Violences policières : « la seule différence avec les États-Unis, c’est l’hypocrisie »

Dans le contexte du mouvement international contre les violences policières et racistes, un rassemblement est appelé par plusieurs collectifs demain à 18 heures, place de Jaude. Pour Farid El Yamni, cet appel résonne comme un cri de révolte contre toutes les injustices.

À la suite des États-Unis, le mouvement de révolte contre les violences policières gagne la France, et Clermont-Ferrand n’est pas en reste. Depuis le début de la semaine, les collectifs militants multiplient les appels à se rassembler ce vendredi sur la place de Jaude, notamment autour du collectif Justice et vérité pour Wissam. « Ce rassemblement est particulier car il n’est pas à notre initiative ; il est le résultat des sollicitations venues de toutes parts ces derniers jours. Il y a véritablement une émulation collective et une envie pressante d’agir. Le comité est là pour accompagner cette volonté », éclaire Farid El Yamni, frère de Wissam et membre du collectif. Pour cet homme qui se bat depuis 8 ans pour faire la lumière sur le meurtre de son frère, « la vérité commence à faire son chemin » et la population est de moins en moins encline à accepter les injustices dont elle est victime. « La seule différence entre la France et les États-Unis, c’est l’hypocrisie : ici, on préfère répéter que l’impunité, le racisme et les violences n’existent pas, criminaliser la victime et faire voter des lois pour interdire la diffusion des vidéos qui les montrent. Mais ça ne suffit plus : l’histoire de Georges Floyd fait écho à celle de tous les noirs, celle de Wissam fait écho à celle de tous ceux qui lui ressemblent, qui ont grandi dans les cités… ». Des injustices qui vont au-delà des violences policières et de leur impunité, qui ne sont que « la partie visible de l’iceberg » pour Farid El Yamni. « Au-delà de ces questions, les gens veulent simplement qu’on respecte leurs droits. La manifestation est là parce qu’on refuse de les écouter. »

Un mouvement international qui fait d’ailleurs écho à l’actualité de l’affaire Wissam : mardi prochain, la famille El Yamni sera reçue par la chambre d’instruction pour demander à ce que soient entendus des témoins présents au commissariat lors de la mort de Wissam. « La juge d’instruction a toujours refusé de les entendre, préférant déléguer l’enquête à la police des polices comme elle le fait pour tous les dossiers qu’elle traite. Ce qui veut dire qu’à Clermont-Ferrand, la justice est prise en charge par le ministère de l’intérieur ; il n’y a plus de séparation des pouvoirs. »

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2 réflexions sur “Violences policières : « la seule différence avec les États-Unis, c’est l’hypocrisie »”

  1. Juste une précision, non pas pour contester aussi peu que ce soit ce texte mais pour « relativiser » malgré tout ce que dit son titre. La SEULE différence avec les USA n’est pas l’hypocrisie. Il y a aussi le niveau: les morts sont en France de l’ordre des dizaines alors qu’aux USA elles sont de l’ordre des centaines. Ce n’est pas rien.

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À propos de cet article

Publié le 4 juin 2020
Écrit par Davy DELFOUR
Davy Delfour est journaliste. Après avoir fait ses premières armes dans un plus grand groupe de presse locale, il se spécialise avec Mediacoop dans la couverture des mouvements sociaux et de la vie associative locale. Fort d’un parcours atypique, formé sur le terrain, il enrichit son analyse en diversifiant son champ de connaissances. Issu d’une jeune génération de journalistes, il partage avec les élèves de l’éducation aux médias l’habitude d’un monde dominé par les outils numériques, dans lequel il faut apprendre à distinguer les opportunités intéressantes des nouvelles menaces.

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