De Montpellier à Clermont – Un stage à Mediacoop pour faire vivre la presse libre

Pendant le mois de janvier, nous accueillons un nouveau stagiaire, Elian, étudiant àl’école de journalisme de Grenoble et membre d’un journal de la presse pas pareille à Montpellier. Pour lui, Médiacoopest une opportunité de continuer à pratiquer un journalisme auprès de ceux et celle qui luttent et d’en apprendre plus de l’écosystème de la presse libre pour le faire grandir dans la région Occitanie.

Je suis né à Montpellier l’année de la victoire de la France en coupe du monde de foot, et j’ai eu mon bac l’année où Macron, encore ministre de l’économie a commencé à s’en prendre à nos acquis sociaux et au droit du travail. Bercé dès l’enfance par les reportages de « là-bas si j’y suis » sur France Inter, je me suis très vite dit : « c’est ça que je veux faire plus tard ».
Pendant ma deuxième année de licence de sciences politiques à la faculté de droit de Montpellier, j’ai intégré le Poing, (avec un G, c’est important !), petit média indépendant crée en 2013 qui couvre l’actualité des luttes sociales dans la région du Clapas. En 2020, je suis rentré à l’école de journalisme de Grenoble.

J’ai rencontré Eloise aux assises intergalactiques de la presse libre de l’été dernier dans la pampa Niçoise, sur une botte de foin. Elle a vu débarquer une bande de jeunes aux cheveux longs (Le Poing et nos camarades montpelliérains de La Mule du Pape), dont un, (moi), qui vendait des journaux à la criée en gueulant comme un poissonnier. (Le « modèle économique » actuel du Poing, en somme). Assise sur sa botte de foin, elle avait l’air ravie de voir qu’une nouvelle génération était déterminée à reprendre le flambeau des médias libres. Huit mois plus tard, me voilà en stage à Médiacoop, bien motivé à me former à l’éducation aux médias et comprendre comment professionnaliser notre canard libre local, encore bénévole.

De Montpellier à Clermont-Ferrand, contre l’extrême-droite et auprès des gens en lutte

De la Place de la Comédie à la Place de Jaude, des gens battent le pavé de la même façon, des militants d’extrême droite agressent et tabassent, des squats s’ouvrent, des familles de sans-papiers se font expulser, la presse quotidienne relaie des communiqués de préfecture sans contradictoire (pourtant la base du métier), bref, c’est la même chose. Pourtant, à Montpellier comme à Clermont, des gens s’attellent à documenter ces réalités au plus près des gens qui les vivent.
Au Poing, nous avons largement enquêté sur les méfaits de nos fachos locaux (notamment La Ligue du Midi, groupuscule identitaire ultra-violent), chroniqué la violence de classe et la justice d’abatage des comparutions immédiates, couvert les luttes écologistes de la région, dénoncé la Fabrique des sans-papiers pendant le dernier sommet Afrique-France… C’est ce journalisme-là auquel je souhaite contribuer à Médiacoop aujourd’hui.

Face à la Bollorisation des médias, une autre presse est possible

Aujourd’hui étudiant en école de journalisme, le constat ne fait pas rêver : une poignée de milliardaires possèdent la quasi-totalité des médias, l’échiquier médiatique tend à droite toute, les conditions de travail des journalistes se dégradent, et a six mois de la sortie d’école, beaucoup de camarades de ma promo sont complètement stressés à l’idée de pénétrer dans le monde du travail, (faut-il encore en trouver…) si je partage cette observation, je pense qu’une autre presse est possible.
En novembre dernier, Médiacoop, le Poing et 90 autres médias ont signé une tribune du fond pour la presse libre, « ouvrez les fenêtres, lisez la presse indépendante ». Celle-ci décrit les valeurs que nous défendons :
« Avec de faibles moyens financiers, cette presse indépendante enquête, raconte, innove, débat. Il est urgent de la soutenir face aux offensives des puissances d’argent. Il faut la soutenir face à l’inaction et au silence inquiétant des pouvoirs publics en réaffirmant que l’information n’est pas une marchandise comme les autres.
Il est urgent, à travers elle, de défendre les droits moraux des journalistes, leurs conditions de travail. Il est urgent de construire un environnement économique propice à ces éditeurs indépendants et à la production d’une information de qualité. »


En France, nous sommes un peu plus de 80 médias de la presse « pas pareille », répertoriés par nos camarades de l’Age De Faire. Dans une optique de développement et d’entraide pour contrer l’offensive néo-libérale et d’extrême droite de la presse dominante, il nous paraît important de nous organiser pour échanger sur des pratiques, des outils et des idées. Si les assises de la presse libre sont un moment propice à ces échanges, aller voir ce qu’il se passe dans les autres médias en travaillant dedans est encore plus enrichissant pour développer notre toile de contre-pouvoir médiatique. Ce mois de janvier va être instructif !


De Montpellier à Clermont et partout ailleurs, longue vie à la presse libre de proximité !

Elian Barascud

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