« Mon Master », recette miracle ou nouveau fiasco?

La nouvelle plateforme "Mon Master" a ouvert le 4 février. Dans un contexte de crise de places pour intégrer ce niveau, beaucoup regardent de près cette nouvelle tentative du gouvernement pour un meilleur accès.

La sélection en Master est déjà connue pour sa difficulté. Chaque mois de septembre, on peut voir passer de nombreux articles sur les “étudiants sans master”. Mais comment peut-on expliquer cette situation ? Tout d’abord, depuis 2010, le nombre d’étudiants en études supérieures augmente en moyenne de 2% par an. Une augmentation prévisible mais mal gérée. À cela s’ajoutent des suppressions de places en master. selon la plateforme collaborative “Vite Mon Master” on compterait plus de 1 000 places en moins entre la rentrée 2021 et 2022. 

L’échec de la réforme universitaire 

 Devant une situation qui s’empire et les revendications des universités et syndicats étudiants, des mesures avaient été mises en place par le gouvernement. Notamment, la réforme de la rentrée 2017 qui avait ajouté le “Droit à la poursuite d’études”. Etant donné que la réforme ne réglait pas le problème de fond (le manque de places), rien ne s’est arrangé depuis. Alors que le rectorat était obligé de proposer 3 choix aux étudiants sans master, beaucoup n’en recevaient aucun. En 2017 seuls 4 étudiants sur 10 avaient reçu au moins un choix selon la  CGT FERC Sup. Les choix proposés n’étaient d’ailleurs souvent pas jugés convenables pour les étudiants. Entre 2017 et 2019, seul 1 choix sur 3 était en moyenne accepté par ces derniers. Ajoutons à la liste également les annonces d’ouverture de places par l’ancienne ministre de l’éducation supérieure Frédérique Vidal, jamais financées. 

Une année d’expérimentation

C’est ainsi que s’est ouvert la plateforme “Mon Master” le 1er février. Le site centralise les candidatures pour les étudiants qui devaient avant s’en occuper master par master. Si cela se veut être positif, la plateforme n’a pas vocation à être plus qu’un outil facilitant la mise en relation des étudiants et des universités. Car c’est là le vrai objectif de “Mon Master” : envoyer les étudiants dans des masters autres que dans les académies d’origines afin “d’équilibrer” les zones en tension. Le ministère ne promet d’ailleurs aucun algorithme et un examen des dossiers similaire aux années précédentes. Il garantit également que d’autres mesures seront prises l’année prochaine pour corriger d’éventuels imprévus. Affaire à suivre.

Des avis divergents

Si le gouvernement souhaite éviter l’échec d’un Parcousup 2.0, les retours sont pour l’instant mitigés. La centralisation des demandes, la synchronisation des dates et l’accès à tout le catalogue national est pour de nombreux étudiants un petit pas en avant. Mais pour d’autres, comme l’UNEF, la plateforme n’apporte rien. Ils critiquent la limite de 30 masters pour les choix qui n’est pas suffisante selon eux et obligera les étudiants à faire des choix stratégiques. De plus, le système de réponse aux choix, similaire à celui de Parcousup, fait craindre que les étudiants privilégient la sécurité à leur vocation. Enfin, l’idée d’être une “année d’expérimentation” fait grincer des dents beaucoup d’étudiants qui jouent leur avenir cette année.

Si la plateforme n’a pas encore montré de quoi elle était capable, il semble peu probable qu’elle puisse résoudre la crise des places de masters. Même si elle apporte des simplifications pour les étudiants et a déjà récolté quelques critiques, c’est au moment des réponses d’admissions que l’on pourra dire si la plateforme “Mon Master” aura été utile.

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