« Confinées mais pas bâillonnées », les Grandes gagnantes 63 préparent un 1er mai en musique

Confinement ou pas, le 1er mai sera une journée de luttes sociales. Dans ce contexte particulier, une quarantaine de « Rosies » puydomoises ont préparé un clip de combat à diffuser au balcon, pour faire savoir que la mobilisation continue.

Un bleu de travail et un ruban à pois dans les cheveux, issues des cortèges associatifs et syndicaux comme des rangs de manifestantes non-organisées, les « Rosies » sont devenues les figures de l’opposition féministe à la réforme des retraites. Réunies dans le Puy-de-Dôme dans le collectif des Grandes gagnantes 63, elles se sont rendues visibles par leurs chorégraphies sur des chansons aux paroles revisitées pour appuyer leurs revendications.

Pas question pour elles, donc, de laisser la crise sanitaire étouffer la contestation sociale. « Dès la deuxième quinzaine de mars, nous avons publié des photos de pancartes et de banderoles en tenue de Rosie », rappelle Geneviève Binet, membre du collectif et militante à Attac 63. « C’est le clip collaboratif de la Symphonie confinée qui nous a donné l’idée de faire la même chose pour le 1er mai. » Le principe : réécrire et mettre en chorégraphie et en images une chanson, pour en permettre la diffusion publique au jour de la fête du travail. L’œuvre sélectionnée : Les déterminé.e.s de la Compagnie Jolie Môme. « Il nous a fallu ensuite réécrire les paroles pour les adapter au confinement. Pour que la chanson ne soit pas trop longue, on s’est limitées à une dizaine de couplets. Les enregistrements ont déjà été faits, et deux camarades travaillent actuellement sur le montage. La vidéo devrait être disponible le 30 avril dans la journée. Elle sera envoyée à la presse et publiée sur notre page Facebook. »

Tout sera donc prêt pour un 1er mai sonore, puisqu’il est question de diffuser ce nouvel hymne aux balcons. « Ça démangeait beaucoup d’entre nous de sortir manifester, surtout en cette période où la liberté d’expression est bafouée », relève Geneviève, évoquant les gardes à vue pour des banderoles accrochées aux fenêtres. « Les camarades soignantes nous ont signalé que ce serait contre-productif. Mais plusieurs actions sont envisageables : on peut par exemple monter une enceinte sur un vélo pour diffuser la chanson en parcourant la ville, ou encore devant les magasins autorisés à ouvrir. » S’il faut attendre le 1er mai pour juger, à l’oreille, du succès de l’opération, sa préparation a déjà permis de remobiliser plusieurs dizaines de personnes, dont quelques unes à Limoges et dans le Poitou. Un bon moyen de maintenir les militants en éveil, pour que le jour d’après ne ressemble pas trop au jour d’avant. « On a très peur que rien ne change : le gouvernement continue d’attaquer les droits sociaux, les grandes entreprises en profitent pour demander à ne pas respecter les règles en matière d’écologie, la répression continue… » Du côté du mouvement social, les différents collectifs militants semblent majoritairement prévoir la reprise des actions pour septembre. « Mais on ne veut pas rien faire jusque là pour autant », prévient Geneviève. « On est confinées, mais pas bâillonnées ! »

Photo d’illustration fournie par le collectif Les grandes gagnantes 63

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À propos de cet article

Publié le 28 avril 2020
Écrit par Davy DELFOUR
Davy Delfour est journaliste. Après avoir fait ses premières armes dans un plus grand groupe de presse locale, il se spécialise avec Mediacoop dans la couverture des mouvements sociaux et de la vie associative locale. Fort d’un parcours atypique, formé sur le terrain, il enrichit son analyse en diversifiant son champ de connaissances. Issu d’une jeune génération de journalistes, il partage avec les élèves de l’éducation aux médias l’habitude d’un monde dominé par les outils numériques, dans lequel il faut apprendre à distinguer les opportunités intéressantes des nouvelles menaces.

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