La première “Quinzaine clermontoise du Commerce Équitable” se place sous le signe de la transition écologique

Mêlant une vision sociale des échanges commerciaux à une pratique saine de l’agriculture, le commerce équitable s’installe progressivement dans la consommation française. Localement, la première “Quinzaine clermontoise du commerce équitable”, qui a lieu du 11 au 26 mai 2019, entend éveiller les consciences citoyennes en se plaçant sous le signe de la transition écologique.

 

« Quand on agit pour le commerce équitable, on agit aussi pour le climat ! ». Voilà l’essence même du message porté à l’occasion de la dix-neuvième édition de la “Quinzaine du commerce équitable”, un temps fort célébré chaque année dans toute la France.  Pour Clermont-Ferrand, cette campagne annuelle de sensibilisation et de mobilisation – initiée en 2001 par le collectif national “Commerce Équitable France” – est une première. Pendant deux semaines, plusieurs manifestations (cliquez ici pour voir le programme) viendront ponctuer cet évènement solidaire et social avec la mise en lumière des acteurs locaux militant en faveur d’un système commercial plus juste.

Pour mener à bien cette action, “LieU’topie” et “Clermont Auvergne Métropole” ont uni leur force pour co-organiser la première “Quinzaine clermontoise du Commerce Équitable”. Selon l’aveu de Geoffrey Volat, co-fondateur de “LieU’topie”, la préparation de cette édition locale s’est faîte dans la précipitation. Cependant,  la tenue d’un tel évènement lui paraît comme primordiale afin de susciter des réactions concrètes de la part du politique et du grand public.

« Le commerce international et national a créé des inégalités qui s’accroissent de plus en plus. Si la notion de “commerce équitable” est effectivement liée aux enjeux économiques, elle n’est pas étrangère aux enjeux climatiques. C’est une façon de remettre en cause radicalement l’économie de marché tout en donnant la possibilité aux producteurs de recourir à des pratiques saines pour la nature »

« Nous avons la chance d’avoir un contact direct avec les producteurs »

 

A cette première “Quinzaine clermontoise du Commerce Équitable”, participeront entreprises, collectivités,  associations et militants du cru[1]. Parmi tous ces acteur locaux, se trouve “Les marchés de Max et Lucie”, une épicerie en ligne (doublée d’une épicerie de quartier) tenue par deux jeunes auvergnats, fervents défenseurs des produits locaux. Avec le souhait d’agir à leur échelle, les convictions de Max et Lucie semblent correspondre en tout point aux critères caractéristiques du commerce équitable. Privilégiant le circuit court, ces deux passionnés du terroir participent activement au maintien de l’agriculture et à l’artisanat de proximité.

« Nous avons la chance d’avoir un contact direct avec les producteurs. Ce sont eux qui fixent leurs prix et nous nous adaptons en fonction. Pour la rentabilité, nous appliquons une marge qui va de 30 à 35 pour cent. Si le producteur rencontre un problème quelconque, on va acheter le produit plus cher. A contrario, si la rentabilité pour le producteur est bonne, il va nous vendre le produit moins cher ».

De cette façon, Max et Lucie s’adaptent aux désagréments rythmant la vie professionnelle des producteurs. Dans ce cadre là, ces derniers bénéficient d’une rétribution plus juste, ce qui leur permet de vivre décemment de leur travail en étant eux-même auteur de leur modèle de développement. Dès lors, participer à la “Quinzaine clermontoise du Commerce Équitable” s’avère, pour eux, un bon moyen de promouvoir un système commercial alternatif  en compagnie d’autres secteurs d’activité. Le but principal étant de rendre accessible ce modèle respectueux de la nature et de l’humain à l’ensemble des citoyens.

 

« Il faut se méfier de tous ces labels qui empêchent d’agir librement »

 

Sur ce projet, la présence de “Clermont Auvergne Métropole” aux côtés de “LieU’topie” n’est en aucun cas liée au hasard. En effet,  Geoffrey nous apprend que « l’administration locale auvergnate envisage de déposer une candidature en octobre afin d’obtenir la labellisation “Territoires de Commerce Équitable”». Dans ce cas précis, la “Quinzaine clermontoise du commerce Équitable” apparaît pour la métropole comme une aubaine afin d’acquérir une nouvelle étiquette “écolo-compatible”. A ce propos, l’un des représentants du mouvement Alternatiba 63 nous a fait part de son scepticisme à l’égard de cette démarche.

« Il faut se méfier de tous ces labels qui empêchent d’agir librement. Il ne faut pas que cela devienne une caution politique. D’autant plus que je trouve bizarre que cette labellisation puisse être attribuée avant même d’avoir agit concrètement ».

Malgré tout, cette action à la fois citoyenne et politique n’est que le point de départ d’un plan d’action beaucoup plus large gravitant autour de la notion de “commerce équitable”.  Pour Geoffrey, ça n’est qu’une première étape. Surtout qu’à travers la promotion des pratiques plus égalitaires et solidaires, l’objectif visé est de faire connaitre au grand public l’ensemble des initiatives citoyennes déjà existantes localement. 

 

 

[1]“Youth for climate” ; “Les Marchés de Max et Lucie” ; “Flax : Café textile” ; “Collectif Climat 2020” ; “Parc Oasis” ; “Projet Alimentaire Territorial” ; “Alternatiba 63” ; “Nature Progrès Auvergne” ; “Anis étoilé” ; “Terre de liens Auvergne” ; “Bio 63” ; “La Doume : Monnaie locale d’échange” ; “La Coop des Dômes”, etc.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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