RESF 63 appelle à manifester samedi 18 mai pour dénoncer « La chasse aux migrants » qui s’intensifie dans le Puy-de-Dôme

La question de l’immigration est une nouvelle fois agitée par certains partis politiques en cette période pré-électorale. A deux semaines du scrutin européen, un large mouvement associatif tire la sonnette d’alarme en appelant à la mobilisation pour mettre un terme à une politique migratoire stigmatisante. Face à l’urgence de la situation, “RESF 63”  entend exprimer sa colère à l’occasion de la manifestation organisée à Clermont-Ferrand, le samedi 18 mai. Pour protester contre « la chasse aux migrants », le cortège se rassemblera à 14 heures sur la Place de la Victoire. 

 

Conférence de presse à l’initiative de RESF 63 sur les marches de la Préfecture de Clermont-Ferrand

A l’aube des élections européennes, associations (“DAL 63” ; “Cimade 63” ; “LDH” ; etc.), syndicats (“CGT 63” ; “UNEF Auvergne”) et partis politiques (“Génération-s” ; “Europe Écologie Les Verts”; etc) répondront présent le 18 mai à l’appel lancé par “RESF 63”. Unis, ils manifesteront contre la politique migratoire nationale et européenne jugée “inhumaine” par bon nombre . A Clermont-Ferrand, depuis l’arrivée de la nouvelle préfète Anne-Gaëlle Baudoin Clerc, « la politique réservée aux migrants s’est considérablement durcit » comme le signale Simon, membre du “DAL 63” (Droit Au Logement 63), lors de la conférence de presse organisée le 15 mai devant les marches de la Préfecture… Un lieu hautement symbolique !

Dénonçant l’indifférence totale de l’État face aux sans abris, le “DAL 63” nous apprend qu’une famille, accompagnée d’enfants mineurs, s’est retrouvée à la rue il y a quelques jours. « Aucune réaction de la part de la Préfète. Il faut trouver une solution d’hébergement en hôtel car la misère arrive très vite pour bon nombre d’entre eux. Personne n’a intérêt à ce qu’un nouveau camps se constitue. Pourtant, c’est ce qui risque d’arriver si personne ne réagit ». Finalement, une  solution a été trouvée par la mairie. Désormais, la famille dort au chaud, hébergée dans une chambre d’hôtel. Pour autant, aucune solution durable n’a été pensée pour venir en aide à ceux et celles qui, sans toit, croupissent encore sur le pavé.

C’est la raison pour laquelle “RESF 63” souhaite alerter l’opinion publique dans le but de trouver provisoirement un moyen de loger ceux et celles qui, sans toit, doivent faire face à des conditions de vie insoutenables.

 

« Face à l’indignité, organisons la solidarité »

 

“Non à l’Europe forteresse. Solidarité avec les migrante.s”

A Clermont-Ferrand, depuis la fin de la trêve hivernale (31 mars), plusieurs familles ont été jetées à la rue, sans la moindre solution de logement. Bien qu’elles puissent compter sur la solidarité et la générosité de quelques âmes bénévoles, ces dernières s’épuisent à la tâche. « Bien souvent, il s’agit d’une solution provisoire qui permet à ces familles de souffler un peu. Les bénévoles font ce qu’ils peuvent. Ils se substituent au rôle du pouvoir public car c’est à ce dernier de prendre en charge les migrants. Ils se contentent seulement de les expulser » déplore le co-président de la “Cimade 63”.

Pour ne pas dormir dans la rue, d’autres se réfugient dans des squats menacés de démantèlement. C’est notamment le cas du “Squat du 5 étoiles” abritant une cinquantaine de jeunes mineurs isolés. Andrée, membre de “RESF 63” s’indigne face aux conditions de vie de ces gamins dont la minorité est, la plus part du temps, contestée. « Certains vivent dans des squats, d’autres croupissent dans des hôtels jusqu’à ce qu’ils soient mis à la rue. L’Aide Sociale à l’Enfance ne fait pas son boulot pour prendre en charge ces mômes. Ils attendent des mois et des mois une réponse, enfermés dans leur chambre d’hôtel et ils finissent par devenir majeur » tempête-t-elle.

 

« On construit des lois pour empêcher les gens d’accéder à leurs droits »

 

Une fois majeurs, ces jeunes sont livrés à eux-mêmes, sans aides efficaces de la part des pouvoirs publics. Début mai, une proposition de loi, concernant l’accompagnement de jeunes majeurs vulnérables, a pourtant été votée à l’Assemblée nationale. Toutefois, celle-ci est vivement décriée, notamment par Mohanad Al Abbas, délégué général Auvergne de la “Ligue des Droits de l’Homme” (LDH). Militant depuis 29 ans, ce dernier affirme avec regret que le texte en question a été vidé de sa substance.

«  Si initialement, la loi doit permettre à un jeune majeur d’être pris en charge par le département au lendemain de sa majorité, un amendement ajouté à la dernière minute vient complexifier l’affaire ». Andrée, hors d’elle, vient préciser la pensée de Mohanad. « Ces jeunes pourront bénéficier de ce droit à une seule condition. Il faut qu’avant leur 18 ans, ils aient été pris en charge par l’ASE 18 mois consécutif. Ce qui n’est jamais le cas. On construit des lois pour empêcher les gens d’accéder à leurs droits ».

 

« Ce n’est plus de la politique mais de l’acharnement institutionnel » 

 

Manifestation – Samedi 18 mai – 14H – Place de la Victoire

L’attention accordée aux personnes laisse souvent place à la gestion complexe des dossiers. Les procédures se rallongent et les demandes d’asile ont de moins en moins de chance d’aboutir. Si en théorie, certains peuvent bénéficier d’un récépissé d’une durée de quelques mois, dans les faits, ce droit tarde à se faire valoir… Or, dans l’attente interminable de leurs papiers, hommes, femmes et enfants continuent de vivre dans la précarité.  Pour les associations, « ce n’est plus de la politique mais de l’acharnement institutionnel.  Munis d’un récépissé, bon nombre d’entre eux pourraient envisager de travailler ou de s’inscrire à l’université pour poursuivre leurs études ».

A cet égard, Anna, présidente du syndicat étudiant “UNEF Auvergne”, fustige une forme de « ségrégation sociale et raciste ». Au fait du processus administratif, cette dernière rappelle que la Préfecture a la possibilité de délivrer des titres de séjour pluri-annuels afin que les plus jeunes puissent accéder à l’Université. Or, les démarches sont complexes et longues souligne t-elle. « Le temps que le tribunal administratif valide la décision de la Préfecture, on a eu certains cas où les réponses sont arrivées un an et demi plus tard ».

Face à la “chasse aux sans papiers” et au “repli sur soi”, “RESF 63” entend répondre “solidarité” et “égalité” à l’occasion de la manifestation qui se tiendra à Clermont-Ferrand le samedi 18 mai, à 14 heures… Pour dire « Non, à l’Europe forteresse ! » et dénoncer l’inefficacité du système “Dublin” obligeant chaque migrant à voir traiter son dossier dans le premier pays européen où il a mis les pieds.

 

Le Réseau Éducation Sans Frontière 63 se réunit tous les lundis à 18 heures au centre Jean Richepin. Ces réunions sont ouvertes à toutes et à tous.

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