À Clermont-Ferrand, les Gilets jaunes montrent leur solidarité avec les chômeurs

Les Gilets jaunes et le Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP) étaient mobilisés devant un Pôle emploi de Clermont-Ferrand, ce matin, vendredi 4 janvier 2019. Ils ont été à la rencontre des demandeurs d’emploi pour les soutenir, quelques jours après le vote d’un décret durcissant les modalités d’accès à l’allocation chômage.

« L’action d’aujourd’hui permet de montrer notre solidarité avec les demandeurs d’emploi qui sont souvent stigmatisés, marginalisés et exclus » commence Thomas, Gilet jaune. Tracts et papillotes à la main, lui et une vingtaine de ses camarades ont passé une partie de la matinée devant l’entrée de Pôle emploi, rue du pré-la-reine à Clermont-Ferrand. Une manière pour eux de montrer que le mouvement n’oublie pas les plus précaires, en particulier après le vote du décret du 30 décembre, qui durcit les conditions d’accès à l’allocation chômage (1).

« Ce décret vise à surveiller davantage les chômeurs, et à les pénaliser un peu plus » détaille Jean-Paul, militant du MNCP. Il s’inquiète en particulier de la non-prise en compte du dernier salaire dans la définition des propositions d’emploi « raisonnables », que les chômeurs ne peuvent pas refuser sous peine de sanctions. « Si vous aviez un salaire correct, vous êtes obligé d’accepter un travail de quelques semaines, de quelques heures avec un salaire de misère, et vous perdez un certain nombre de droits avec. Et ça a un effet pervers : les gens qui ont un certain niveau de qualification se retrouvent à accepter ce type d’emploi, et du coup ils piquent leurs emplois aux gens les moins formés ! » Des conséquences qui ne sont pas ignorées du gouvernement, selon Thomas. « Contrairement à ce qu’on a tendance à penser, les dirigeants ont une vision de long terme, mais c’est une vision qui est incompatible avec la création d’emplois », rappelle-t-il. « La priorité de l’ordo-libéralisme est de maintenir un taux d’inflation faible, ce qui est incompatible avec un taux de chômage faible. » (2)

En outre, les militants en ont profité pour mettre en avant leurs revendications concernant les demandeurs d’emploi. Pour Thomas, la priorité est à l’allongement de la durée des allocations, et notamment leur prolongement en cas de suivi d’une formation. « Il y a 44 % des demandeurs d’emploi qui sont en chômage de longue durée, parce qu’on ne leur propose que des emplois sur de courtes durées. Il faut leur donner le temps d’accéder à des formations. » Jean-Paul, lui, met en avant les dépenses réalisées au bénéfice des grandes entreprises, entre autres via le crédit impôt compétitivité emploi (CICE). Il estime que cet argent peut servir à créer des emplois « utiles à la population, et qui créeraient des richesses », en partie rentabilisés grâce aux cotisations sociales. « Le problème est : est-ce qu’on veut que chacun puisse amener de la richesse au pays en travaillant, ou est-ce qu’on a décidé une fois pour toutes que c’était bien qu’il y ait 20 % de la population qui soit dans une précarité importante, pour que les autres réclament moins ? »

(1) Le contenu du décret du 30 décembre détaillé par France info

(2) La relation chômage/inflation est invalide selon Le Monde (2010), toujours vraie selon l’Insee (2018)

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