Sur la place du 1er mai, la « mise à l’abri » des réfugiés ne règle aucun problème

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Publié de le 16 octobre 2018

Alors que la « mise à l’abri » d’une partie des réfugiés de la place du 1er mai a commencé, le bras de fer entre militants et autorités continue. La précarité de l’hébergement proposé, et la non prise en charge des mineurs isolés laissent entrevoir une dégradation de la situation.

« C’est honteux ! C’est de la mise à l’abri ou de la rétention ? » L’évacuation d’une partie de la place du 1er mai a commencé ce matin, dès 8 heures. Mais les militants restent plus qu’inquiets des conditions de « mise à l’abri » des réfugiés, selon le terme officiel de la préfecture. « Là les personnes s’apprêtent à partir dans un gymnase ou à l’hébergement d’urgence de Monanges » explique Jean-David, bénévole sur le camp. « Pour l’instant, ce ne sont que les familles qui sont prises en charge. On va les entasser dans un gymnase où elles n’auront aucune intimité. » Alors que le premier bus doit partir à 9 h 30, l’opération patine. Seule une poignée de représentants des services de l’Etat est venue, avec papiers et stylos, pour organiser le déplacement d’environ 140 personnes. Les migrants s’interrogent, s’impatientent. Les bénévoles se désespèrent de l’amateurisme de la préfecture, qui semble trouver son intérêt dans l’entretien d’une certaine confusion. Mais les informations circulent : une centaine de personnes va dormir sur des lits de camp, espacés d’une poignée de centimètres, dans un gymnase près des Cézeaux. Une quarantaine d’autres ira à Monanges, que l’on dit infesté de puces de lit et de rats. Un second gymnase, situé proche du CHU Montpied et voué à la destruction, va être réhabilité à la va-vite pour accueillir les autres réfugiés. Ce qui pourrait prendre une, voire deux semaines. « On n’a aucune vue sur ce qu’il va se passer étant donné que les gymnases ne seront pas accessibles aux militants et aux avocats », dénonce Marianne Maximi, militante du RESF. « Les réfugiés ne pourront plus cuisiner, ne pourront plus avoir du soutien des militants qui les ont accompagnés depuis deux mois, ils vont être isolés avec des règles très strictes… Alors oui ils vont avoir un toit sur la tête et peut-être du chauffage, mais ce n’est absolument pas satisfaisant. Ces personnes devraient bénéficier d’hébergement pérenne, c’est leur droit. »

Alors que les premières familles arrivent au gymnase, des photos commencent à circuler. Elles montrent l’ampleur de la précarité à laquelle on les contraint. Dès midi, plusieurs d’entre elles souhaitent revenir sur le camp. D’autres personnes arrivent de Monanges ; on les en a fait sortir pour libérer la place à ceux de 1er mai. On ne sait pas encore ce qu’il va advenir d’eux. Les personnes seules auront peut-être une place dans le second gymnase. Mais pour les mineurs isolés, qui dépendent du conseil départemental, c’est le flou le plus total. « Le problème c’est que le conseil départemental aujourd’hui ne répond plus à l’accueil des mineurs non accompagnés, le service est fermé car le personnel exerce son droit de retrait », continue Marianne. « La situation est inédite, on n’a vraiment plus aucun interlocuteur pour les mineurs isolés dans le département du Puy-de-Dôme. On laisse des enfants dormir dans la rue, le conseil départemental ne respecte pas les lois sur la protection de l’enfance. »

Pour éclaircir la situation, le collectif ClermontFaitMonde a prévu de tenir une conférence de presse plus tard dans la journée, à 18h, en face du gymnase des Cezeaux..

Davy Delfour

 

 

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