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Les étudiants en sociologie veulent ouvrir en grand les portes de leur licence

Publié le 3 octobre 2018

Les étudiants en sociologie de Clermont-Ferrand ont envahi le bureau de leur Doyenne, hier. Ils demandent l’inscription des personnes refusées dans leur promotion à cause du dépassement du délai réglementaire.

Les cours ont commencé depuis quelques semaines à l’Université Clermont-Auvergne, mais il semblerait que certains étudiants n’en aient pas fini avec la galère des inscriptions. Des problèmes qui touchent notamment des cas de réorientation en licence de sociologie, et qui ont poussé les étudiants à se mobiliser, ce mardi 2 octobre. Une quarantaine d’entre eux se sont invités dans les bureaux de l’administration pour réclamer l’inscription des personnes laissées sur le pas de la porte.

Car plusieurs personnes se sont vues refuser l’entrée en première année, pour cause d’inscription hors-délai. Parmi elles, Katharina témoigne. « Après une première année d’architecture, j’ai voulu me réorienter. La procédure complémentaire de Parcoursup m’a inscrite en gestion, alors que je voulais faire de la sociologie. J’ai passé deux semaines d’allers-retours entre tous les services de réorientation que je connaissais pour être sûre de mon choix. Et à la fin on m’a répondu qu’il était trop tard pour s’inscrire en sociologie, qu’il n’y avait plus de place. » Et l’appui des enseignants n’y fait rien. Or, si la date butoir est bien dépassée depuis trois jours lorsque la jeune femme fait sa demande, la licence ne fait pas le plein, ce que confirme la direction de l’UFR PSSSE (entité administrative qui regroupe, entre autres, les licences de sociologie et de psychologie). « Ce refus n’était pas cohérent, on savait qu’il restait des places en sociologie », appuient Louise et Benoît, représentants syndicaux des deux promotions de sociologie. « Alors on a pris rendez-vous avec la responsable de l’UFR pour demander des explications, et trouver une solution. On a appelé les étudiants de socio à assister à cette réunion, pour montrer qu’ils sont solidaires avec celles et ceux qui veulent s’inscrire dans cette formation, et réaffirmer qu’il est important que tout le monde ait accès à l’enseignement supérieur. » Un discours qui porte ses fruits : près de quarante étudiants des deux promotions que compte la licence sont au rendez-vous, malgré les cours qui se tiennent au même moment. Outre le syndicat étudiant UNEF, le Bureau des étudiants (BDE) prend part à la mobilisation. « Il est important que le droit d’accès à l’enseignement ne soit pas remis en cause par une règle pour laquelle nous n’avons pas été consultés », estime Lou, présidente de l’association. « On veut aussi montrer que la licence de sociologie est capable de se mobiliser pour défendre ses droits et faire valoir ses valeurs. »

Car face aux revendications des étudiants, la direction de l’UFR reste d’abord inflexible, arguant que la date butoir ne peut pas être contournée. Un argument que réfutent les étudiants : pour eux, cette limite n’a pas été communiquée à l’extérieure de l’administration. « Cette date n’a jamais été affichée nulle part », s’agace Louise. « Même certains services de réorientation n’en avaient pas connaissance ! Comment voulez-vous que les étudiants la respectent ? Et la responsable de la licence, qui a fixé cette date, est d’accord pour passer outre et accepter les inscriptions. » Les représentants étudiants demandent l’inscription immédiate des trois personnes concernées par des demandes hors-délai. L’administration, elle, souhaite que le dossier soit traité par Réopass, un service inauguré avec Parcoursup. Mais d’autres problèmes se posent : la situation doit être dénouée avant le 8 octobre, date à laquelle s’arrêtent les inscriptions pédagogiques, deuxième partie de la procédure qui permet d’assister aux examens. De plus, Réopass est un dispositif récent, dont les compétences sont mal définies, qui n’a jamais fait ses preuves et qui n’offre aucune garantie.

Après une heure et demie de débat, un compromis est finalement trouvé : Réopass doit fournir une réponse définitive aux étudiantes non-inscrites avant jeudi 4 octobre, à 16 heures. Une réponse qui laisse les responsables étudiants sceptiques. « À l’heure actuelle, on n’est pas sûrs que Réopass ait la capacité d’inscrire ces étudiantes », regrette Lou. « Jusqu’à jeudi, je préfère faire confiance à l’administration. Mais si cette solution n’est pas fonctionnelle, la doyenne de l’UFR devra prendre ses responsabilités et valider l’inscription elle-même. » Une nouvelle entrevue entre les étudiants mobilisés et la responsable de l’UFR doit avoir lieu jeudi à 17 heures, soit une heure après la réponse attendue du dispositif Réopass.

Outre les trois cas portés à la connaissance des organisations étudiantes, une vingtaine d’autres demandes d’inscription hors-délai auraient été formulées pour la licence de sociologie. Ces personnes ne se sont pas manifestées par la suite, et l’administration assure ne pas être en capacité de les contacter. Si l’UNEF souhaite que tous les candidats puissent recevoir une réponse favorable, le BDE ne se prononce pas encore sur la question. « Nous n’avons pas encore pris position sur le sujet, mais nous les invitons à prendre contact avec nous pour qu’on sache de quoi il en retourne », confirme Lou. « Ce que nous souhaitons avant tout, c’est que la licence de sociologie puisse se construire dans un cadre serein. Il faut développer un échange continu et une relation de confiance entre les étudiants, les enseignants et l’administration. Quoi qu’il en soit, la licence de sociologie est désormais une force avec laquelle il faut compter. »

 

Davy Delfour

 

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