Terra Preta, l’association qui voulait sensibiliser sur la gestion de nos ressources

Et si nos déchets créaient notre propre énergie? C’est la question à laquelle Aurélien et Denis ont répondu par l’affirmative. Quittant leur boulot respectif, ils se lancent dans un grand projet: les bio-gaz. explications. 

9 heures, la rue saint-Dominique de Clermont-Ferrand se réveille. Les restaurateurs sortent leur table, les badauds traînent devant les vitrines. Aurélien, Denis et aurélie sont assis au Kafé Niho, le patron y sert du café turc ou grec, sucré ou salé. La matinée est froide mais Aurélien et Denis s’amusent de tout même du marc de café ou des somnanbules encore endoloris par l’alcool qui cherchent leur route. «  J’étais conseiller à la banque postale, pour te dire comme j’avais une vie de rêve! » Petit rire. Denis renchérit:  » Et moi, j’étais informaticien« . Un jour, les deux clermontois, amis d’enfance, s’interpellent l’un l’autre: «  Nous avions l’envie de servir à quelque chose, de laisser des choses concrètes. » 

Sur un terrain qu’on leur prête, les deux amis s’amusent à tester la nature. «  On a acheté nos graines Kokopelli, et zou… » s’amuse Auréliien. Ils font leurs expériences, cultivent leur potager en plein milieu de la forêt.  » Nous avons étudié l’écosystème, les implantations, nous avons vraiment eu une approche respectueuse de l’environnement. Nous stockions l’eau de pluie, nous couvrions le sol et en associant les plantes de certaines façons, nous avons régulé nos besoins en eau et en énergie. » Lâchons le gros mot, les deux salariés se mettent à la permaculture,  » la vraie, hein, pas celle des clichés des baba-cool« .

Au bout de 5 ans, Denis et Aurélien signent en même temps leur rupture conventionnelle. C’était il y a un an et demi. «  Il fallait que l’on se pose, que l’on réfléchisse à la direction que nous donnerions à notre vie. » Ils s’investissent dans  » les jardins de Fontgiève », un jardin partagé du centre de Clermont-ferrand. «  Là, on teste la mise en place d’un bac de bio-déchets, c’est un franc succès, les gens se l’approprient rapidement. on détecte un besoin non comblé. » les deux compères se demandent alors comment valoriser tout ça. 

«  Le bio-gaz ( méthane)  est une energie qui permet de chauffer de façon écologique, et qui pourrait être utilisé pour le gaz de ville. Sur notre territoire, il est nécessaire de valoriser nos bio-déchets. » 

Surtout qu’ici, tout près de clermont-Ferrand, un incinérateur a été construit avec une unité de méthanisation qui ne tourne pas à plein régime, par manque de matières ( bio-déchets) non triés.  » Cet incinérateur a été construit pour des raisons d’argent, par les fonds publics, Valtom, mais n’est pas rentable en l’état. Actuellement, il n’existe aucun acheminement prévu pour les bio-déchets (NDLR: épluchures, tonte d’herbe…) , et quand vous avez la chance d’avoir une poubelle verte, et donc une maison individuelle, les déchets se décomposent et perdent leur potentiel énergétique…le mélange des épluchures avec les tailles de jardin (riches en carbone ) fait perdre une partie du potentiel énergétique de cette ressource. En effet, le tri, puis l’acheminement au digesteur laisse le temps aux bio-déchets de commencer à se décomposer libérant ainsi du méthane qui ne pourra pas être valorisé. » 

A Clermont-Ferrand, aucune chance de croiser une poubelle verte, dans le centre-ville.  » cela nécessiterait l’ajout de nouveaux bacs dans les immeubles et une nouvelle tournée de bennes pour les récupérer. Or le réseau de collecte est déjà saturé. Et puis, il faut le dire, ce n’est pas la priorité politique de la ville, l’écologie » affirment les deux amis. «  Nous, nous voulons développer un maillage de collectes sur le territoire, des points d’apport volontaires un peu partout, notamment dans les jardins partagés et par ce biais sensibiliser la population sur l’environnement.. Mais, nous attendons toujours l’autorisation municipale pour obtenir le premier terrain. » 

Pour les désormais deux chômeurs, si l’unité de déchets détournés offre une compensation financière, cela ne suffira pas pour les salarier, mais c’est sans compter leur incroyable investissement. » On va créer une champignonnière, tu te moquais de nous et de notre marc de café tout à l’heure, mais en récupérant le marc dans les bars par exemple, on fera un magnifique substrat ( milieu de culture nutritif pour les champignons! On voudrait cultiver des herbes aromatiques et surtout développer l’éducation à l’environnement par le biais d’ateliers dans les écoles. Bref, on a des idées, il ne nous reste plus qu’à être suivis par les autorités locales. » 

En attendant les réponses de la municipalité et de l’agglomération afin de valider leur projet, l’association Terra Preta a répondu à l’appel au projets Valtom, vous pouvez voter pour eux en cliquant sur ce lien:

http://www.valtom63.fr/appel-a-projets/association-terra-preta-creation-despaces-de-collecte-des-biodechets-et-de-cultures-en-milieu-urbain/

 

Plus de renseignements sur http://terra-preta.fr

 

Eloïse Lebourg

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À propos de cet article

Publié le 11 septembre 2017
Écrit par Eloise LEBOURG
Éloïse Lebourg est journaliste. Après une école de journalisme reconnue par l’Etat et la profession, elle apprendra sur le terrain à déconstruire tout ce qu’on lui a appris. Après des détours par Charlie, France Inter, RTL ou RFI, elle se positionnera dès 2006 sur les radios associatives dans lesquelles elle œuvrera comme journaliste puis directrice d’antenne, jusqu’en 2014. Pigiste pour reporterre, Hexagones ou Politis, elle reviendra à ses premiers amours : l’enquête au long cours. Dès 2010, elle crée les Rencontres Nationales des Medias Libres et du Journalisme de Résistance qui se déroulent depuis, chaque année à Meymac en Corrèze, chaque dernier week-end du mois de mai. En 2015, elle crée avec Matthias Simonet, Mediacoop dont elle est la gérante-associée.

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