Les résidents du CROUS en lutte contre la hausse des loyers

Ce mardi premier octobre, le CROUS de Clermont-Ferrand a voté l’indexation de ses loyers sur un indice calqué sur l’inflation. Déjà précarisés de toutes parts, les résidents des cités universitaires ont entamé la bataille pour conserver leurs logements à tarifs sociaux.

1037 : c’est le nombre de signataires de la pétition du syndicat étudiant UNEF contre l’indexation des loyers du CROUS sur l’indice de référence des loyers (IRL). Celui-ci, basé sur l’inflation, suit l’évolution des prix des biens de consommation. Ce sont donc 25 % des résidents de toute l’académie qui se sont exprimés contre cette modification en seulement 4 jours. Et pour cause : une telle indexation a pour effet une augmentation systématique des loyers à chaque 1er janvier, là où, auparavant, il appartenait au CROUS de décider de réévaluer ou non le montant chaque année. Cette politique, déjà en cours pour les bâtiments dont le CROUS n’est pas propriétaire, a été étendue à l’ensemble des cités universitaires clermontoises. Fragilisés par la baisse des aides au logement (APL) et la hausse générale du coût de la vie, les étudiants connaissent une précarité grandissante et ont décidé de ne pas se laisser faire. Opposé à toute augmentation, l’UNEF estime que le CROUS renonce à sa mission de service public.

« On est déjà dans une période où on retrouve de plus en plus d’étudiants sans-domicile, ou qui sont obligés de se salarier pour étudier », rappelle Anna Mendez, présidente du syndicat local. « Face à cela, la mission du CROUS est d’assurer à toutes et tous des conditions de vie dignes pour étudier, avec des logements à tarif social. L’indexation sur l’IRL, c’est l’abandon pur et simple de cette mission, et la condamnation des étudiants à une précarité toujours plus grande. Et ça se fait sans la moindre information à l’intention des résidents, qui ont juste le droit d’observer l’augmentation sur leur prélèvement. » La décision est d’autant plus grave que ses conséquences ne se limitent pas aux résidences étudiantes : si les chambres en cités universitaires augmentent, il y a fort à parier que le parc privé suive, débarrassé de la concurrence du service public.

Pour protester, une délégation d’une vingtaine de résidents, accompagnés de militants de l’UNEF, s’est rendu devant le conseil d’administration du CROUS devant statuer sur cette indexation, ce mardi. « On s’est retrouvés face à un service de sécurité mobilisé expressément pour nous empêcher de rentrer », raconte Anna Mendez. « C’est complètement inédit : même lors de fortes mobilisations, le CROUS n’a jamais utilisé ce genre de méthode pour empêcher les résidents de s’exprimer lors d’un conseil. Il faut croire que la répression de ses usagers est la nouvelle politique du CROUS de Clermont-Ferrand. » Une équipe de sécurité qui interroge d’autant plus qu’elle était accompagnée d’un agent des renseignements, et que l’action n’a fait l’objet d’aucune communication publique.

Malgré tout, un représentant syndical a pu rentrer pour déposer les pétitions et porter la voix des résidents. Après une heure de débat, le conseil d’administration a voté pour l’augmentation (à 12 voix contre 10 et 2 abstentions). Pour la présidente de l’UNEF, cette décision fait suite à des pressions nationales. « Légalement, le CROUS a tout à fait le droit de refuser d’appliquer l’indexation sur l’IRL. Mais il y a une volonté d’harmonisation entre les CROUS sur la question. Il y a clairement eu des pressions dans ce sens. » Malgré ce vote, les résidents n’ont pas abandonné la bataille, et tiendront une assemblée générale le 15 octobre, à 18 h 30 dans la cité universitaire Dollet pour décider des revendications et des modes d’action. Le syndicat, lui, demande le gel des loyers à partir du 1er janvier 2020. « Jean-Jacques Genévrier, le directeur du CROUS, et le nouveau recteur dont c’était le premier conseil d’administration s’enferment dans une politique d’application qui fait d’eux les fossoyeurs du service public. On est de ceux qui relèvent la tête pour l’intérêt général, et par là pour l’intérêt commun des étudiants ; on ne les laissera pas faire. », prévient la syndicaliste. « Et s’il faut aller jusqu’à la grève des loyers, on ira jusqu’à la grève des loyers. »

Photo fournie d’illustration par l’UNEF Auvergne

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