La goguette, le nouveau tiers-lieu du quartier de la gare

En ce mois de septembre, un nouveau lieu a vu le jour à Clermont-Ferrand, porté par Laura et Jonathan qui nous ont accueillis le temps des présentations.

Pas très loin de l’hôtel des vil(e)s, la Goguette a pris naissance en cette fin d’été. Il faut entrer dans une petite ruelle au bout de laquelle se découvrent un petit jardin et une belle maison à l’ancienne. Dehors, en ce jour ensoleillé, certains boivent un verre. A l’intérieur, le chef-cuisinier Simon nettoie sa cuisine ouverte sur une salle de restauration et le bar. « Citronnade maison ? » Laura accueille au bar en ce début d’après-midi. Le lieu a été totalement repensé par Jonathan, ancien architecte, parti de la région pour exercer à Paris différentes professions. Oui, mais, en Auvergne, on finit toujours par y revenir. Début 2019, il revient, accompagné de Laura qui a fait ses armes à la Défense grâce à une école de commerce et ensuite s’est initié au monde des start-up dans le domaine de la restauration. Jonathan lui travaillait à la recyclerie de Porte-Clignancourt. Ils prennent conscience qu’un autre monde est possible. Aussi, de retour à Clermont-Ferrand, ils étudient les différentes possibilités, s’engagent dans différents projets. « Nos grands-parents étaient paysans, on a eu besoin de renouer avec cet univers » explique Laura, « tout en s’implantant dans un lieu urbain. » Le quartier de la gare est parfait, différentes populations s’y côtoient quotidiennement. « Nous avons envie de reconnecter tous ces mondes entre eux. » Jonathan et Laura organisent alors des ateliers d’apiculture, de jardinage raisonné, de compost, mais aussi des moments de rencontres comme des projections, des concerts…« On touche tous les publics, on bosse avec les deux écoles du quartier, avec des personnes déjà sensibilisés, des habitants lambda… » Laura se défend d’avoir créé un lieu pour les bobos. « On tente de mettre des prix accessibles à tous. »

C’est la cantine et le bar qui permettent de financer l’association en charge de la programmation culturelle. Une cantine tournée vers le fait-maison, et le plus possible en circuit-court. « Nous avons pour but aussi d’être autonomes en aromatiques par exemple avec notre petit potager. » Simon, le cuistot est le seul salarié. Laura et Jonathan ont signé des ruptures conventionnelles avec leurs anciens employeurs, de quoi vivre encore un peu du chômage. « Mais nous sommes une SAS avec pour but d’être salariés et rentables. »

le Covid a fait reculer l’ouverture du lieu, initialement le 1er mai. Pas de quoi décourager le couple qui a trouvé le lieu sur le Boncoin, et a fait 8 mois de travaux. « Nous étions tous les jours tous les deux à tout faire… »

Au 1er étage, un espace bien-être accueille les cours de sophrologie, yoga, théâtre. En bas, on trouve une salle de réunion. Chaque jour, un atelier est proposé avec souvent des collaborations avec les associations présentes du territoire. « Nous avons un bon mois d’avance pour la programmation. » annonce Laura qui gère la programmation lors de son seul jour de repos, le lundi…

« Notre but est de faire le pont entre l’urbain et le rural, créer un lieu d’échanges et de rencontres tout en repensant le monde. » Même si le lieu n’est pas parfait, « il nous faudrait plus de terrain » , Laura a déjà mille projets avec encore plus d’ateliers, de rencontres avec les écoles etc. laura et Jonathan se dépensent sans faille pour faire vivre le lieu, chaque jour, chaque midi, chaque soir, « Il faut bien se rendre compte qu’on y a mis nos économies, que c’est un projet de vie, en fait ici, c’est chez nous, on accueille chez nous… »

Pour plus de renseignements : https://www.lagoguette.com

À lire également

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

retrouvez-nous sur :

À propos de cet article

Publié le 14 septembre 2020
Écrit par Eloise LEBOURG
Éloïse Lebourg est journaliste. Après une école de journalisme reconnue par l’Etat et la profession, elle apprendra sur le terrain à déconstruire tout ce qu’on lui a appris. Après des détours par Charlie, France Inter, RTL ou RFI, elle se positionnera dès 2006 sur les radios associatives dans lesquelles elle œuvrera comme journaliste puis directrice d’antenne, jusqu’en 2014. Pigiste pour reporterre, Hexagones ou Politis, elle reviendra à ses premiers amours : l’enquête au long cours. Dès 2010, elle crée les Rencontres Nationales des Medias Libres et du Journalisme de Résistance qui se déroulent depuis, chaque année à Meymac en Corrèze, chaque dernier week-end du mois de mai. En 2015, elle crée avec Matthias Simonet, Mediacoop dont elle est la gérante-associée.

Nos derniers articles

L'agenda du cactus

Pas d'événement actuellement programmé.

Partager l'article

Partager sur facebook
Facebook
Partager sur email
Email
Cet article vous a plu ?

Soutenez le Cactus !

Le journalisme a un coût, et le Cactus dépend de vous pour sa survie. Il suffit d’un clic pour soutenir la presse indépendante de votre région. Tous les dons sont déductibles de vos impôts à hauteur de 66% : un don de 50€ ne vous coûte ainsi que 17€.