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Repair Café, l’association de réparation fête ses deux ans

Depuis deux ans, le Repair Café de Clermont-Ferrand propose aux visiteurs de venir gratuitement réparer des objets et des vêtements. Le but est de minimiser les déchets et éviter la consommation de ressources liées à la fabrication de nouveaux produits. Alors que les mobilisations pour le climat suivent leurs cours à travers le monde, voici une action citoyenne discrète mais efficace en faveur de la cause environnementale.

« Alors, dites-moi, quel est votre problème ? Comment pouvons-nous vous aider ? » On se croirait presque à l’accueil d’un secrétariat médical. Ce ne sont pourtant pas des soucis de santé que l’on soigne au Repair Café de Clermont-Ferrand, mais les défauts de matériels informatique, mécanique ou de vêtements. Ordinateurs, radios, machines à café, jeans, les visiteurs arrivent les bras chargés pour faire la queue au 10 rue de Bien-Assis ce dimanche 29 septembre. Et même si la douzaine de bénévoles présents sont fort occupés à ausculter les organes d’objets en tout genre, on vous accueille avec sourire et savoir-faire.

L’association clermontoise fêtait en septembre ses deux ans d’existence. Elle fait partie d’une communauté de près de 2000 Repair Cafés dans le monde, projet lancé à l’origine aux Pays-Bas en 2009. À Clermont-Ferrand, elle accueille chaque mois une trentaine de visiteurs « L’association ouvre ses portes tous les derniers dimanches du mois », explique Miriam, bénévole chargée de l’accueil. « Nous proposons un service de consultation et de réparation gratuite des petits électroménagers et des vêtements, c’est-à-dire tout ce qu’on peut apporter sur place. L’équipe se compose d’une vingtaine de bénévoles, chacun avec ses spécialités selon sa profession ou ses hobbies : informatique, télécommunication, couture, administratif, etc. » 

« Le principe est simple : on ouvre l’objet, on le consulte et on le répare si c’est possible. Durant toute l’opération, les visiteurs sont présents et accompagnent le bénévole, afin de lui permettre aussi de comprendre le mécanisme. » Il arrive parfois qu’il faille changer une pièce spécifique pour la réparation. Dans ce cas, son achat est à la charge du visiteur. Il peut alors soit prendre bonne note des conseils du spécialiste pour tenter la réparation lui-même, soit revenir avec la pièce à remplacer. Pour le reste, ce sont les bénévoles qui apportent leur propre matériel de bricolage et l’association offre quelques éléments de base : fils, capteurs, etc. Tout est gratuit, mais les participants sont invités s’ils le veulent à faire un don selon leurs moyens.

« Aujourd’hui, chez les réparateurs professionnels ou dans les magasins d’électroménagers, la devise qu’on entend souvent est que ça coûterait plus cher de réparer que d’acheter du neuf, alors que la plupart du temps, c’est tout à fait possible de récupérer un objet. »

Miriam, bénévole organisatrice

L’obsolescence programmée des biens industriels n’étonne plus personne. Pourtant, elle n’empêche pas les consommateurs de revenir acheter périodiquement les mêmes objets. Apprendre à les réparer est devenu un acte environnemental en soit, mais c’est aussi une manière de consommer plus intelligemment et à moindre coût. « Le but de l’association est évidemment de diminuer les quantités de déchets. Chaque objet réparé est pesé, afin de pouvoir présenter dans nos rapports annuels le nombre de kilos sauvés des déchèteries. » Sur le site internet du collectif Repair Café, nous pouvons lire que l’ensemble des Repair Cafés dans le monde a évité 350.000 kilos de déchets en 2018, et estime à 8,5 millions de kilos le CO2 épargné dans notre atmosphère. À Clermont-Ferrand, c’est plus de 70% des objets apportés qui sont réparés ou diagnostiqués.

Isa, venue pour réparer son IPhone, en sort ravie. « J’ai l’habitude d’acheter en seconde main, mais avec les téléphones, je commençais à désespérer de devoir acheter du neuf. Je suis arrivée ici sans trop savoir s’ils allaient pouvoir faire quelque chose. Mais bonne surprise ! On l’a rallumé et il fonctionne ! En plus de faire du bon boulot, tous les bénévoles sont vraiment sympas et attentifs. Ça donne envie de revenir et d’en parler autour de soi. » Et pour les bénévoles, « c’est aussi une manière de rencontrer des gens, tout en pratiquant son hobby » déclare Frédéric, technicien en analyse chimique arrivé depuis peu à Clermont-Ferrand. L’association cherche d’ailleurs des nouveaux membres, pour s’occuper de la réparation ou de l’administratif. « Il n’y a pas d’engagement. Le principe est de faire tourner l’équipe, pour que cela reste avant tout un plaisir. » explique Ludivine, l’une des fondatrices du Repair Café clermontois.

Mais si l’association espère s’agrandir, elle espère peut-être aussi changer de local, nous confie Ludivine. « Nous avons le projet de trouver une salle partagée. Cela nous permettrait de stocker du matériel et, si le nombre de bénévoles continue à augmenter, de pouvoir aussi proposer des évènements plus régulièrement. » Car une petite surprise attendait les organisateurs ce dimanche 29 septembre : leur étagère, qui contenait des documents et du matériel avait tout simplement disparu. Le local, prêté par la mairie une fois par mois à l’association, n’a pu en garantir la sécurité et l’enquête est toujours en cours.

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