Le Coronavirus, la France et les autres pays du monde

Alors que le monde doit faire face à une pandémie, nous avons décidé de nous intéresser aux différentes stratégies utilisées dans différents pays afin de comprendre pourquoi certains, pour l’instant, semblent plus épargnés.

185 pays touchés par le virus. Plus de 105 mille morts dans le monde. Presque la moitié des habitants (humains) sont confinés. Mais déjà certains pays lèvent certaines restrictions. Bien sûr, nous ne pouvons parler que des chiffres officiels, tout en sachant qu’ils ne représentent pas une vérité absolue. Néanmoins, si nous regardons les pays, comme la Suisse, qui a interdit les rassemblements dès le 28 février et fermé les écoles le 13 mars, nous nous rendons compte que le nombre de morts est de 895 pour plus de 8 millions 237 mille habitants. En Suède, pas de confinement, mais très tôt, les rassemblements sont déconseillés, les écoles restent ouvertes. Le pays déplore 700 morts. En Belgique (2000 morts) , le 14 mars, confinement, et dès le 14 mars, fermeture des lieux publics, établissements scolaires. Au Portugal (470 morts), les frontières sont fermées dès le 2 mars, Une chance peut-être pour le pays de n’avoir qu’un pays frontalier. En Autriche, le pays compte 319 morts et commence le déconfinement. Pourtant, le pays a été le berceau européen du virus dès le 11 mars. Le port du masque reste obligatoire malgré la levée de l’interdiction des gros rassemblements. En Grèce, le 1er cas a été recensé le 27 février, ce qui a entrainé immédiatement la fermeture des écoles et les interdictions de rassemblement. Le pays suivait de très près ce qu’il se passait en Italie et a donc réagi très vite. Aujourd’hui, le pays a enterré 83 de ses citoyens. Au Luxembourg, le 1er cas a été signalé le 29 février, le 17 mars, alors que le pays déplore seulement 140 personnes infectées, les écoles et commerces sont fermés. Une semaine avant déjà, le gouvernement appliquait de nombreux conseils sanitaires sur sa population, alors qu’il ne comptabilisait que 7 cas.

La France a vu ses trois premiers cas , le 24 janvier, mais le confinement n’aura lieu que le 17 mars, soit presque deux mois plus tard, alors que dès le 29 février, nous comptons nos premiers morts. Pourquoi la France a-t-elle autant tardé ? Le confinement semble avoir épargné les pays qui l’ont appliqué de façon précoce voire immédiate après la découverte des premiers cas. De plus, le port obligatoire des masques restent une explication quant à un plus faible nombre de morts dans certains pays. D’autres pistes semblent à étudier. En premier lieu, le nombre de lits en réanimation en France : 7000. En Allemagne, on en compte 25 mille. Ou encore le dépistage massif permettant d’isoler les cas contaminés et ainsi éviter la contagion.

Ainsi, la France est le 4 ème pays le plus touché au monde, après l’Italie, les Etats-Unis et l’Espagne. l’Allemagne compte 6 fois moins de morts. La France essuie, pendant cette crise sanitaire différentes polémiques comme la pénurie et même la disparition de nombreux masques, le manque de tests, les élections maintenues la veille de l’annonce du confinement et l’interdiction d’utilisation de l’hydroxylochloroquine. De nombreuses plaintes ont été déposées contre les membres du gouvernement, comme Edouard Philippe, Agnès Buzin ou Olivier Véran. Parmi les victimes du Covid-19, Frida Wallenberg, résistante juive ou Liliane Marchais, femme de Georges.

Malheureusement, le virus s’attaque aussi aux pays manquant cruellement de moyens, comme les pays d’Afrique noire pour lesquels, il est impossible d’obtenir des chiffres de contamination mais aussi, par exemple la Syrie. Ce pays en guerre depuis 2011 n’est pas épargné par le Covid-19. Ces hôpitaux ont pour la plupart été bombardés et Daesh a annoncé vouloir profiter de la crise sanitaire pour multiplier les attaques. En Palestine, la bande de Gaza recense déjà ses premiers contaminés sans avoir les moyens suffisants pour les soigner.

Mediacoop et le Coronavirus

Avec ce virus, nous pouvons nous rendre compte d’un certain repli sur soi, dû au confinement, mais aussi aux peurs. Les médias français ont une analyse ethno-centrée de la propagation de ce virus. Ce prisme coincé entre nos frontières ne permet guère une distanciation. Les français d’ailleurs restent très soucieux des chiffres de leur pays, voire de leur région, voire de leur département. En critique des médias, nous appelons cela la priorisation de l’information. Plus le phénomène est géographiquement proche, plus il nous concerne. Les 2 millions de personnes mortes de faim depuis le mois de janvier nous importent moins que les 104 mille morts du virus sur la même période. Et, c’est malheureusement normal, au vu de la hiérarchie de l’information distribuée dans les médias. Les JT sont exclusivement remplis par l’information en lien avec le COVID-19, oubliant que les guerres continuent, les incendies aussi.

Il est de plus difficile d’informer sur un fait nouveau, pour lequel nous n’avons pas de donnée. Aussi, on se rend compte que les informations ne sont donc pas fiables et que les réseaux sociaux n’aident pas. Chacun, par angoisse, éprouve le besoin d’émettre des pronostics sur les dates de déconfinement, etc. Or, il s’agit, de ne pas savoir. Et les journalistes autant que les autres. Voilà pourquoi à Mediacoop, hormis l’interview de professionnels et avec ce papier de données factuelles, nous nous interdisons la publication de toute forme d’enquête, billets d’humeur, ou autres reportages.

Il semble pour nous que le journalisme prend alors sa véritable fonction, celle d’agir dans le temps, avec recul, et de ne pas alimenter ni la peur ni l’inconscience des gens.

Nous sommes journalistes, certes, mais nous ne savons pas…Alors, nous préférons nous taire…

Dommage que d’autres, pseudo-experts, prennent la parole, remplissant vos écrans, réseaux sociaux ou journaux…

Soyons unis, les explications, les compréhensions et les analyses concrètes seront malheureusement pour plus tard…

Prenons soin de nous et de vous…

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À propos de cet article

Publié le 12 avril 2020
Écrit par Eloise LEBOURG
Éloïse Lebourg est journaliste. Après une école de journalisme reconnue par l’Etat et la profession, elle apprendra sur le terrain à déconstruire tout ce qu’on lui a appris. Après des détours par Charlie, France Inter, RTL ou RFI, elle se positionnera dès 2006 sur les radios associatives dans lesquelles elle œuvrera comme journaliste puis directrice d’antenne, jusqu’en 2014. Pigiste pour reporterre, Hexagones ou Politis, elle reviendra à ses premiers amours : l’enquête au long cours. Dès 2010, elle crée les Rencontres Nationales des Medias Libres et du Journalisme de Résistance qui se déroulent depuis, chaque année à Meymac en Corrèze, chaque dernier week-end du mois de mai. En 2015, elle crée avec Matthias Simonet, Mediacoop dont elle est la gérante-associée.

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