La doume fête ses 4 ans !

Une monnaie peut-elle participer à la lutte écologique et sociale ? C’est en tout cas la raison d’être de la Doume, la monnaie locale auvergnate. Nous profitons de son quatrième anniversaire pour revenir sur ce projet avec Danielle Nadal, membre de l’Association pour le développement de monnaies locales dans le Puy-de-Dôme (ADML63).

Entre la fameuse maxime « l’argent n’a pas d’odeur », prononcée par un empereur romain souhaitant taxer l’urine au Ier siècle, et l’apparition du bitcoin il y a une dizaine d’années, on ne peut pas dire que la moralité ait souvent été associée à la production de monnaie. C’est sans compter sur l’inventivité des créateurs de la Doume. Avec cette monnaie locale, qui fêtera ses 4 ans d’existence dans quelques jours, les partisans des circuits courts semblent avoir trouvé un outil pour privilégier une économie plus éthique.

C’est notamment la lutte contre le réchauffement climatique qui est à l’origine de cette réflexion, qui commence au lendemain de la conférence de Copenhague en 2009, considérée comme un nouvel échec par les militants écologistes. « Puisqu’au niveau international et national on n’avançait guère, il fallait prendre les choses en main avec des initiatives locales » résume Danielle Nadal, membre de l’ADML 63. C’est la naissance des Forums des alternatives, au cours desquels des écologistes toulousains présentent le concept de monnaies locales. L’Association pour le développement des monnaies locales dans le Puy-de-Dôme naît en 2013, et la Doume est mise en circulation deux ans plus tard. « Ça correspondait bien à ce qu’on voulait : quelque chose d’à la fois social, écologique, et local, avec l’idée de reprise en main de notre monnaie et d’éducation populaire. »

Car la Doume n’est utilisable que chez les commerçants ayant adhéré à une charte des valeurs conforme au projet écologique et social de ses créateurs. « C’est la garantie qu’ils font des choses respectueuses de l’environnement, avec des justes prix », confirme Danielle Nadal. Au centre des préoccupations de l’association : un fonctionnement en circuits courts, une production écoresponsable et biologique, et des conditions de travail favorables aux salariés. En prime, les euros échangés contre des Doumes sont stockés sur un compte bancaire dont les investissements correspondent aux valeurs de l’association.

Et le système séduit de plus en plus d’auvergnats. Quatre ans après sa mise en circulation, la Doume est utilisée par près d’un millier de personnes, et 272 partenaires l’acceptent comme moyen de paiement. « On en est au stade où ce sont les professionnels eux-mêmes qui nous contactent », se réjouit Danielle Nadal. L’association s’attelle maintenant à la simplification de l’utilisation de la monnaie locale, notamment avec la mise en place récente du paiement numérique en Doume. Sans oublier la dimension sociale : grâce à des subventions publiques, l’ADML 63 espère réussir à indexer le taux de change sur le niveau de revenus des utilisateurs, pour permettre aux populations les plus précaires d’accéder à la consommation éthique. L’ADML 63 a également commencé à proposer des prêts à taux 0 pour soutenir les entreprises et associations partenaires.

Pour fêter le succès de la Doume et ses 4 ans de diffusion, l’ADML 63 organise une journée anniversaire ce dimanche 13 janvier, de 10 heures à 20 heures à la Maison du peuple. Le programme est disponible sur la page facebook de l’événement.

Photo d’illustration fournie par la page facebook La Doume, monnaie citoyenne puydomoise.

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