luttes-sociale.jpg

Manifestation du 29 novembre, place de la République

C’est une histoire à deux voix, et à double image. D’un côté, la préfecture envoie le film de ses caméras de surveillance aux médias Mainstream, afin de dénoncer le saccage du mémorial. De l’autre, des journalistes indépendants préfèrent aller filmer avec leur propre caméra.

Une même journée, une même manifestation, mais deux histoires.

Nous allons vous raconter l’autre, celle qui n’a pas été vue par les journalistes embarqués par la police pour un reportage lisse.

Nous avons filmé de l’intérieur, du côté des manifestants.

La manifestation a deux objectifs : D’abord, dénoncer une COP21 qui se fait sans les populations, et dans l’entre soi des dirigeants de la planète. Peu d’associations y sont invitées, aucune ne se fait d’illusion. 
Ensuite, la manifestation revendique le doit de manifester, et veut montrer l’incohérence de l’état d’urgence qui interdit les regroupements. 
Des milliers de gens se rejoignent donc place de la république, des militants, des écolos, des encartés, mais aussi des citoyens, des enfants, des jeunes et des personnes âgées.

Il est difficile d’entrer sur la place. Les CRS laissent entrer pratiquement un par un les manifestants. Puis, une fois sur la place, les gens se retrouvent encerclés. Une marche se met en route autours de la statue de la place, joyeuse, déterminée, clamant son envie de défiler, de s’exprimer, scandant des chants et des slogans pour dénoncer la mascarade qu’est cette COP21. Après quelques tours de la place, le convoi s’engouffre dans une avenue, très rapidement bloqué par une horde de policiers surarmés. Les chants s’intensifient, quelques chaussures sont lancées entrainant immédiatement une réponse violente et brutale à coup de gaz, de coups de matraques. Voyant qu’il est impossible de passer à cet endroit, le convoi reprend sa marche autours de la statue, constatant que chaque artère est vérouillée. Les accès sont cette fois bloqués de toute part. Un nouveau face à face avec les forces de l’ordre se cristallise, nouveau lancer de chaussures et de nouveau réponse agressive et totalement disproportionnée des policiers qui en plus des matraquages, du gaz lacrymogène,envoient des grenades de désencerclement et tirent sur les militants avec les flashballs et envoient en l’air des grenades de gaz en cloche et pour certaines de l’autre coté de la place, engendrant d’important mouvements de panique. S’en suit une bataille rangée ou certain(e)s utilisent cette fois des bougies comme projectiles. Une minorité qui est stoppée par la majorité des personnes présentes qui forment une chaine humaine autours de la statue. De ci de la, on croise des groupes de policiers, masqués, gantés et tout de noir vétus, sans brassard… Curieux…
Petit à petit, les forces de l’ordre avance en ligne pour évacuer la place, mattraquant, insultant et gazant, sans sommation, toutes les personnes qui osaient rester sur la place. Des gens se retrouvent à terre, d’autres pleurent, sont blessés pendant que la police piétinent les objets et fleurs déposés autours de la statue sans vergogne, avec de nombreuses réactions indignées des citoyens présents.

Dans un coin de la place, un groupe d’environ 200 personnes, notamment d’Alternative Libertaire et du NPA, se retrouvent totalement pris au piège et ne peuvent pas bouger, parqués, à ciel ouvert. 
Un par un, ils sont embarqués, parfois très violemment et de manière systématique. Certains sont relâchés mais la majorité est emmenée au poste. Autour, la police écarte et repousse loin du regard les citoyens présents.

Chacun repart, certains les yeux rougis par les lacrymogènes, d’autres avec les marques de flash-balls, ou de matraques, beaucoup choqués par ce qu’ils ont vu et vécu. D’autres sont emmenés (341 interpellations) ou placés en gardes à vue (près de 320 au final).

Pourtant, on ne parle d’aucun blessé dans le rang des manifestants, mais de dix blessés du côté des forces de l’ordre, pourtant protégés par leur bouclier et armure.

0 réflexion sur “Manifestation du 29 novembre, place de la République”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *