Publié le 30 août
Une allée bordée de vélos nous guide vers une grande cour pleine de pneus de vélos : bienvenue à Tous deux roues, l’association pro-vélo, récup et mixité de Clermont. Apolline, jeune salariée nous emmène faire le tour du propriétaire. Découverte d’un projet qui roule !
Apolline a débarqué il y a deux ans un peu par hasard dans l’association. A la sortie de ses études en Agronomie, elle veut s’octroyer une pause et cherche un Service Civique. Elle tombe sur l’annonce de l’association et postule : « Avant ça, j’avais un vélo mais c’était une épave, il manquait une pédale et je devais gonfler les pneus seulement une fois par an ! Il n’y a que moi qui savais l’utiliser… Je savais à peine réparer un pneu crevé, j’étais une bille en meccano ! » Aujourd’hui, la jeune fille est l’une des trois salariés de l’association.

« Tous deux roues c’est l’association. Peu de gens le savent parce que l’atelier Un guidon dans la tête marche très bien, mais on a aussi d’autres projets ! » explique Apolline. Par exemple, un atelier création est ouvert à toute personne avec un projet qui comporte au moins une pièce de vélo : « On a par exemple construit un péda-linge (lave-linge à pédale) ou une roue à flûter (outil utilisé pour faire des tapisseries d’art à Aubusson). »Des bénévoles sont là pour guider les adhérents : « Il y a un monsieur qui est venu pour attacher le petit vélo de sa fille à son vélo. Il a construit le raccord ici. » Un stock impressionnant de pièces sont gardées dans les grands locaux de l’association : « Depuis notre déménagement, on est en phase de rangement…»
Les pièces détachées, roues, guidons, cadres, chambres à air, … peuvent être achetées à prix libres. Avec le temps, l’association a aussi accumulé quelques outils : ponceuse électrique, foreuse, poste à souder… Elle a même acquis une forge qui a été achetée par des bénévoles : « On peut à peu près tout faire, fabriquer des pièces sur mesures, couper un guidon s’il est trop long, etc. »
Deuxième grand projet : l’atelier d’autoréparation Un guidon dans la tête. Pour venir réparer son vélo, il faut juste devenir adhérent. Le prix de l’adhésion varie entre 10 et 30 euros en fonction des moyens.
Dans l’atelier, quelques membres de l’association passent entre les bécanes pour donner des coups de main. Pas besoin d’être un maitre en la matière pour se pencher sur le vélo d’un autre : « C’est vraiment un savoir empirique ! Moi, j’ai beaucoup appris sur le tas et encore maintenant quand on n’est pas sûr, on regarde des tutos sur YouTube. On a aussi pleins de bouquins et des petites fiches explicatives un peu partout dans l’atelier. Mais le mieux pour bien apprendre, c’est de démonter un vélo en entier ! »

Dans la salle de l’atelier, une grande majorité d’hommes. Pour motiver plus de filles à venir, deux bénévoles ont lancé des ateliers d’autoréparation de vélos à mixité choisie qui ont lieu tous les 3èmes samedis du mois : « L’initiative vient de deux bénévoles qui sont spontanément venues me voir. L’idée c’est de permettre aux filles d’avoir un moment pour s’approprier les lieux pour qu’elles se sentent plus à l’aise et prennent confiance en elles. Souvent quand une fille demande de l’aide, le garçon lui montre et bricole à sa place. Ça part d’une bonne attention mais c’est en faisant qu’on apprend ! »
Le prochain rdv ici :https://www.facebook.com/events/1946056512174647/
Dans l’association, depuis son arrivée, Apolline porte aussi son petit projet personnel. Un atelier mobile : « L’idée c’est d’aller avec une remorque sur place, à d’autres endroits de la ville. On prévient un peu à l’avance qu’on va venir, les gens viennent avec leur vélo et peuvent faire des petites réparations. On est déjà allé à Fontaine du Bac, ça a bien fonctionné !»
A côté de tout ça, Tous deux roues mène pleins d’autres projets comme la vente de vélo retapés. L’association accueille même un compost, et les adhérents peuvent venir y jeter leurs déchets…
Plus d’info sur leur page Facebook :
https://www.facebook.com/unGuidonDansLaTete/
Gwendoline Rovai
