Foxhole : entre la finale du tremplin « Cri du Bourgeon » et la sortie d’un album « Semper Fi. ».

Entre la préparation de la finale du « Cri du Bourgeon », qui se déroulera au Tremplin à Beaumont le 26 novembre prochain, et la sortie de leur prochain album, les Foxhole, groupe de PunkRock clermontois, n’ont pas le temps de s’amuser. Ils nous accueillent à l’entrée du Tremplin, où ils doivent répéter tout l’après-midi, pour nous parler de ces nouveaux projets.

Après cinq ans d’existence, on ne présente plus ce groupe punk de quatre garçons de la vingtaine. Léo à la batterie, Duncan à la guitare, Maxime à la basse et Adrien au chant et à la guitare se sont rencontrés au lycée. La musique étant leur passion commune, ils commencent rapidement à jouer et répéter ensemble. Adrien le dit, « C’est pas un loisir, c’est un besoin. La musique c’est un des pilliers de nos vies à chacun ». C’est un abri, un échapatoire au monde extérieur comme le suggère le nom de leur groupe. « Trou de renard », de sa traduction exacte, « C’est de l’argot de soldat américain, c’est le nom qu’ils donnaient aux trous qu’ils creusaient dans la terre pour se protéger des obus pendant la seconde guerre mondiale et la guerre du Vietnam. C’est cette idée de refuge, dans lequel on est bien et dans lequel on peut se protéger du reste du monde quoi. Où on est à notre place. » traduit le chanteur.

Il y a trois ans, lors d’une interview, le groupe espérait avec détermination sortir « un jour » un EP, voire un album, voilà qui est fait !
« On a sorti un EP il y a deux ans et demi, il s’appelle Glitters and Napalm. C’etait la première fois qu’on sortait un disque, on était très content d’avoir notre musique sur un CD. Ça nous a apporté l’expérience du studio, pour la vente des CDs, pour BandCamp qui est un magasin de musique en ligne et pour le streaming en ligne. Ça nous a permis de mettre en forme ce qu’on faisait déjà en concert et ensuite d’évoluer à partir de ça. » explique Adrien. « De créer une ligne directrice » ajoute Maxime. « Et puis ça nous a apporté beaucoup de rigueur » renchérit Léo, « De cohésion dans la façon de travailler, composer, répéter. Parce que c’est vrai qu’avant d’aller en studio, on n’a pas toujours les réflexes de travail pour avoir un morceau concis et structuré. Le studio nous apporte une méthode de travail. Ça nous a fait progresser. »
Quant au nouvel album, qui se nommera Semper Fi., il devrait sortir au mois de décembre. Et le chanteur constate l’évolution depuis Glitters and Napalm : « C’est un album donc il y a beaucoup plus de titres que dans un disque. On a travaillé avec un super ingénieur, le son aura une bien meilleure qualité et au niveau des morceaux, on les jouait déjà en concert. Il y en a deux qui ont été peu joués, que les gens ne connaissent pas. Ils sont aussi plus aboutis, plus réfléchis… », « Plus travaillés » continue Léo, « Qui correspondent plus à ce qu’on a envie de jouer actuellement » explique Maxime, « Il y a des arrangements qu’il n’y avait pas dans le premier CD » termine Duncan, car ils arrivent parfaitement à compléter les phrases de chacun.
Les thèmes récurrents de leur musique sont la trahison, la tromperie, la culpabilité, la solitude. « C’est des thèmes qui touchent quand même tout le monde. C’est un peu l’idée d’un Peter Pan urbain qui se bat contre le reste du monde » décrit le chanteur. Le groupe, contrairement à la majorité des groupes punks, est aussi apolitique : « Oui c’est une volonté de l’être parce qu’on a tous un peu chacun nos propres idées. On n’a pas envie d’avoir cette étiquette là. En France, c’est un peu une norme, voilà, t’es obligé de faire ça. Nous ça nous gonfle. » soupire Adrien. « Dans les pays anglo-saxons, tu ne retrouves pas ça et nous on s’inspire vachement de leurs musiques. Ça nous semblait pas logique de base. On s’associe pas aux groupes engagés français. » argumente Maxime. « On est dans un esprit très typé anglo-saxon au niveau du son, mais quand même avec beaucoup d’éléments qui viennent se greffer dessus. On est très branchés post-punk, indie-rock aussi, avec parfois des petits côtés reggae ou ska à la manière de The Clash un peu. C’est un mélange de tout ça, un patchwork de tout ce qu’on aime et ce qu’on est. C’est ce qui fait notre identité. »

