ce soir, mardi 25 février, pour demander la titularisation des agents.

Pas de réel contrat de travail, une absence de reconnaissance, des conditions de travail qui se dégradent… Les animateurs de Clermont-Ferrand ne supportent plus d’être des travailleurs jetables. Après des tentatives de négociations sans succès, l’heure est désormais à l’action. « Depuis 2015, nous travaillons avec des « actes d’engagement », c’est-à-dire sans contrat de travail. Nous devons être à la disposition de la mairie, mais on peut nous jeter du jour au lendemain », résument Sophie, Sébastien et Paco, du collectif Anim’ ton métier. « Pour les enfants, ça veut dire aucun projet pédagogique de long terme, aucune stabilité, des animateurs qui ne sont jamais les mêmes… Pour nous, c’est l’absence de sécurité de l’emploi, la possibilité de se retrouver sur le carreau en revenant d’arrêt maladie, des difficultés pour louer un appartement… » Une situation inacceptable et contraire au droit du travail, pour ces animateurs qui font entre autres tourner l’accueil périscolaire de 63 écoles de Clermont-Ferrand.

Rassemblés sous la bannière du collectif Anim’ ton métier depuis 2019, ils obtiennent l’année dernière cinq rencontres avec Olivier Bianchi, maire de la capitale auvergnate, suite à une pétition. « Ce qu’on demande est simple : la titularisation des animateurs de métier, et la contractualisation de ceux qui préfèrent rester en vacation », comme cela a été fait ces dernières années pour une centaine de responsable d’accueil de loisirs et de référents d’éducation. Mais pour l’instant, les réponses sont loin d’être satisfaisantes. La mairie a commandé une étude auprès du cabinet spécialisé Espelia, « sur l’analyse des métiers de l’animation et des modes de gestion », dont les conclusions doivent être rendues en septembre prochain. Un intitulé qui n’a rien de rassurant : l’inclusion des « modes de gestion » dans l’étude laisse craindre aux animateurs une externalisation de leurs services, qui éloignerait encore plus la possibilité d’une titularisation. Face à cette absence de réponse claire, les animateurs étaient 250 à débrayer vendredi dernier, arrêtant ou perturbant l’accueil périscolaire de plus de la moitié des écoles de la ville. « On ne pose qu’une seule question : les agents vont-ils être titularisés, oui ou non ? Monsieur le maire a encore son pouvoir décisionnaire jusqu’à la fin de la semaine, on veut une réponse maintenant. Si ce n’est pas fait, on continuera à se battre quel que soit le résultat des élections municipales. On n’est pas là pour faire de la politique, on veut simplement que nos droits soient respectés. »

Pour poursuivre les négociations, une délégation doit être reçue ce soir, mardi 25 février, à la mairie de Clermont-Ferrand… « On nous a confirmé que la réunion allait se tenir, les syndicats en ont aussi eu confirmation. Et là, on apprend que des animateurs ont été invités à « écouter un discours » d’Olivier Bianchi, et que leurs directeurs ont reçu la consigne de fermer plus tôt pour qu’ils y assistent. Il est 16 heures et on ne sait toujours pas ce qu’il va vraiment se passer ce soir ! » désespèrent les trois animateurs. Dores et déjà, une manifestation est prévue jeudi à 19 h 30, au départ de la place de Jaude. « Si le maire nous signe ce soir un accord sur la titularisation des animateurs, il sera le bienvenu pour boire un verre. Si ce n’est pas le cas, il y a un préavis de grève reconductible et nous sommes prêts à entamer d’autres actions pour nous faire entendre par Olivier Bianchi ou par le maire suivant, quelle que soit son appartenance politique ! »

Mise à jour à 21 h 20 : 
D'après un Claude du collectif Anim' ton métier, la réunion s'est terminée par des engagements oraux, mais sans l'accord écrit revendiqué. Olivier Bianchi a confirmé qu'il n'y aurait pas de délégation de service public, et se serait engagé oralement à mettre en place au cas par cas des titularisations et des contractualisations d'animateurs, ceux qui le souhaitent pouvant rester vacataires. Le nombre de personnes concernées, les modalités et les critères ne sont pas encore connus, laissant craindre peu d'impact réel. Des réunions avec les partenaires sociaux devraient à nouveau se tenir sur le sujet. L'action de jeudi soir est maintenue, et les grévistes proposeront des animations aux passants pour sensibiliser à leurs luttes. Ils se disent vigilants face à des engagements qui restent oraux, mais reconnaissent une avancée.

Photo d’illustration issue de la page “Anim’ ton métier CLFD”

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Publié le 25 février 2020
Écrit par Davy DELFOUR

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