La grève scolaire pour le climat s’organise

Officiellement en lutte depuis l’assemblée générale de la semaine dernière, les jeunes clermontois mettent la main à la pâte pour réussir leur première journée d’action, qui a lieu vendredi. Ils se sont retrouvés hier, mercredi 13 mars, pour préparer pancartes et slogans.

Une rafale de vent s’engouffre sous le préau de la faculté de lettres, suivi d’un éclat de rires. Un étudiant rattrape in extremis un bout de carton transformé en palette de peinture. Sous la « baleine », comme l’appellent les habitués, une vingtaine de jeunes s’activent avec bonne humeur. On dessine, on peint, on coupe du carton, on fabrique des pochoirs… Mais ce n’est pas un banal atelier d’arts plastiques qui se tient : les collégiens, lycéens et étudiants construisent la grève scolaire pour le climat.

« Là, on prépare les pancartes qu’on distribuera dans la manifestation de vendredi », explique Lilian, collégien. Il a fait le déplacement depuis Ceyrat pour participer à la préparation de la première action de la jeunesse à Clermont. « C’est important de faire bouger les choses, pour que le gouvernement se préoccupe du climat. L’écologie n’est pas une priorité de l’État, il faut faire changer ça ! » Le jeune homme l’assure, son collège sera mobilisé vendredi. Comme lui, ses camarades de classe se sentent préoccupés par l’urgence climatique, et refusent de voir la planète dépérir sans rien faire.

« L’écologie n’est pas une priorité de l’État, il faut faire changer ça ! »

D’autres jeunes mettent déjà en avant des solutions. Lycéenne à Jeanne d’Arc, Isée prépare une pancarte qui appelle à une « économie symbiotique », d’après un concept de l’environnementaliste Isabelle Delannoy.« Ça consiste à regrouper toutes les alternatives qui sont basées sur la coopération et le respect de la nature, pour former une économie complète plus sociale, plus écologique et plus productive », explique-t-elle. « Je pense que les hommes sont capables de créativité et de compassion, il suffit d’utiliser ces capacités à bon escient. » Alors la jeune femme construit la lutte dans son établissement. « Il y a encore du boulot à faire, mais ça devrait se mobiliser plus que d’habitude. Il y a une prise de conscience de la jeunesse partout en Europe, et il faut y participer. La génération de nos parents a grandi pendant les trente glorieuses avec le capitalisme à son apogée. Il n’y a que la jeunesse qui peut faire changer ce modèle et éviter que l’humanité coure à sa perte. »

« Les hommes sont capables de créativité et de compassion, il suffit d’utiliser ces capacités à bon escient. »

Les initiatives se multiplient. Dès ce soir, l’école d’architecture de Clermont-Ferrand organise pour ses étudiants une « nuit pour le climat », avec projection de documentaire et débats. Des ateliers ouverts à tous y sont organisés vendredi toute la journée. Dans les autres établissements, la grève scolaire pour le climat commencera par des rassemblements à partir de 8 heures. Une manifestation partira à 10 heures de la place Delille. Elle fera une halte pour un pique-nique 0 déchets sur la place de Jaude à 12 h 30, puis rejoindra l’école d’architecture pour une participation aux ateliers à partir de 14 h 30. Le lendemain, une marche pour le climat appelée par plusieurs associations et rejointes par les gilets jaunes partira de la place des Salins à 13 h 30.

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À propos de cet article

Publié le 14 mars 2019
Écrit par Davy DELFOUR
Davy Delfour est journaliste. Après avoir fait ses premières armes dans un plus grand groupe de presse locale, il se spécialise avec Mediacoop dans la couverture des mouvements sociaux et de la vie associative locale. Fort d’un parcours atypique, formé sur le terrain, il enrichit son analyse en diversifiant son champ de connaissances. Issu d’une jeune génération de journalistes, il partage avec les élèves de l’éducation aux médias l’habitude d’un monde dominé par les outils numériques, dans lequel il faut apprendre à distinguer les opportunités intéressantes des nouvelles menaces.

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