Misère et droits de l’enfant : « il faut interpeller les adultes »

La journée mondiale du refus de la misère a lieu demain, jeudi 17 octobre. Un collectif d’associations fait le lien avec le 30e anniversaire de la convention internationale des droits de l’enfant et mobilise plus de 400 jeunes clermontois pour une exposition.

« Engagez-vous pour mes droits ! » Sur l’affiche du Collectif du 17 octobre, le message est clairement destiné aux adultes. « Ce sont les garants des droits de l’enfant, c’est eux qui par leurs réussites et leurs échecs font que certains sont privés de droits par la misère », expliquent Dominique Ferrand (ATD Quart-Monde) et Roland Lebeau (Francas du Puy-de-Dôme). Car cette année, le collectif a décidé de mettre en lien la journée mondiale du refus de la misère avec le 30e anniversaire de la convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), le 20 novembre.

Pour cela, le collectif a mobilisé plus de 400 enfants d’écoles clermontoises et de centres de loisirs de la ville. « Avec des interventions et la distribution de guides pédagogiques, on amène les enfants à réfléchir sur la question des droits et de la misère. Ils vont ensuite écrire des messages sur des oiseaux de papier, pour s’exprimer sur le sujet. » Ces oiseaux seront exposés au fur et à mesure de leur réalisation, à partir du 17 octobre et jusqu’au 20 novembre, dans la salle des colonnes de la mairie de Clermont-Ferrand. « Ce n’est que quand l’oiseau a toutes ses ailes, c’est à dire quand l’enfant a tous ses droits, qu’il peut s’envoler. L’objectif est de donner la parole aux enfants et la porter jusqu’aux adultes, mais aussi de faire prendre conscience aux enfants que certains vivent mieux que d’autres, que les droits ne sont pas les mêmes pour tout le monde à cause de la misère. »

Pour une initiative qui se veut rassembleuse, le collectif préfère ne pas aborder les débats trop brûlants des différentes réformes en cours : diminution des aides sociales, durcissement des conditions d’accès à l’assurance chômage, refonte du système de retraites ne seront a priori pas évoqués, malgré leur impact probable sur la pauvreté en France. Ce qui n’empêche pas les associations de dénoncer une situation française perfectible. « Il y a trois millions d’enfants dans la misère au niveau national », rappelle Dominique Ferrand, « et la France a fait l’objet de remarques sur l’application de la CIDE. En particulier, il y a des difficultés d’accès à l’enseignement pour les gens du voyage et les demandeurs d’asile qu’il faut dénoncer. Il faut un véritable projet de société inclusif, dans lequel tout le monde a sa place. »

https://www.okpal.com/mediacoop/#/

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *