Métabatik : la ressourcerie qui démonte et réemploie les matériaux inspire EELV.

Ce matin à 9h, les fondateurs de Métabatik présentaient leur association, une ressourcerie de matériaux de construction, à la candidate EELV pour la région, Fabienne Grébert. Cette dernière visite les différentes initiatives économiques locales et écologiques de la région.

Jean-Heudes et Damien sont les fondateurs de l’association Métabatik. Crée en mars 2019, l’association a pour but de redonner vie à des matériaux de chantier. Pour cela, elle trouve des partenariats avec des entreprises, des architectes mais aussi des collectivités pour collecter, stocker et revendre ces « déchets ». « Au lieu de recycler, c’est-à-dire broyer les matériaux pour les réutiliser sous une autre forme, nous on les réemploie. On les démonte proprement et on les réutilise directement. » explique Jean-Heudes. L’association tente de répondre à la loi économie circulaire promulguée le 10 février 2020 et dont une des mesures, qui sera mise en application le 1er janvier 2022, concerne le gaspillage des déchets du bâtiment. C’est la Responsabilité Élargie du Producteur (REP). Et comme l’exposent les fondateurs, c’est bénéfique pour tout le monde : « Les entreprises qui ont des déchets nous payent pour qu’on les récupère, mais on reste une alternative moins coûteuse que la déchetterie. Ensuite on revend les matériaux 50 à 70% moins cher que sur le marché, soit à des entreprises, soit à des particuliers. Et ça coûte aussi moins que le recyclage. » En plus d’être une initiative écologique et économique pour tous, l’association s’inscrit aussi dans une économie locale. « On veut rester un service local car pour nous ça ne sert à rien de déconstruire ici pour envoyer les matériaux à Lyon. »

Métabatik souhaite aussi, à terme, créer des emplois. Un salarié a déjà été embauché en juin dernier, un second le sera dans un mois, et un troisième est déjà envisagé. « Ce seront des CDI. Le premier salarié travaille sur les partenariats de collecte des matériaux. Le second s’occupera de sensibiliser le public à nos actions et objectifs. Le troisième s’occupera de tout ce qui est réalisation de collecte, stockage et revente des matériaux » précise Damien. Mais Métabatik est déjà en lien avec plusieurs entreprises d’insertion pour les premiers chantiers. « Elles peuvent répondre à des demandes ponctuelles quand on doit faire une collecte par exemple et qu’on a besoin de main-d’œuvre. Ça nous enlève le poids d’une masse salariale qu’on ne peut pas payer pour le moment » poursuit Damien. Mais comme l’association n’en est qu’à ses débuts, elle ne collecte pour le moment que les matériaux très facilement réutilisables, comme les tuiles, les fenêtres, les portes… Donc lorsque la collecte concerne des matériaux qu’ils ne maîtrisent pas encore, Damien et Jean-Heudes font appel à des entreprises de déconstruction. « On est aussi en lien avec pas mal d’architectes et des ateliers de bricolage pour les fournir en matériaux de récupération. On répond aux enjeux de demain et beaucoup de gens qui travaillent dans le BTP ont conscience de ces problématiques et s’y intéressent » termine Jean-Heudes. Métabatik a donc pour objectif de faire vivre toute la filière du BTP locale qui souhaite devenir éco-responsable : De la collecte à la revente, elle permet de faire des économies aux entreprises, architectes et particuliers.

Fabienne Grébert, candidate EELV pour les élections régionales de mars 2021, s’intéresse donc à ce genre de projets et s’en inspire pour préparer ses propositions, son budget si elle est élue. « Il faut aller à la rencontre des projets innovants qui rentrent dans le programme qu’on défend. On doit s’inspirer de ce qui se fait déjà et donner des coups de pouce à ces initiatives. Les solutions pour une économie locale et respectueuse de l’environnement existent déjà mais on doit aider à les développer, donner confiance, montrer que l’écologie c’est l’avenir. » exprime la candidate. Pour mieux présenter le projet de l’association, Damien et Jean-Heudes emmènent la candidate devant la Muraille de Chine de Clermont-Ferrand. « Nous sommes en discussion avec Eiffage pour récupérer des matériaux pendant la déconstruction de l’immeuble. » commence Jean-Heudes. La candidate demande alors quels matériaux l’association souhaite collecter. « On veut récupérer ce qui est facilement réutilisable donc il y a une sélection à faire. Mais par exemple, on veut récupérer les panneaux solaires thermiques, installés en 2007. C’est très facile à remettre en bonne marche. » répond Jean-Heudes. « On veut aussi démonter les menuiseries et les fenêtres qui ne sont pas trop vétustes » poursuit Damien. La candidate, emballée, propose même une autre idée : « Vous pouvez aussi réutiliser les volets non ? On peut même en faire des placards. » Option confirmée par les fondateurs de Métabalik. Quant aux poteaux de béton, Jean-Heudes explique qu’il y a deux options possibles: « Soit on teste leur capacité à redevenir des supports, mais en général ça coûte plus cher que d’en refaire des neufs, soit on peut en faire du mobilier urbain en le posant à l’horizontal sur le sol. Comme des bancs, et là, pas besoin de test. » Mais pour l’instant, ce sera Eiffage qui broiera le béton, ce qui permettra de faire des sous-couches pour les routes par exemple.

La candidate interroge ensuite Damien et Jean-Heudes sur leurs autres projets. Deux chantiers sont en cours, celui de la muraille et un autre avec la mairie : « Le toit de la Halle aux blés, qui accueille aujourd’hui le FRAC (fonds régional d’art contemporain de la région Auvergne), doit être rénové. On collecte donc les tuiles. On a même déjà trouvé un architecte pour les racheter » présente Damien. Enfin, Fabienne Grébert demande comment l’association stocke ces ressources destinées à être réemployées. « On a une plateforme de 2 000 m² vers Puy Long, sur un ancien site de compostage. C’est petit, mais c’est bien pour commencer » argumente Damien. « Le but est de collecter assez de matériaux pour qu’un jours, les gens viennent flâner le samedi et qu’ils trouvent tout ce qui leur faut pour rénover leur maison à bas prix. Comme ils le feraient dans un autre magasin mais accessible à tous. » conclut Jean-Heudes.
Pour la ressourcerie Métabatik, c’est important d’avoir une reconnaissance de leur projet et de l’économie circulaire du bâtiment par les pouvoirs publiques. « L’économie circulaire du bâtiment existe et doit se développer. Ce type de rencontres permet d’inciter les élus à s’intéresser à nous et de nous aider à nous développer. » Quant à Fabienne Grébert, aucun doute : la région doit s’engager à financer des formations dans ce sens, à « mettre en place des normes à respecter, des subventions mais aussi des conditions pour les projets comme celui-ci. On ne donnera plus un sou à des entreprises sans avoir en contrepartie des engagements sociaux et écologiques. Il faut développer l’économie locale et respectueuse de l’environnement. »

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