Les salariés de Clermont-Auvergne-Métropole mobilisés pour leurs salaires

Publié le 25 octobre 2018

Plus d’une centaine de salariés ont investi le siège de Clermont-Auvergne-Métropole, ce matin. Ils demandent une augmentation de leur régime d’indemnité, pour compenser les pertes dues à l’inflation et au gel de leur point d’indice.

La colère gronde, chez les travailleurs de la métropole clermontoise. À l’appel d’une large intersyndicale regroupant la CGT, FO, la CFDT, Solidaires, la FSU et l’UNSA, ainsi que de la CFTC, plus d’une centaine de salariés se sont rassemblés à 8 h 30 ce matin devant le siège de collectivité. « Un comité technique doit se tenir pour voter le Régime indemnitaire des fonctionnaires de l’État (Rifseep) », explique Nicole Sininge, secrétaire générale de la CGT Clermont-Métropole. « Ce que nous demandons, c’est une revalorisation de ce régime indemnitaire pour atteindre 100 euros de plus par mois dans quatre ans. » Car pour ces fonctionnaires, la situation ne cesse de se dégrader depuis le gel de leur point d’indice, en 2010. « Avec l’inflation, nous avons perdu 9 % de pouvoir d’achat depuis cette date », dénonce le syndicat. « On préférerait évidemment une augmentation du salaire plutôt que du Rifseep, qui n’est pas pris en compte dans nos retraites. Mais face au refus de Macron de négocier, on mène les batailles localement pour améliorer la rémunération des travailleurs. » En dehors de l’intersyndicale mais néanmoins présente ce matin, la CFTC abonde dans le même sens. « Le Rifseep a été créé pour compenser des salaires insuffisants », rappelle Guy Dugne, représentant du syndicat. « Maintenant, le gouvernement veut créer différents groupes de rémunération : 4 pour la catégorie A, 3 pour la B et 2 pour la C. En multipliant les groupes dans les catégories, on va créer des sous-métiers. » Il rappelle qu’une augmentation du régime indemnitaire avait été promise au moment de la création de la métropole, et n’a jamais été mise en place. Les organisations craignent également des pertes de salaire pour les agents qui touchent la prime d’insalubrité, remise en cause par les réformes en cours, et qui concerne les travailleurs subissant les plus mauvaises conditions de travail.

Pour faire entendre leur voix, les salariés investissent le bâtiment aux alentours de 9 h 15. Une délégation est d’abord reçue par Olivier Bianchi, président de la métropole. Mais les négociations tournent court : « Il ne veut pas lâcher un centime ! » annoncent les syndicalistes après seulement quelques minutes d’entrevue. Face à ce refus, c’est dans la salle de conseil où doit se tenir le comité technique que les grévistes poursuivent leur action. L’heure qui suit ressemble à une pièce de théâtre, avec Olivier Bianchi dans le rôle de l’avare. Il rentre, il sort, revient, ouvre la séance, la referme faute de quorum. Les syndicats réclament une nouvelle entrevue pour tenir « de vraies négociations ». « Je ne réponds pas quand je suis pris en otage ! », déclare Harpagon avec force références à la glorieuse Révolution française et à la constitution. Il tente le coup de l’accusation en manipulation politique, change de place, ressort de la salle pour consulter son agenda, revient en plaisantant, et annonce qu’il recevra de nouveau une délégation le jour-même à 16 heures. Les travailleurs repartent, l’intersyndicale les appelant à revenir à l’heure du rendez-vous. Pour eux, la bataille ne fait que commencer : une grève reconductible est déclarée dans différents secteurs les vendredis, samedis et dimanches des prochaines semaines. « À cause du contrat de Cahors, ce n’est que le début de ce genre de mobilisations », relève Florent Naranjo, conseiller municipal d’opposition (France insoumise) venu soutenir les grévistes. « Ce contrat empêche les collectivités d’augmenter leur budget de fonctionnement de plus 1,2 % par an. Dans un contexte d’inflation, d’augmentation du prix de l’énergie etc., ça oblige à taper dans la masse salariale, dans les subventions aux associations… Demain, il y a un hiver rigoureux qui oblige à mobiliser plus d’agents, il va falloir rogner sur autre chose pour ne pas dépasser cette limite de 1,2 %. » Dans la fonction publique, la bataille pour une meilleure rémunération promet d’être longue…

Davy Delfour

 

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Publié le 25 octobre 2018
Écrit par Eloise LEBOURG

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