Vacances de Mediacoop !

Ca fait toujours bizarre de lâcher prise…Et c’est parfois bien difficile…Partir, se forcer même parfois…Histoire de se ressourcer, d’oublier un peu, mais pas complètement que tout continue, et quand on est journalistes, c’est encore plus difficile de ne pas s’accrocher à l’actu.

Mediacoop ferme donc une petite semaine. Même si Sébastien continue son travail à Sauxillanges. Nous ne répondrons pas aux mails, nous ne couvrirons pas l’actu, juste une petite semaine. Et ça nous paraît énorme. Davy rentrera le 29 juillet et pourra de nouveau être sur le terrain. Eloïse rentrera le 5 août…

Nous sommes une coopérative, pas une grande entreprise de presse. A trois ou quatre, nous faisons tourner la boutique que nous tenons, il faut bien le dire en faisant des heures sans compter, et nous impliquant véritablement, dans nos valeurs et nos engagements. Le plus dur est de savoir dire Stop.

Mais, l’année qui s’achève ne nous aura pas épargnés : une lutte acharnée contre le Bastion Social, avec menaces de mort contre Eloïse, la couverture des Gilets Jaunes, notre frilosité d’abord puis notre soutien et surtout notre incompréhension face à l’attitude des autres médias, d’autres menaces de mort pour un drapeau antifa au sommet du Puy-de-Dôme. En parallèle, nous avons continué notre travail d’éducation aux médias dans les établissements scolaires : Appolinaire, Lafayette, Godefroy de Bouillon, Le collège la Charme, lycée Brugière, LEAP d’Ennezat. Nous avons fait notre film avec les jeunes de la PJJ et avons accompagné le film de Jérémy et Ben, dans la production et assurerons sa diffusion à la rentrée. Discrètement et sans un bruit, nous avons aussi amorcé un nouveau film. Un film sur ces salariés qui perdent leur vie à la gagner…Il paraît qu’un bout du film sera présenté à la fête de l’Huma !

Faut bien vous l’avouer, parfois on a été désespérés quand il a fallu couvrir le campement du 1er mai, quand il a fallu recueillir le témoignage d’une femme battue, quand il a fallu raconter encore une fois les violences policières sans autre effet que de recevoir des insultes.

Parfois on a été comblés par les festivals qui nous ont ouvert leur porte, par les salles de cinéma pleines pour nos films, par des mots gentils par des commentaires rassurants, par vos témoignages de sympathie quand Stéphane a fait de la garde à vue alors qu’il filmait une manif des Gilets Jaunes.

Pourquoi avons-nous décidé de faire ce métier? De cette façon? De façon libre et indépendante, engagée et rebelle…Parce qu’à bien y réfléchir, on ne peut pas faire autrement, on ne peut faire abstraction de ce que l’on est pour écrire ce que l’on voit et ce que l’on nous récite. On ne peut pas faire semblant. Etre journaliste ce n’est pas porter un costume trop grand pour soi. Etre journaliste c’est avoir suffisamment de place pour la partager avec d’autres, c’est profiter de ses prises de parole pour raconter la vie des autres. Mais toujours à travers soi…Sinon c’est tricher.

L’objectivité n’existe pas, bien au contraire, ceux qui l’inventent parfois tuent le peu d’humanisme qu’il reste entre les hommes. Ne pas être d’accord, se fâcher, être en colère ou en joie, mais être soi. Pour l’autre. Avec lui. Avec elle.

Ce soir, on raccroche nos ordinateurs, nos caméras et nos micros, et on s’en va…pas forcément loin, mais on s’échappe, quelques jours, en vous demandant pardon par avance, pour les combats qu’on va louper, pour les drames qu’on ne pourra pas couvrir, pour les larmes qu’on ne pourra pas recueillir et pour les joies qu’on ne partagera pas.

Mais pour rester soi, pour rester journaliste humaniste, pour être à l’écoute, pour ressentir de l’empathie, pour vivre les bonnes colères et les belles luttes, il faut aller bien, être serein…Ce bien-être là, on le vit avec les nôtres, avec ceux qui récoltent notre parole à nous, ceux qui ne nous voient pas comme journaliste, mais comme amoureux-s-e, comme ami-e, comme mère. Et qui parfois vous envient d’être au coeur de nos vies…

Pour être soi, il faut se nourrir d’essentiel, de partage, d’amour, de silence et de jolis chemins, d’aventures et de répit…

Vous êtes tous de magnifiques rencontres, tous le fruit de nos articles, de nos pensées politiques et de nos réflexions sur la société…

Mais ce soir, on vous délaisse, on part se remplir d’amour pour vous en refiler dès qu’on revient…

Et nos retrouvailles n’en seront que meilleures…

Et puis bien sûr, on ne pourrait pas terminer sans vous demander si dans votre porte-monnaie vous n’auriez pas quelques monnaies qui traînent. Mediacoop est une coopérative construite des mains de ses salariés, sans patron, sans actionnaires. Nous sommes ric-rac chaque année et vous pouvez découvrir gratuitement une autre actualité, des films, des reportages…Bientôt cela ne sera plus possible si nos lecteurs ne nous aident pas…

Alors voilà, pour cette nouvelle année que nous avons passé ensemble, pour ces films que vous avez vus, pour ces reportages que vous avez lus, ce serait drôlement sympa de mettre un peu de sous dans la cagnotte. Et merci à ceux qui depuis des mois voire des années versent tous les mois un peu de leur argent…profondément, ça nous touche, ça nous donne raison…ça nous remercie, ça nous protège, ça nous intensifie, ça nous libère…ça nous unit…ça nous réunit…

Faites attention à vous, ne restez pas trop au soleil, ne mangez pas trop de homard, ne polluez pas trop la planète, faites du sport, faites l’amour, et surtout pas la guerre…mais faites la gueule un peu quand même…et puis faites rire…

Soyez libres et heureux, soyez présents, soyez joyeux,

et soyons prêts tous ensemble pour tout ce qu’il nous reste à vaincre, à lutter, à combattre, mais aussi à espérer, à rêver et même à gagner !

Belles vacances à tous….

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