Au Centre de Français Langue Étrangère : des conditions d’accueil et de travail indignes

Rue Carnot, les enseignant.e.s du Centre FLEURA se sentent oublié.e.s par l’université. Alors que leur mission de transmission du français est primordiale, leurs conditions de travail et d’accueil des apprenants se dégradent.

Mardi dernier, nous recevions un mail. Le Centre FLEURA (Français Langue Étrangère et Universitaire en Région Auvergne) se met en grève. Demain, une grande partie de l’équipe pédagogique ne fera pas cours pour dénoncer la dégradation du fonctionnement du Centre.

Un lieu essentiel

Le Centre FLEURA propose des cours de français à des étudiants étrangers. Les élèves viennent d’autres pays, sont des réfugiés, des conjoint.e.s venu.e.s d’ailleurs ou encore des étudiants Erasmus ou intégrés dans un cursus plus long. Les apprenants peuvent être envoyés là par Pôle Emploi ou par leur entreprise pour apprendre la langue. « Ceux qui veulent intégrer des formations mais qui n’ont pas le niveau de français suffisant aussi. », complète Rosa-Ana, enseignante au Centre.

Différents publics pour différents cursus

Le Centre Fleura propose des diplômes universitaires de langue Française et de spécialité et des parcours d’études françaises plus ou moins approfondies. Mais ici, « On a des profils très différents, des gens vont suivre un cursus, d’autres ne prennent que des cours du soir… », explique Rosa-Ana. En effet, outre des parcours classiques, le Centre propose des cours, des stages mais gère aussi l’accueil de réfugiés qui ne parlent pas français, anime des activités culturelles et gère un dispositif de parrainage par des étudiants français qui permet de profiter du patrimoine local et régional.

Des moyens insuffisants

Si ses missions sont essentielles, le fonctionnement du Centre FLEURA est à la peine. Le personnel dénonce entre autres des incohérences de management et un manque de considération de ses revendications. Un encadrement conflictuel qui provoquerait un mal-être collectif. « On a un service qui ne mène pas sa mission à bien. Les choses sont mal organisées et faites dans la précipitation. Nous ne sommes pas entendus lorsque nous rencontrons des problèmes. On ne se sent pas soutenus et notre expertise n’est jamais entendue. Les choses ne se font pas dans la collégialité, on nous impose des décisions. », développe Rosa-Ana.

Des conditions d’accueil indignes

En effet, le personnel déplore une baisse de la fréquentation des étudiants. « Du coup, on s’inquiète de la place que nous donne l’Université. On est peu visibles et on ne sait pas ce qu’on prévoit pour nous. On a l’impression que rien n’est fait pour que ça bouge. », constate l’enseignante. Elle et ses collègues se sont vus expliquer que l’important n’était plus de démarcher à l’étranger mais de « s’occuper des gens qui sont déjà là ».

Rosa-Ana explique : « On peut arriver dans un cours du soir et se retrouver face à 39 apprenants. C’est impensable. On ne peut même pas tous s’installer. Personne ne peut prendre la parole. ». À côté d’elle, sa collègue confirme : « On peut se retrouver avec des classes nombreuses puis dédoublées puis rassemblées à nouveau. L’emploi du temps change à chaque fois et est donné au dernier moment aux enseignant.e.s et aux étudiant.e.s. ».

Demain, la grève.

Demain, mardi 11 octobre, avec le soutien de FO ESR et SNESUP-FSU, une grande partie des 18 enseignant.e.s du Centre se retrouveront à 11h30 devant le siège de la présidence de l’université boulevard François Mitterrand. « On sera vers nos locaux car on a envie de rencontrer les étudiants s’ils veulent nous poser des questions puis on fera une délégation devant la présidence de l’université, on veut que le côté politique et interne soient représentés. », concluent les deux enseignantes.  

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2 réflexions sur “Au Centre de Français Langue Étrangère : des conditions d’accueil et de travail indignes”

  1. il apparait curieux que des changements d’organisation aussi fréquentes aient lieu.
    Un des principes de l’organisation est bien de prévoir un fonctionnement régulier, lisible et anticipé.
    EN tout cas les conséquences sur le travail sont telles que le travail devient impossible à réaliser.
    Est ce que les instances régulatrices sont convoquées normalement comme des comités techniques ou commission sur l’organisation du travail ( ex CHSCT).
    Sans ces espaces de paroles et d’échange, rien ne pourra vraiment s’arranger.
    Et ce sont bien les salariés qui ont les connaissances permettant de fixer une organisation compatible avec les missions.

    1. Bonjour Charlie,
      je suis enseignante au centre FLEURA. Depuis plus de 2 ans et demi, nous avons tenté de faire remonter ces dysfonctionnements aux services compétents comme la cellule de veille RPS, CHSCT…finalement et grâce à l’intervention des syndicats, des préconisations ont été votées en juillet de cette année en CHSCT…qui n’ont pas été appliquées par notre direction cette rentrée…réponse du DGS : une erreur de l’administration centrale !
      Aujourd’hui, suite à notre rassemblement devant la Présidence de l’université, nous avons été reçu en petite délégation…à suivre…

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