Ras-le bol social : les lycéens s’y mettent aussi

Plusieurs lycées de Clermont-Ferrand étaient bloqués ce matin, suite à un appel national de l’Union nationale lycéenne (UNL). Dans la capitale auvergnate, revendications syndicales et soutien aux Gilets jaunes ont mobilisé plusieurs centaines d’élèves. Le mouvement a subi une sévère répression, et plusieurs lycéens grévistes ont été arrêtés.

La tension sociale est à son comble, et le gouvernement n’en a pas fini avec les mouvements sociaux. Alors que Gilets jaunes et syndicats doivent manifester séparément à Clermont-Ferrand demain, ce sont les lycéens qui ont battu le pavé ce matin, vendredi 30 novembre. L’appel national lancé par le syndicat lycéen UNL revendique l’annulation de la réforme du bac, de la loi ORE (qui instaure la sélection via Parcoursup), de la réforme du lycée professionnel et du projet de Service national universel (SNU), ainsi que l’augmentation du budget de l’enseignement secondaire. Mais dans la capitale auvergnate, d’autres mots d’ordre s’ajoutent à ceux-là. « Les lycéens se sont ralliés parce-qu’il y a un raz-le-bol », explique Salah, connu parmi les lycéens comme une figure du mouvement contre la loi ORE. « La plupart des terminales iront à la fac l’année prochaine. Certains ne sont pas français, et les frais d’inscription pour eux vont aller jusqu’à 2.700 euros. » Le jeune homme dénonce également la réforme du bac et la loi ORE, mais exprime aussi son soutien aux Gilets jaunes. À ses côtés, ses camarades abondent : « Les taxes sur les taxes sur les taxes, au bout d’un moment ça nous met dans la merde ! », confirme Isaac. « Bien sûr, il faut que l’État récupère de l’argent. Mais ce qu’on veut c’est décrocher notre bac tranquillement, sans se dire qu’après il faudra payer toujours plus. Il faut que ça s’arrête. » Une inquiétude qui semble largement partagée parmi les lycéens mobilisés, majoritairement élèves au lycée Ambroise Brugière, qui accueille un public issu de classes populaires. Malgré ce soutien aux Gilets jaunes, Salah insiste : « C’est un mouvement 100 % jeune. Les organisateurs ont entre 13 et 18 ans, et on est aussi là sur nos mots d’ordre à nous. » Un peu à la traîne, les élèves du centre-ville ont pour quelques-uns suivi le mouvement. « Il y a Blaise Pascal, Jeanne d’Arc, Sidoine Appolinaire, Ambroise Brugière, et peut-être Amédée Gasquet » liste Lisa. S’il est difficile d’y voir clair sur le nombre de participants aux blocages, les différents témoignages évoquent 500 à 2.000 lycéens mobilisés.

Il est également difficile de savoir qui a organisé les blocages locaux, alors que personne ne semble avoir croisé les militants clermontois de l’UNL ce matin. « On a reçu l’info de la part de lycéens qu’on connaît. Le mouvement était organisé à l’avance, mais pas par des organisations syndicales ou politiques », confirme Sarah, militante de l’UNEF venue soutenir les lycéens. Mobilisés sur les réseaux sociaux, les élèves d’Ambroise Brugière bloquent la rue devant leur établissement dès 7 h 30. Aux alentours de 9 heures, ils quittent les lieux en direction du lycée Sidoine Appolinaire, pour inciter les élèves à se mobiliser. « Une fois arrivée devant, les flics ont commencé à nous gazer », poursuit Sarah. « Ils ont coupé le rassemblement en deux et ont arrêté au moins deux personnes à ce moment-là, de manière assez musclée. » Une nouvelle intervention violente a lieu un peu plus tard, alors que le cortège se trouve au niveau de l’avenue Carnot, sur la route du lycée Blaise Pascal. « Devant Jeanne D’Arc, ils nous ont forcés à prendre une petite rue, et ils nous ont à nouveau encerclé et gazé » ajoute la militante. Les lycéens retournent alors devant Sidoine Appolinaire, où ils restent peu de temps. Ils repartent  ensuite en direction de la place Delille, où ils se rassemblent. Certains proposent de se rendre devant le commissariat pour exiger la libération des gardés à vue. Mais le projet tourne court, et la foule se disperse aux alentours de midi.

À l’heure actuelle, on ne sait toujours pas si les blocages seront reconduits lundi, et aucune assemblée ne s’est tenue. Mais certains évoquent déjà la possibilité que le mouvement lycéen réussisse à faire converger, du moins dans ses soutiens, les Gilets jaunes et les organisations syndicales. Au moins deux jeunes ont été interpellés durant la matinée, et certains participants évoquent cinq arrestations.

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