C’était la première conférence d’un cycle de quatre rendez-vous dans les quatre prochains mois. Organisées par GEM des Dômes, le Conseil local en santé mental et l’Union nationale des familles de malades mentaux, ces rencontres ont pour but de sensibiliser le public sur la question de la santé mentale, « parce qu’on en a tous une », lance Angélique Voisin, du GEM Puy-de-Dôme.
Des soignants, des aidants et des personnes atteintes de troubles psychiatriques
Pour ce lancement, c’est pas moins de huit intervenants qui se sont rassemblés dans le patio de la librairie des Volcans, dans le centre de Clermont-Ferrand. Ils s’appellent Isabelle, Christian, Franck, Olivier, Florence, David, Isabelle et Julie et sont atteints de troubles psychiatriques, aidants ou encore soignants. Mais pas vraiment question d’en savoir plus. « On a choisi de se nommer juste par notre prénom seulement pour ne pas véhiculer de stéréotypes dès le départ », explique Isabelle.
Lutter contre les stéréotypes, c’est la raison même pour laquelle ils sont rassemblés ce 6 mars 2024. Enfin plus précisément pour présenter leur manière d’y parvenir : les livres vivants. « C’est une méthode qui se complète avec les autres qui sont utilisées, plutôt par le gouvernement, pour essayer d’atteindre ces objectifs », assure Olivier avant de continuer. « Il y a beaucoup de campagnes d’information, mais ce n’est pas toujours très efficace. »
En cause, notamment, le format de ces campagnes, très large, qui empêche de vraiment toucher le public. Un défaut que les intervenants comptent bien combler avec leurs livres vivants. Mais ça marche comment au juste ? « Les livres vivants, c’est nous. C’est une personne qui livre son témoignage, un moment de vie à un lecteur », détaille Florence.
« Faire une rencontre humaine »
Se rendre dans une bibliothèque vivante, où sont rassemblés les livres vivants, c’est donc l’occasion de « faire une rencontre humaine » et de créer un lien avec la personne qui raconte son histoire. Plus en tout cas que ce que les campagnes à grande échelle, qui n’apportent pas la même proximité. « Voir quelqu’un de concerné, ça ancre dans la réalité », poursuit Franck.
Le problème, c’est que chaque livre vivant ne peut raconter son histoire qu’à trois ou quatre personnes dans une matinée. « C’est impossible de témoigner devant des grands groupes, parce qu’on se livre, on se dévoile. C’est très intime », explique Franck. Ce qui fait que le nombre de personnes touchées est très restreint. « C’est vrai que c’est un travail de fourmi, on touche les gens un par un », reconnaît David. Les livres vivants ont tout de même un allié de poids de leur côté : l’effet ricochet, « que les gens qui viennent en parle ensuite à leurs proches et ainsi de suite », sourit Olivier.
Rendez-vous en octobre
Pour le moment, leur bibliothèque vivante n’est pas encore prête, et il reste beaucoup de travail. En ligne de mire, octobre prochain pour leur première manifestation. D’ici là, les livres vivants se rassemblent à deux reprises chaque mois. Une fois pour un atelier d’écriture, afin que les témoignages soient le mieux rédigés possibles, et une seconde pour tout l’aspect logistique et administratif.
Prochains rendez-vous organisé par le GEM du Puy-de-Dôme, le Conseil local en santé mental et l’Union nationale des familles de malades mentaux, le 24 avril 2024, cette fois sur le thème de l’addiction.