Repas solidaire pour la cause des migrants - La Cimade 63

Les repas solidaires de la Cimade 63 : un moment de partage et de soutien à la cause des migrants.

Chaque deuxième vendredi du mois, l’association La Cimade 63 de Clermont-Ferrand propose un repas solidaire ouvert à tous dans leurs locaux (ou au Jardin Lecoq si le temps s’y prête). À « l’auberge espagnole », chacun amène quelque chose à boire ou à manger, à partager autour d’anecdotes, des dernières actualités politiques et de tranches de vie. Retour sur cette organisation et leurs activités.

Ils étaient une douzaine ce vendredi 13 septembre assis dans l’herbe du Jardin Lecoq autour d’un festin haut en couleur et hétéroclite, à l’image des personnes qui composaient la tablée. À peine assise parmi eux, on me tend de la nourriture et une boisson. « Et on ne fait pas la fine bouche ici, tout a été préparé maison et avec amour ! » affirme ma voisine en récupérant les plats. Me voilà donc les mains pleines de crêpes au chocolat à poser des questions sur l’association, ses origines et ses actions. Pierre Saint-Amans, co-président de l’association locale avec Alice Beau et Simon Bonhomme, me répond avec le sourire et sans prétention « Ça fait un peu plus d’un an que nous avons lancé ces repas. Aujourd’hui c’est assez calme, mais parfois ce sont des familles entières qui viennent avec de quoi nourrir un régiment. Bien sûr, l’organisation réalise aussi beaucoup d’autres activités, allant de l’accompagnement juridique à des cours de langue ou encore le festival Migrant’scène, mais on trouvait important de pouvoir proposer un moment où se rassembler en toute convivialité pour discuter de choses et d’autres. »

En effet, peu de temps après, mes voisins me racontent leurs expériences. L’une avait hébergé une famille chez elle, il y a quelques années. Un autre se rappelle les débuts de l’association et d’avoir côtoyé des exilés espagnols sous le Franquisme.  « Chaque migrant a une histoire. » remarque cet homme de 80 ans. « Mais quand on écoute tous ces récits de vie, peu importe l’époque et l’origine, on se rend compte des similitudes dans les difficultés qu’ils ont rencontrées. Souvent, l’incompréhension et les idées reçues du pays d’accueil en sont les principales. C’est pour ça qu’il faut en discuter, et faire tomber les préjugés. » Depuis l’été 2018, ces Repas d’ici et d’ailleurs sont ouverts à tous et se déroulent chaque deuxième vendredi du mois à 19 heures dans leurs locaux au 13 rue Marmontel, ou au Jardin Lecoq si le temps est de la partie.

Pour la petite (ou grande) histoire, la Cimade 63 est une association implantée à Clermont-Ferrand depuis les années 1970 et constituée uniquement de bénévoles. Elle est la branche locale de La Cimade (Comité Inter-Mouvement Auprès des Évacués) créée en 1939 à l’aube de la Deuxième Guerre Mondiale pour venir en aide aux populations évacuées d’Alsace et de Lorraine. Depuis, cette organisation nationale s’adapte aux enjeux de son époque, élargissant ses actions à la lutte contre les inégalités et toute forme de discrimination. Elle accompagne et défend les exclus, témoigne et interpelle les pouvoirs publics et les consciences.

En novembre cette année, La Cimade fêtera ses 80 ans. « Il y aura une grande campagne de sensibilisation avec plusieurs actions dans les espaces publics. On espère faire un maximum de bruit » déclare Simon Bonhomme, co-président de La Cimade 63. « Et pour le programme de cette nouvelle année scolaire, au sein de notre groupe local, l’action principale restera l’accompagnement juridique. Mais nous continuons les différents types d’actions menées jusqu’à présent : cours de Français Langue Etrangère, interventions dans les prisons, aide à l’hébergement, sensibilisation et atelier argumentation, repas solidaire, ainsi que les cercles du silence. »

« Notre ressenti général de ces derniers mois est que la préfecture est de plus en plus dure avec les « étrangers ». Nous constatons vraiment la différence avec les personnes que nous soutenons. »

Simon Bonhomme, co-président du groupe local de la Cimade 63

Revenant sur la question du campement de la place du 1er-Mai, Simon explique qu’avec l’aide des associations locales (dont Clermont Fait Monde, DAL 63, HSSF 63) et des citoyens, « la plupart des demandeurs d’asile ont été relogés dans des structures d’accueil. Un groupe composé de personnes célibataires loge encore au gymnase où il avait été déplacé après l’évacuation de la place du 1er-Mai. Les familles et les enfants, quant à eux, ont pour certains trouvé refuge chez l’habitant ou dans des hôtels. Ces situations sont néanmoins très précaires. Beaucoup de ces familles sont depuis déboutées du droit d’asile, les laissant sans logement et possibilité d’aide. Sans oublier l’éventualité d’être expulsées à tout moment. » 

Prochainement, La Cimade organise le Festival Migrant’Scène qui se déroulera à Clermont-Ferrand du 16 novembre au 14 décembre. Une bonne occasion de découvrir l’association et de se plonger au cœur des débats sur les enjeux migratoires, en France comme ailleurs, à travers différents événements : expositions, concerts, cinéma, conférences, etc. Pour plus d’informations : www.facebook.com/LaCimade63 ou www.migrantscene.org

Les cercles du silence se déroulent tous les troisièmes jeudis du mois à 18h30 sur la place de Jaude. Ces rassemblements marquent de manière pacifistes leur désapprobation envers les politiques migratoires actuelles.  

Photo d’illustration fournie par www.facebook.com/LaCimade63

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