Et même si la période de confinement a mis un arrêt net aux concerts, elle leur a permis de finir l’enregistrement, le mixage et la masterisation de ce nouvel album. Mais aujourd’hui, avec le couvre-feu et les mesures sanitaires, beaucoup de dates continuent d’être annulées. « On a trois concerts annulés en Novembre, le seul qui est maintenu c’est ici, au Tremplin, le 26 novembre » nous dit le bassiste. « Ça nous fait chier mais bon c’est le cas de tout le monde de toute façon, depuis la fin du confinement c’est environ une quinzaine de dates qui ont été annulées. » poursuit Adrien. Le confinement donne aussi un coup dur aux finances. Même s’ils ne vivent pas personnellement de leur art, l’argent amassé lors des concerts est réinvesti directement dans le groupe, que ce soit pour la production de l’album, l’achat de t-shirts, le déplacement aux lieux où ils se produisent… Ils restent tout de même très enthousiastes pour le 26 novembre prochain : « C’est dans le cadre de la finale d’un tremplin qui s’appelle « Le Cri du Bourgeon », destiné aux artistes étudiants de Clermont, organisé par Le Tremplin et par les associations LieU’topie, Radio Campus Clermont Ferrand et MAD ». Ils seront face à RedHead Indian, un groupe de Pop folk composé de deux filles.

Pour ce qui est de leur avenir plus lointain, le groupe des Foxhole ne perd pas le nord. « Plus on peut évoluer, plus on le fera. Après on verra bien ce qu’il se passe » nous raconte Maxime. « On vit au jour le jour et on essaye de vivre de notre passion le plus possible. » ajoute Léo. « Ça va quand même au delà d’un loisir, c’est la première chose dans nos vies pour nous quatre. Pour ce qui est de devenir un jour professionnel, oui, mais jamais on ne perdra en tout cas notre éthique et ce qu’on aime. » finit Adrien.
« Ce qu’on aimerait beaucoup par la suite, c’est réussir à s’expatrier de Clermont, d’Auvergne et de toucher d’autres villes, d’autres régions. » explique le batteur. « On veut tisser des liens avec d’autres groupes de d’autres villes et faire des échanges, les accueillir à Clermont. C’est important, c’est ce qui maintient un circuit et une scène. » espère Adrien. Pour le moment et en attendant la fin de la période Covid, qui entrave les concerts, ils restent satisfaits de leur progression de la dernière année écoulée, comme nous le détaille Adrien : « C’est vrai qu’en un an, il s’est passé beaucoup de choses, on est par exemple passés à la Coopérative de Mai, pour le showcase, ça fait plaisir. Personnellement, mais avec tout le groupe derrière, j’ai participé au livre des 20 ans de la coopé, sur les jeunes musiciens de Clermont. Ça génère du stress oui, parce qu’il faut rentrer dans les temps, y a pleins de choses à faire. Mais c’est pas trop non plus. Plus on grandit, plus on en veut aussi. »

Nous vous invitons donc à venir soutenir ce groupe le 26 novembre prochain au Tremplin à Beaumont. Vous pouvez aussi retrouver toutes leurs actualités sur leurs réseaux :

  • https://www.facebook.com/FoxHoleGaragePunk/
  • https://www.youtube.com/channel/UC1sLhjzxYXpZRIetEas5BXg
  • https://www.instagram.com/foxhole_group/

À lire également

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

retrouvez-nous sur :

À propos de cet article

Publié le 23 octobre 2020
Écrit par Laura Massip

Nos derniers articles

L'agenda du cactus

Pas d'événement actuellement programmé.

Partager l'article

Partager sur facebook
Facebook
Partager sur email
Email
Cet article vous a plu ?

Soutenez le Cactus !

Le journalisme a un coût, et le Cactus dépend de vous pour sa survie. Il suffit d’un clic pour soutenir la presse indépendante de votre région. Tous les dons sont déductibles de vos impôts à hauteur de 66% : un don de 50€ ne vous coûte ainsi que 17€.